Monde

Énergie : le soleil artificiel d’ITER prend forme

Malgré des problèmes techniques concernant des composants clés, la construction de la machine d’ITER, présentée comme le plus grand «soleil artificiel» du monde, se poursuit dans le sud de la France. Ce concentré de technologie doit démontrer que la fusion – l’énergie du Soleil et des étoiles – peut être utilisée comme source d’énergie à grande échelle. 

Dans le hall d’assemblage du site d’ITER, où sont préassemblés les principaux éléments du Tokamak, la machine expérimentale où l’énergie générée par la fusion des noyaux atomiques sera absorbée sous forme de chaleur par les parois de la chambre à vide, des activités d’assemblage des composants massifs se poursuivent parallèlement aux travaux de réparation qui ont débuté en juillet. Des éléments défectueux de la chambre à vide qui avaient été installés sont démontés pour être transférés vers le site de réparation.

«Ces difficultés techniques ne sont pas fondamentales. Ce sont des problèmes qui seront surmontés. Il n’est pas inhabituel, mais tout à fait normal, d’avoir des revers dans un projet de ce type», rassure Pietro Barabaschi, directeur général d’ITER.

L’Italien de 58 ans a rejoint l’équipe ITER en 1993. Son organisation est chargée de réaliser l’intégration et l’assemblage des éléments livrés sur le site de construction par les sept membres du programme ITER – la Chine, l’Union européenne, l’Inde, le Japon, la République de Corée, la Russie et les États-Unis.

Un travail de fourmis
Le Tokamak ITER pèsera 23.000 tonnes, trois fois plus que la tour Eiffel. Il s’agit d’assembler plus d’un million de composants (dix millions de pièces) de toute taille. Des centaines de milliers de tâches, organisées par «lots», ont été minutieusement planifiées.

«De nombreux composants clés ont été livrés. Des éléments très importants nécessaires au démarrage de la machine sont disponibles», précise encore Pietro Barabaschi.

«Nous sommes bien avancés à la moitié du marathon. La ligne d’arrivée est en vue», évalue-t-il.

Toutefois pour lui, «il ne s’agit pas simplement d’un marathon où l’on connaît le chemin et où l’on veut maintenir le rythme avec une motivation et une détermination soutenues», a-t-il ajouté.

«Il s’agit de navigation et d’exploration, ce qui signifie que nous nous lançons dans une aventure, avec de nombreux risques à venir», souligne encore le directeur général d’ITER.  L’objectif du programme était de créer du plasma en 2025. Selon Pietro Barabaschi, la durée et le coût des réparations en cours ne peuvent, à ce stade, être estimés avec précision. Son organisation est en train d’actualiser le planning qui sera soumis au Conseil ITER l’année prochaine.

Les investissements affluent
Cet ingénieur électromécanicien, qui a consacré la quasi-totalité de sa carrière à la recherche sur la fusion, est confiant qu’ITER restera au cœur du développement d’une industrie de la fusion alors que l’enthousiasme mondial pour le développement de l’énergie de fusion n’a jamais été aussi grand.

«Dans l’avenir de la fusion, essentiellement motivé par des considérations d’intensité énergétique, les réacteurs devront être relativement grands, c’est-à-dire de la taille d’ITER ou peut-être même plus grands», explique le responsable du programme. «Seul ITER peut fournir l’expérience nécessaire à l’assemblage d’un Tokamak ou d’une infrastructure de recherche complexe pour une fusion future de cette taille», se réjouit-il, se félicitant de la montée des investissements publics et privés dans le domaine.

«La fusion ne se limite pas à ITER. Le fait que de nombreux autres acteurs se joignent à la course est une bonne nouvelle. Plus on est nombreux, mieux c’est. ITER restera le centre des programmes de recherche sur la fusion des sept membres. Pour le reste, en particulier les investissements du secteur privé, nous devrions coopérer avec eux pour atteindre notre objectif de la manière la plus efficace possible », a-t-il affirmé.

Le rôle clé des matériaux
Le directeur général d’ITER souligne également le rôle clé du développement des matériaux pour la réussite de la fusion. «Nous pouvons développer le plasma, allumer le feu, peut-être le dompter et faire en sorte qu’il produise de l’énergie. Mais nous aurons ensuite besoin de matériaux capables d’absorber l’énergie de ce feu», explique-t-il. «Un réacteur de fusion produisant de l’énergie nécessiterait des matériaux très solides capables de résister aux radiations provenant du plasma», conclut-il. «Si on ne s’occupe pas de cela, cette exploration ne mènera pas à l’objectif final». 

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO

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