Culture

Namur célèbre le film francophone

C’est dans le magnifique théâtre de Namur qu’a eu lieu le coup d’envoi, vendredi dernier de la 33e édition du Festival international du film francophone. C’est avec les films «Nos Batailles» de Guillaume Senez et «Un amour impossible» de Catherine Corsini qu’a démarré cette fête du cinéma. 


Entre le chapiteau, la petite place et le théâtre habité par les âmes de Shakespeare, Rossini ou encore Mozart, les stars venues présenter leurs films se mélangent au public. À Namur, il n’y a ni strass ni paillettes, c’est l’amour du cinéma qui prime. Un Jean-Paul Rouve arrive volontiers à pied de son hôtel, Lambert Wilson entre par la porte principale et Virginie Efira, accompagnée de Niels Schneider, n’hésite pas à faire la fête avec les festivaliers. Un mélange de bonne humeur et de professionnalisme pour un festival qui célèbre sa 33e édition du 28 septembre au 5 octobre. Compétition officielle, longs métrages, courts métrages mais aussi masterclasses, hommages, coups de cœur et ateliers. Un programme costaud avec une forte présence marocaine en les personnes de Nabil Ayouch et Nadia Kounda (jury court métrage) et avec «Sofia», de Meryem Benm’Barek, film représenté par le comédien Hamza Khafif. Le weekend commence sur les chapeaux de roues avec des films puissants sur la complexité des liens familiaux, la séparation, la relation père-enfants.

Les batailles convaincantes de Romain Duris
Dans «Nos Batailles» du Franco-belge Guillaume Senez, Romain Duris a ému. Devenu père célibataire du jour au lendemain, il se retrouve confronté à la dure réalité du quotidien des mères: travailler tout en s’occupant des enfants. La paternité, le travail. Une chronique touchante et juste. Olivier, campé par un Romain Duris d’une grande sensibilité, est occupé par son boulot de contremaître et par les pressions que subit son équipe. Il ne voit pas venir la dépression de se femme qui, un beau jour, n’ira pas chercher ses enfants à l’école et ne rentrera pas à la maison. Elle n’a laissé ni lettre, ni explications. Elle est juste partie. Aidé par des personnages attachants et des acteurs brillants comme Lætitia Dosch et Laure Calamy, Guillaume Senez raconte avec beaucoup de justesse le dehors et le dedans, ce qui se passe au travail et à la maison, la limite à ne pas franchir entre les deux, si toutefois limite il y a. Le début du film donne d’ailleurs le ton: l’ombre du suicide d’un collègue jugé pas assez performant viendra planer sur le film. Un film dont la standing ovation au générique ce vendredi soir laisse présager un prix en fin de la semaine, et qui sortira en salles le 3 octobre.

Un amour impossible rapproche Virginie Efira de Niels Schneider
Les acteurs, complices pendant le festival, se sont rapprochés lors du tournage du film de Catherine Corsini «Un amour impossible», adaptation du roman de Christine Angot. Même si l’on connaît l’histoire, le film n’en reste pas moins poignant et bouleversant. La réalisatrice suit l’histoire de Rachel, une femme travailleuse qui tombe amoureuse de Philippe, un bourgeois. Il fait tout pour rentrer dans sa vie et ne jamais en sortir. Il lui fait découvrir la poésie, la philosophie, la littérature, la culture. Avec lui, les jours passent et ne se ressemblent pas. Mais lorsque les choses commencent à devenir sérieuses, Philippe est clair: il ne se mariera pas avec elle. «Si tu étais riche, je considérerais la chose, mais ce n’est pas le cas». Une phrase qui sonne comme un coup de couteau dans le cœur de Rachel, éperdument amoureuse et enceinte qui plus est. S’ensuit tout un combat de la mère pour faire reconnaître son enfant par un père absent, qui vient les visiter de temps en temps, les emmener en weekend, les distraire, leur donner des moments de joie à l’abri des regards indiscrets. Le film évolue avec le temps et voit grandir une petite fille qui n’a rien demandé, sans père. «Je ne veux pas qu’elle grandisse avec la mention de père inconnu», finit par dire, révoltée, Rachel quand la petite a 14 ans. Mais la reconnaissance tant attendue de l’enfant aura un prix, un prix très lourd. L’enfant se rapproche d’un père qu’elle ne connaît pas, s’en rapproche un peu trop puisqu’il abuse d’elle. Une épreuve que la mère et l’enfant devront apprendre à surmonter. Un film à la fois lumineux et obscur, déchirant, souvent injuste, amené subtilement par une Virginie Efira bluffante, simple et juste, et un Niels Schneider irrésistiblement effrayant et dangereux. Sortie en salle le 7 novembre. 


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