Éco-Business

Une loi en gestation pour structurer le secteur

Annoncé hier à l’occasion de la présentation de la Semaine nationale de l’artisanat, ce projet de loi permettra l’accès des artisans à la couverture sociale et médicale. Le secteur emploie plus de 2,5 millions de personnes et participe à plus de 7% au PIB avec un chiffre d’affaires à l’export de 622 MDH.


La 4e édition de la semaine nationale de l’Artisanat, dont le programme a été présenté hier à Rabat, apporte de la nouveauté à un secteur en mal d’accompagnement. La mesure phare annoncée par Jamila El Mossali, secrétaire d’État chargée de l’Artisanat et de l’économie sociale, est un projet de loi qui devra gérer tous les aspects de ce secteur qui emploie 2,5 millions de Marocains (on y compte aussi des métiers divers comme plombier ou électricien) et participe à plus de 7% dans le PIB national. Ce projet de loi, en réflexion, devra s’accompagner d’un recensement des métiers artisanaux pour une meilleure classification. Une meilleure connaissance du secteur permettra de faciliter la commercialisation, mais aussi de garantir l’accès au financement et, surtout, à la couverture sociale et médicale qui lui fait défaut. Du 22 au 31 décembre, ce rendez-vous incontournable pour les artisans, au-delà de son aspect commercial, qui leur permet de présenter leurs collections et de garnir leurs carnets de commandes, sera aussi l’occasion de mettre à plat les difficultés qui pèsent sur l’activité. Les vieux enjeux sont toujours d’actualité: commercialisation, accès au financement, formation, alphabétisation et transmission de savoir-faire. Le salon national, qui sera organisé à l’espace OLM Souissi (Rabat), comme les 12 salons régionaux permettront une meilleure approche des produits artisanaux, mais aussi des conditions de production.

Selon Mohammed Sajid, ministre du Tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, par son employabilité, le secteur de l’artisanat joue un rôle prépondérant dans l’équilibre spatial et constitue la principale source de revenus de certaines régions. «Nous craignons toutefois que ces métiers ne soient pas transmis aux générations futures. C’est la raison pour laquelle nous allons mettre en place des programmes de formation et de sensibilisation», explique le ministre.  L’organisation de la semaine de l’artisanat durant cette période représente également une aubaine dans la mesure où les entreprises sont en train de préparer les cadeaux de fin d’année. Une touche artisanale est toujours bienvenue. Sajid promet qu’il y aura, l’année prochaine, d’autres types de manifestations au niveau des écoles et des lycées destinées aux jeunes pour ancrer l’importance du secteur dans leur esprit. Dans ce sens, Mossali a souligné que l’artisanat incorpore plusieurs dimensions : économique, sociale, artistique, culturelle… «Les produits dont nous disposons aujourd’hui sont la preuve de la compétence de l’artisan marocain. Cette semaine nationale sera l’occasion de faire le bilan des acquis du secteur et de célébrer sa réussite», a-t-elle ajouté.

En effet, l’on recense aujourd’hui plus de 900 entreprises d’artisanat structurées au Maroc et un grand nombre d’artisans qui tirent bien leur épingle du jeu. Le Maroc est aujourd’hui une référence en la matière. Certes, il faut aujourd’hui pousser vers plus de qualité mais, en général, les produits marocains sont bien cotés à l’étranger. Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires à l’export de 622 MDH avec une progression de 33,5% par rapport à l’année précédente. C’est bon signe pour des artisans qui commencent à intégrer les nouvelles techniques de vente. La commercialisation électronique figure aujourd’hui parmi les projets phares du ministère. Il y a quelques années, une expérience pilote avait été menée en partenariat avec des hypermarchés, consistant à aménager des espaces d’exposition et de vente des produits artisanaux. L’expérience n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, le défi est de préparer des espaces permanents d’exposition, notamment dans des villes touristiques comme Agadir ou Marrakech. Des négociations sont également en cours avec l’ONDA et l’ONCF pour disposer d’espaces d’exposition dans les aéroports et les gares. Il faut dire que l’artisanat est un secteur horizontal qui nécessite souvent que plusieurs autres secteurs mettent la main à la pâte. Et il ne faut surtout pas perdre de vue les intersections qui existent entre l’artisanat et le secteur de l’économie solidaire.


Une nouvelle vision stratégique

Le programme de la Semaine nationale de l’artisanat se différenciera des précédentes éditions par l’organisation d’une journée dédiée à la presse et à son rôle dans la diffusion des valeurs du secteur. Une autre journée spéciale sera axée sur la recherche scientifique en partenariat avec les universités. Un colloque sur la nouvelle vision stratégique du secteur, basée sur une approche participative, figure aussi au menu de cette édition. Le second colloque aura trait à l’habit traditionnel marocain et à son rayonnement au-delà des frontières. Quant à la participation au salon national et aux salons régionaux, pas moins de 1.300 exposants y prendront part sur une superficie d’exposition de 29.000 m² à travers les 12 régions du pays. L’on assistera aussi à la tenue de la 7e rencontre sur la préservation des métiers de l’artisanat.

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