Monde

Les USA isolés

Donald Trump part en guerre contre le monde en prônant un néo-protectionnisme. «America first» est son slogan ? Quitte à se mettre tout le monde sur le dos dans un conflit commercial qui ne ferait que des perdants. Décryptage. 

Canada et Mexique, victimes du voisinnage
De par leur proximité et leur volume d’échanges, le Canada et le Mexique sont les plus exposés aux politiques extrémistes du président américain. Ce dernier décrie la politique migratoire du voisin du sud et voudrait pénaliser celui du nord en matière du commerce. Ainsi, l’ALENA, accord tripartite de libre échange, entré en vigueur depuis le 1er janvier 1992, est tout le temps décrié par Trump qui aspire une renégociation de ses termes. Sur un ton menaçant, le porte-parole de la Maison blanche déclare à la presse que «si le Canada et le Mexique refusent une renégociation qui apporte aux travailleurs américains un accord équitable, le président avertira que les États-Unis quitteront l’ALENA». Trump n’admet pas que la balance commerciale avec le Mexique soit déficitaire de 64 milliards de dollars. Il voudrait inverser la tendance pour revenir à la situation d’avant l’accord, où les USA réalisaient un excédent de 2 milliards de dollars. Sauf que cette situation remonte à un quart de siècle, et qu’entre-temps le monde a changé.

L’Union Européenne, la cible
«J’ai beaucoup de problèmes avec l’Union européenne», balance le président américain à une chaîne britannique, lors d’un récent entretien. Trump ne mâche pas ses mots et croit que l’UE est injuste envers les USA en payant moins de taxes et en étant plus dure quant à l’accès des produits américains sur son marché. Il prévoit donc une taxation généralisée des exportations européenne, ce que réfute la Commission européenne et menace de prendre des représailles. Une attitude portée par Paris et à moindre degré l’Allemagne, alors que l’Angleterre prend le bâton par le milieu, Brexit exige. Quoique ce soit plus l’Allemagne qui est dans le collimateur de Trump, c’est plutôt Emmanuel Macron qui se dresse souvent face aux sorties de Trump. Le président français estime que «les accords signés doivent être respectés et que toute décision unilatérale porterait préjudice aux relations historiques des deux parties». Margaratis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, abandonne le langage diplomatique et répond à Trump du tac au tac : «La politique commerciale, ce n’est pas un jeu avec des gagnants et des perdants. Le commerce doit être juste, ouvert et basé sur des règles». Trump ne l’entend pas de cette oreille et a déjà dans le viseur les plus grands industriels européens.

La chine, protectionnisme dissuasif
Trump accuse régulièrement la Chine de pratiques commerciales déloyales. Des annonces fracassantes contre des coups de gueule démesurés ; les deux pays se livrent d’abord une guerre verbale sans retenue. Passé ce cap, Trump annonce une liste de 1.300 produits chinois visés par les droits de douane. Pékin réagit par l’instauration d’une taxe de 25% sur une liste de 106 familles de produits qui pèsent 130,4 milliards de dollars. Entre les deux pays qui réalisent le plus grand volume d’échange au monde, avec 636 milliards de dollars, c’est une guerre de nerfs qui met à mal plusieurs industriels. Les producteurs américains de soja, qui découlent 61% de leurs exportations vers le marché chinois, estiment que la mise en place de droits douaniers serait une catastrophe pour leur secteur. Ils essayent d’assouplir la position de Trump, en vain. Ce dernier est plus que jamais décidé à s’attaquer à l’acier, l’aluminium, les métaux, l’électronique, les batteries au lithium, les moteurs et générateurs, …etc.

Le Japon, gentilles menaces
S’adressant au premier ministre japonais, le président Trump ne se gêne pas pour déclarer  que «les échanges commerciaux entre les deux pays doivent être renégociés d’une manière amicale pour qu’ils soient plus favorables aux USA». Rien que cela ! Il estime qu’il n’est pas normal que Tokyo écoule des millions de voitures sur le marché américain alors que les industries américaines de l’automobile ne trouvent pas preneur sur le sol japonais. Tokyo réalise en fait un excédent commercial de 50 milliards de dollars, soit 10% de l’excédent mondial avec les USA qui se chiffre à plus de 507 milliards de dollars en 2017. Face au ton menaçant du président américain, le gouvernement japonais fait profil bas en pariant sur l’intervention de l’OMC afin de raisonner Trump. Une attente vouée à l’échec puisque le patron de la Maison blanche a laissé entendre que les accords commerciaux sont faits pour être renégociés en fonction de la conjoncture et non pas pour durer indéfiniment.

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