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Zakaria Mahboubi : « Les acteurs de l’immobilier doivent construire intelligemment » (Anfa Realties)

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Zakaria Mahboubi.
Directeur général du Groupe Anfa Realties

Le spécialiste du haut standing Anfa Realties a lancé un arsenal d’actions pour assurer la livraison de ses projets en cours. Zakaria Mahboubi, directeur général du groupe, présente sa stratégie de relance et sa vision sur les impératifs à la croissance du secteur.


Comment jugez-vous la résilience du secteur immobilier face à la crise sanitaire ?
Il y a eu un effet de panique au tout début de la crise à cause de l’arrêt net des intentions d’achat et transactions d’acquisition, une turbulence due à la baisse de l’activité économique et l’absence totale de visibilité. Toutefois, grâce à l’action bienveillante de Sa Majesté à travers la constitution du Fonds de solidarité Covid-19, l’économie marocaine a su minimiser l’impact néfaste de cette crise sanitaire. De ce fait, et avec la reprise graduelle de la demande, nous observons une amélioration, certes timide, mais qui donne aux acteurs du secteur immobilier un espoir dans l’avenir. Il est utile de noter que cette reprise n’est pas la même pour l’ensemble des segments et encore moins des villes et des zones.

Comment votre groupe a-t-il géré cette période ?
Nous avons mis en place les mesures sanitaires nécessaires pour assurer la protection des collaborateurs de l’entreprise, notamment par l’adoption du télétravail pendant les deux premiers mois. À travers notre stratégie digitale, nous avons en quelques jours mis en place un showroom virtuel sur notre site donnant une visibilité totale via les vitrines projets avec visite virtuelle, images réelles, téléchargement de brochures, visualisation des vidéos projets ainsi que la possibilité de contacter nos conseillers commerciaux pour la réservation en ligne d’un bien immobilier. Au niveau des chantiers en cours, le dispositif technique a vu ses ressources se diviser en deux pour maintenir la distanciation nécessaire. Par ailleurs, nos chantiers ont continué avec 50% des ouvriers opérationnels, car le respect des délais de livraison de nos projets est une des valeurs auxquelles nous tenons malgré la crise sanitaire.

À votre avis, comment assurer la relance du secteur ?
De prime abord, il faut répondre aux attentes nouvelles en matière d’habitation principale toute catégorie confondue. Les acteurs de l’immobilier doivent construire intelligemment et adapter l’offre en haut standing en termes de prestation, agencement et pricing. La crise sanitaire a fait que les espaces verts, terrasses et grands balcons ont été de plus en plus demandés. Dans ce sens, il faudrait augmenter l’offre et adapter les plans d’aménagement et les plans architecturaux. Sur le volet financier, nous œuvrons à travers des actions fortes et louables lancées par la FNPI auprès de l’administration et avec l’aide du GPBM afin de booster la demande via des baisses de frais liés aux coûts d’acquisition. Les baisses de frais concernent celles des droits d’enregistrement, des droits de la Conservation foncière de la TVA ainsi que de la baisse des intérêts pour les prêts immobiliers.

Comment le groupe assure-t-il la reprise de ses activités ?
La clé de la relance pour nous réside dans les espaces verts, les projets de villas et lots de terrains dans des périmètres fermés et sécurisés. Des projets avec moins de superficies bâties et plus de superficies en extérieur. La commercialisation de lots de terrain à des prix imbattables est aussi une action que nous menons. Nous proposons également des villas à des prix abordables pour une classe moyenne qui augmente tous les ans.

Quel est, selon vous, le nouveau profil de l’acquéreur marocain ? Quels sont ses besoins ?
Le profil du client type d’Anfa Realties, concerne les cadres, cadres supérieurs, jeunes entrepreneurs, professions libérales. Les ménages ayant besoin de plus d’espace pour intégrer leurs espaces bureaux. Et surtout plus de superficie habitable en ces temps de crise sanitaire. Le client marocain demande une hauteur sous plafond plus généreuse avec jardins, espaces en commun, espaces verts, parcs et aires de jeux pour les enfants. De grands balcons, des terrasses là où il le faut, bref de nouveaux concepts de résidences et des plans architecturaux innovants et hors commun.

Que pensez-vous des prix de vente dans le secteur ?
En général, les prix et les rythmes de ventes se maintiennent pour les projets ayant adopté dès leur lancement une politique commerciale adaptée au profil de leurs clients. Néanmoins, nous assistons à des campagnes promotionnelles, et des spots visant à encourager les clients potentiels à concrétiser rapidement.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Nous assistons, inéluctablement, à de grands changements sur la demande, qui est dictée notamment par une nouvelle façon de faire les choses : télétravail, éducation à distance… Nous pensons que le client de demain sera plus friand de flexibilité, de mobilité et d’optimisation des coûts. De ce fait, nous sommes convaincus que la demande pour le locatif va considérablement augmenter, que les clients voyageront plus à distance réduite et travailleront de plus en plus loin de leurs bureaux. À nous, intervenants du secteur, de concevoir des produits qui répondent aux nouvelles attentes post-Covid.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco Docs

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