Politique

Formation du gouvernement : l’embarras du choix !

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Le PPS laisse la porte entrouverte à une éventuelle participation au gouvernement, mais sans pour autant se faire trop d’illusions.

Après avoir reçu les chefs de file de cinq partis politiques, lundi dernier, Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement désigné, s’entretiendra, ce mercredi 15 septembre, avec les secrétaires généraux d’autres formations. Tout porte à croire que les rencontres programmées aujourd’hui ne seront pas décisives, contrairement à celles qui se sont tenues il y a deux jours. On sait d’ores et déjà que le Parti de la justice et du développement (PJD) ne participera pas au gouvernement. Après sa défaite cuisante aux élections, cette formation a officiellement opté pour les rangs de l’opposition et ce, dans l’attente d’une restructuration profonde. Quant au Parti du progrès et du socialisme (PPS), il laisse visiblement la porte entrouverte à une éventuelle participation au gouvernement, mais sans pour autant se faire d’illusion à cet égard. «Nous sommes davantage proches de l’opposition que de la majorité», nous confie un dirigeant de ce parti, qui préfère garder l’anonymat. Le parti du livre ne veut pas précipiter les choses. Il attend d’entendre Akhannouch sur la question, avant d’annoncer son positionnement de manière officielle. Pour le moment, «il s’avère difficile d’avoir une position tranchée», indique notre source. Certains progressistes estiment que, dans la conjoncture actuelle, l’opposition reste la meilleure option pour le PPS qui pourra, grâce à ses 23 députés, constituer un groupe parlementaire au sein de la Chambre basse. Ce choix serait, en effet, «logique» compte tenu des relations tumultueuses entre les deux formations, bien que le secrétaire général du PPS, Nabil Benabdellah ait fini, à quelques jours du lancement de la campagne électorale, par tendre la main au Rassemblement national des indépendants (RNI), n’excluant pas une éventuelle alliance «sur la base d’un véritable programme de réformes».


Le PAM veut faire ses preuves
La balle est dans le camp du nouveau Chef du gouvernement qui a l’embarras du choix entre les partis politiques. Manifestement, toutes les formations qu’il a reçues nourrissent l’espoir de faire partie de la coalition gouvernementale, comme en témoignent les déclarations de leurs patrons, à commencer par le Parti authenticité et modernité (PAM). Lequel aspire clairement à participer à la gestion gouvernementale. Après une décennie dans les rangs de l’opposition, le parti du tracteur, fort de son poids numérique, voudrait, désormais, faire ses preuves au sein du gouvernement. À ce tire, Abdellatif Ouahbi semble on ne peut plus optimiste.  Il se dit, d’ailleurs, convaincu que «les choses vont aller dans le bon sens». Et de souligner avoir perçu des «signes positifs» de la part du président du RNI, précisant que le dialogue se poursuivra pour essayer de forger une vision commune pour l’avenir. Pour sa part, le Parti de l’Istiqlal (PI), entend, certes, intégrer le gouvernement, mais non sans conditions, comme l’a laissé entendre son secrétaire général, Nizar Baraka à l’issue de sa rencontre avec Akhannouch. Les héritiers de Allal El Fassi ne lâcheront sans doute pas de lest, concernant leurs engagements électoraux. Selon Baraka, les consultations devront prendre en considération les engagements pris dans les programmes des partis appelés à constituer la prochaine majorité gouvernementale. La décision finale ne sera prise qu’après avoir consulté le parlement du parti. «L’offre présentée par le Chef du gouvernement désigné, Aziz Akhannouch, sera examinée par les organes décisionnels de l’Istiqlal, notamment le Conseil national », a précisé Baraka dans une déclaration à la presse. Pour l’heure, c’est le seul parti ayant affirmé avoir reçu une offre de la part du patron des bleus.

Signaux positifs
Du côté de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), qui renaît de ses cendres avec un quatrième rang obtenu aux législatives, une seule option s’impose, à savoir la participation au gouvernement. Les propos du premier secrétaire du parti de la rose ne sauraient, en effet, être interprétés autrement. Driss Lachguer a affirmé que la rencontre avec Akhannouch avait été «l’occasion de mettre en avant les efforts déployés par le RNI et l’USFP, conformément aux hautes orientations royales, en vue de servir le pays», notant à ce propos que son parti «est toujours prêt à donner davantage pour faire aboutir le nouveau projet de développement du royaume». Même son de cloche auprès du Mouvement Populaire (MP) qui, sans parvenir à faire mieux aux élections du 8 septembre, se déclare disposé à intégrer la coalition gouvernementale. L’expérience montre que ce parti, dont le poids électoral s’est rétréci comme peau de chagrin au fil des législatives passées, pourrait compléter toute alliance éventuelle, sur le plan numérique. Après sa rencontre avec Akhannouch, le secrétaire général du MP, Mohand Laenser a souligné que «les consultations se poursuivront avec, toujours, le souci de placer l’intérêt de la nation au dessus de toute autre considération». Selon une source interne, le poids numérique du MP n’est pas de nature à lui permettre de poser ses conditions. Même en cas d’exclusion de la coalition gouvernementale, il est fort probable que l’épi optera pour le «soutien critique» au futur gouvernement. L’Union Constitutionnelle (UC) semble nourrir, quant à elle, de grandes ambitions concernant les négociations en cours. Le parti du cheval «est disposé à apporter sa contribution en cette étape décisive», a souligné son secrétaire général, Mohamed Sajid, qui a saisi l’occasion pour rappeler que son parti et le RNI «entretiennent des relations historiques, avec une convergence des principes, orientations et valeurs de citoyenneté et de service de la patrie». Sajid est allé plus loin en indiquant que sa formation est disposée à poursuivre son engagement avec le parti de la colombe, «quelles que soient la position ou les responsabilités qui nous semblent correspondre à cette étape».

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

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