Culture

Films d’animation : quels défis pour le binôme producteur-réalisateur ?

Dans le cadre du projet «Les lendemains souhaitables», l’Institut français de Meknès organise, en partenariat avec la fondation Aïcha, une série de rencontres les 7 avril, 21 mai et 3 juin 2021. Ces rencontres, organisées en ligne, portent sur le développement et la structuration des industries culturelles au Maroc.

Comme tout projet nécessitant un budget et un suivi, l’aboutissement d’un projet culturel portant sur un film d’animation dépend fortement de la synergie qui existe entre ses parties prenantes, notamment le producteur et le réalisateur. Dès lors, une série de questions cruciales se pose, de laquelle dépend la réussite de l’entreprise en question. Comment se partagent les phases du projet de son point de départ à sa diffusion ? Comment définit-on un budget pour un film, et qui est à la recherche des financements? La promotion du film est-elle partagée ? Quel est l’apport artistique de la société de production et, inversement, le soutien que le réalisateur (trice) apporte à la production ? Comment se développe le dialogue lorsqu’on produit, réalise un film ? Les problématiques diffèrent-elles d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre ?


Autant d’aspects, donc, qui conditionnent la conception d’un film d’animation, sa production et toutes les autres étapes qui suivent. Un webinaire organisé mercredi dernier par l’Institut français de Meknès s’est justement penché sur la question de la relation producteur-réalisateur afin d’étudier dans quelle mesure celui-ci pourrait s’avérer un binôme gagnant dans le film d’animation ou plutôt un risque partagé. Pour débattre de cette question, les réalisatrices Sofia El Khiyari et Caroline Attia ont été invitées au débat, ainsi que les deux producteurs Sébastien Onomo et Ron Dyens. D’emblée, les invités se sont accordés à dire qu’il est important d’instaurer une relation de confiance entre réalisateurs et producteurs. Caroline Attia dira dans ce sens : «Je pense qu’il est important d’avoir une relation de confiance avec son producteur, surtout pour le travail artistique, parce que nous avons toujours besoin d’un œil extérieur.» Pour ce qui est des rencontres entre réalisateurs et producteurs, elle indique qu’elles se font au fur et à mesure des festivals. Ce qu’appuie Sofia El Khiyari, qui déclare : «J’ai rencontré mes producteurs au FICAM à Meknès. Pour moi, aller en festival avec son film, c’est une bonne façon de rencontrer un producteur».

De son côté, Sébastien Onomo déclare : «Je m’inscris dans tout ce qui a été dit car il est vrai qu’il y a beaucoup de relationnel dans ce binôme auteur-producteur». Quant à Ron Dyens, il estime qu’auteurs et producteurs doivent apprendre à mieux se connaître et se faire confiance mutuellement. Dans un autre registre, Caroline Attia a tenu à faire remarquer que le producteur «n’est pas là juste pour chercher des financements, mais surtout pour nous aider à trouver la direction artistique du projet».

D’ailleurs, en parlant de direction artistique, Sébastien Onomo considère qu’avoir des auteurs qui allient originalité et envergure pour raconter leurs histoires sur le plan éditorial et sur le plan graphique est quelque chose d’enthousiasmant pour un producteur. Concernant leur collaboration tout au long du projet, les invités sont d’accord pour dire qu’il faut beaucoup d’échanges avant de se lancer afin d’être sûrs d’être sur la même longueur d’ondes, au moment de la concrétisation. Pour Sébastien Onomo, ces échanges, qui peuvent prendre jusqu’à cinq ans, sont extrêmement importants, surtout qu’il leur faudra défendre le film devant les journalistes et les téléspectateurs. Côté budget, les avis sont presque les mêmes. Là également, les producteurs et les réalisateurs doivent en discuter pour que les décisions soient prises en toute discrétion. À ce propos, Sébastien Onomo lance l’appel suivant : «À certaines étapes, il faut que les auteurs viennent mouiller la chemise avec les producteurs parce que, sur certains budgets, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi avec l’argent».

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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