Culture

Aziz Dadas, l’année du serpent

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Avec son dernier film « Lahnech », dans lequel il incarne le rôle d’un faux flic ripou, Aziz Dadas marque une fois de plus les esprits et trône à la tête du Box Office marocain.


LesEco.ma : « Lahnech », à l’instar de la plupart de vos autres travaux, vise plus à parler aux Marocains qu’à véhiculer un message universel. Est-ce que l’idée d’une participation de «Lahnech» à un Festival international n’a pas été envisagée ?

Aziz Dadas : J’ai aussi le rêve que mes films brillent à l’étranger et y soient connus. A titre d’exemple, «Dallas» a participé cette semaine dans un grand Festival en Russie. L’ «Orchestre de minuit», qui est aussi un film destiné au grand public, a participé dans un Festival de film à Montréal.

Sauf qu’entre nous, il faudra absolument créer et faire naitre une base de spectateurs. Et pour ce faire, il est impératif de créer des salles. Personnellement, lorsque le film où je travaille est destiné au peuple, je me dis tout d’abord que l’affluence du peuple poussera les responsables à construire des salles de cinéma.

Sinon, il ne sera pas correct pour moi de ne produire que pour l’étranger et priver les Marocains de voir un film auxquels ils ont eux-mêmes contribué financièrement, en parlant de l’argent public. Ce sont les Marocains qui nous ont octroyé l’argent pour réaliser ce travail.

Il a été constaté une affluence sans pareille pour regarder «Lahnech». Plusieurs salles étaient pleines à craquer en même temps. Quel impact cela a-t-il eu sur vous ?

Pour être franc, « Lahnech » a enregistré 162 000 entrées en cinq semaines. Ce que « Road to Kabul » n’a enregistré qu’après une année et ce qui a pris 6 mois pour «Dallas». Cela ne peut donc que me réjouir et me laisser très heureux.

Alors, imaginez si on avait au Maroc une centaine de grands écrans pour contenir une masse importante de spectateurs. On ressentira dès lors concrètement le fruit de l’industrie cinématographique.

Cela prouve que le public marocain est très sensible à la qualité qu’on lui offre et au plaisir qu’on lui procure. Ce qui détrompe les dires de ceux qui croient que le public marocain est faible ou inconscient. Et c’est un peu ce point qui me semble frustrant dans le paysage cinématographique marocain.

J’aimerais aussi ajouter, comme je l’ai d’ailleurs avancé auparavant, qu’on n’oblige pas le spectateur à partir au cinéma. Cela ne se peut qu’à une seule condition : que l’acteur leur fasse ressentir le rêve dont ils rêvent. Car l’acteur qui ne fait pas rêver n’attirera pas le public ; surtout que le public possède la technologie comme moyen pour voir de grands films !

Il faudra donc cesser de frustrer la vision et le regard des Marocains vis-à-vis du cinéma car loin d’être dupes en la matière et par conséquent, oser aussi bien la reconnaissance nationale qu’internationale. Les deux étant importantes, interdépendantes et complémentaires pour l’acteur.

Aviez-vous rencontré des difficultés dans le tournage de «Lahnech» ?

Laissez-moi vous avouer que j’ai peur au début de chaque tournage. S’il y a d’autres soucis à évoquer, je dirais qu’il n’y a pas source d’anxiété plus difficile à gérer que celle de garantir aux spectateurs le style parfait pour les personnages que je joue.

De plus, ce qui m’agace le plus, c’est comment veiller à rester naturel ; comment par moment faire rire et pleurer. En général, si le travail est difficile, la spontanéité ne l’est pas moins.

Si jamais un policier vous arrête pour infraction routière et vous dit, suis-je un «Hnech» (serpent) ? Quelle sera votre réponse ?

Pour vous dire une chose ! Je suis l’ami de la Police. Ma relation avec la police est si fraternelle qu’elle engendre beaucoup d’anecdotes. À titre d’exemple, on nous a arrêtés mon ami – qui était au volant – et moi au niveau d’un barrage. Lorsque l’agent a braqué la lumière sur mon siège et m’a vu, il était plié de rire.

Un dernier mot avant de revenir avec du nouveau ?

Du nouveau ? Je suis plein dedans. Un projet est en chantier à Marrakech et vous en saurez davantage très bientôt.

Pour mon dernier mot, je pense qu’il faudra que l’acteur développe la culture de la communication et privilégie en lui cet aspect qui fait l’objet d’une qualité très précieuse pour être aimé du public.

In fine, il faut admettre qu’en dépit de l’évolution du cinéma au Maroc, le public fait toujours le chemin au cinéma pour voir particulièrement un acteur qu’il apprécie. Alors si l’acteur joue la carte de la vanité, il finira par avoir affaire à lui-même… En plus, cela doit provenir du cœur.

 

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