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Panneaux solaires : ça bouge à Marrakech

Une seconde promotion d’installateurs de panneaux solaires vient de bénéficier d’une formation dispensée au centre de l’AMEE à Marrakech. Au total, ils sont 31, dont 4 auto-entrepreneurs, à être nouvellement labellisés.

Le Cluster solaire, l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) et l’Association marocaine des industries solaire et éolienne (AMISOLE) viennent de procéder à la labellisation de la deuxième promotion d’installateurs solaires TaqaPro. Au total, ce sont 31 entreprises qui ont décroché le sésame, dont 4 auto-entrepreneurs. Elles ont été labellisées suite à deux sessions de formation TaqaPro PV+ et TaqaPro Pompage solaire, organisées au niveau de la plateforme technique de l’AMEE à Marrakech. Dans le détail, parmi ces 31 installateurs, 7 sont labellisés TaqaPro PV+ et 24 TaqaPro Pompage solaire, soit trois fois plus d’installateurs pour le pompage solaire en une session. Cela témoigne du succès des installations de systèmes photovoltaïques dans l’agriculture, l’eau potable et l’adduction d’eau dans le royaume. En effet, ces 24 installateurs TaqaPro Pompage solaire rejoignent 14 autres qui représentent la moitié de la première promotion. Ils sont ainsi 38 installateurs de systèmes de pompage solaire, contre 21 entreprises ayant obtenu des certificats TaqaPro PV+.


Trois labels TaqaPro pour certifier des installateurs
Rappelons que le label Taqa Pro se décline en 3 labels : TaqaPro Pompage solaire pour les installateurs de systèmes photovoltaïques dans l’agriculture, l’eau potable et l’adduction d’eau ; Taqa Pro PV+ pour les installateurs de systèmes photovoltaïques de moyenne et grande puissances, compris entre 20 kilowatts et 2 mégawatts ; Taqa Pro PV pour les installateurs de systèmes photovoltaïques de petite taille, c’est-à-dire ceux inférieurs à 20 kilowatts. «Il n’y a pas encore d’installateur labellisé Taqa Pro PV parce que le marché des petites installations n’est toujours pas ouvert. La loi 13-09, qui doit régir ce marché, n’a pas encore été publiée. Elle est en cours de toilettage puisque la réponse du ministère de l’Énergie aux commentaires émis lors de la phase d’enquête publique sur le projet de loi n°40-19, devant la modifier et la compléter telle qu’elle a été modifiée et complétée par la loi 58-15, vient tout juste d’être intégrée dans le projet de texte», explique une source proche du Comité de gestion du label. Il faut donc prendre son mal en patience ! En attendant, signalons que ces labels sont lancés pour organiser le métier d’installateur photovoltaïque, rassurer les utilisateurs et booster le secteur qui connaîtra bientôt une libéralisation de la production électrique de basse tension à partir de sources renouvelables. Ils sont attribués pour une durée de deux ans reconductible si l’entreprise redépose un dossier prouvant notamment qu’elle a effectué un nombre minimum d’installations, avec l’éventualité de repasser la formation ou le test d’admission. Les entreprises qui choisissent TaqaPro s’engagent à respecter les règles du label à travers la signature d’une charte déontologique prévoyant notamment la possibilité d’un audit de leurs installations. Cela permet ainsi au label de fédérer les entreprises des systèmes photovoltaïques, petits et moyens, autour d’une démarche qualité bénéfique pour leur image et leur notoriété, qui procure également aux clients de meilleures garanties de qualité et de sécurité de leurs installations.

Un marché national de 630 MDH appelé à croître
En tous cas, selon ses promoteurs, «le label TaqaPro est devenu une référence et un gage de qualité. De plus en plus de donneurs d’ordres l’exigent dans le cadre des appels d’offres solaires, à travers leurs Cahiers de prescriptions spéciales (CPS)». Et apparemment, cela ne fait que commencer. En effet, le marché serait très prometteur. Les installateurs labellisés Taqa Pro PV+, c’est-à-dire les gros calibres du groupe, pourraient individuellement réaliser jusqu’à 30 MDH de chiffre d’affaires annuel pendant deux ans, soit le double des installateurs Taqa Pro Pompage solaire, à savoir 15 MDH par an. C’est du moins sur ce critère/marché-là que les labels sont attribués par le ministère de tutelle. Autrement dit, les labellisés pourraient animer chaque année un marché national de 630 MDH sur le photovoltaïque. Un marché local appelé à grossir dans l’efficacité énergétique où plusieurs opportunités sont à saisir, localement et à l’international. En effet, «le but ultime de cette initiative est de créer un écosystème national d’industriels reconnus dans ce secteur naissant», avait notamment expliqué Aziz Rabbah, le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, lors du lancement de la première promotion Taqa Pro il y a un an, qui nourrit une ambition hautement stratégique pour ces derniers et pour le Maroc. Celle-ci consiste à préparer le royaume pour qu’il puisse capter une part des 1.000 milliards de dollars d’investissements (environ 10.000 MMDH) prévus dans l’efficacité énergétique dans le monde à l’horizon 2030.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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