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Mahmoud Redouane El Alj : “Nous bénéficions d’un fort ancrage régional”

Mahmoud Redouane El Alj.Directeur exécutif en charge de la Région Casablanca-Settat, au sein d’Attijariwafa bank

Attijariwafa bank entend continuer à s’imposer comme un acteur de référence sur l’ensemble des segments de clients dans la Région Casablanca-Settat. Avec plus de 300 agences, dont 17 centres d’entreprises, le groupe dispose du réseau régional bancaire le plus dense de la place.

La région de Casablanca constitue le cœur vivant de l’économie nationale, comment jugez-vous sa croissance ?
La région de Casablanca-Settat est un chantier à ciel ouvert. Avec ses 8 millions d’habitants, et une croissance démographique supérieure à la moyenne nationale, la région enregistre une rapide urbanisation qui se combine avec une classe moyenne en forte croissance. Elle dispose d’un large arrière-pays avec des vocations économiques sous-régionales complémentaires et fortes et des dynamiques structurelles de transformations locales profondes qui touchent les domaines économique, social, environnemental et culturel.
Ainsi, la Région Casablanca-Settat a reçu sur les dernières années d’importants investissements structurants consolidant sa place de locomotive économique nationale. Plusieurs exemples peuvent être cités : extension du port et de l’aéroport de Casablanca, extensions et réaménagement des espaces urbains, des zones d’activités et d’habitations. La région est également une plateforme compétitive à l’export à destination du marché africain, américain et européen sur plusieurs secteurs industriels clés comme l’aéronautique, l’automobile, le textile, l’offshoring, l’industrie pharmaceutique, etc. La vocation internationale de la région a été renforcée par l’émergence du Hub financier «Casablanca Finance City», comme place financière internationale de premier ordre, renforçant le positionnement du Maroc dans le domaine, mais aussi sur les plans commercial, industriel, logistique etc. Il est important de signaler que Casablanca est aussi le plus important centre universitaire du Maroc. La forte présence d’une population jeune, source de productivité, d’innovation technologique et de croissance, est un atout considérable pour le développement de la région.

Quelle est la valeur ajoutée de la présence du groupe Attijariwafa bank pour le développement de la région ?
Depuis sa création en 1904, notre banque a toujours fortement contribué, dans une vision à long terme, au développement socioéconomique de la région avec des offres de services ouvertes à l’ensemble du tissu économique. Les défis de la région sont considérables aussi bien sur le plan démographique, industriel, urbanistique qu’en matière d’infrastructure ou d’environnement. Avec notre modèle de banque universelle, et les fortes positions que nous avons dans les domaines de la banque de détail, du Corporate Banking, des activités de marchés et des services financiers spécialisés, nous veillons aussi à accompagner l’ensemble des segments de clientèles de particuliers, de professionnels, de TPE, de PME, et de grandes entreprises dans la réalisation de leurs projets.
Avec plus de 300 agences dont 17 Centres d’Entreprises, nous disposons du réseau bancaire le plus dense de la région. Nous bénéficions donc d’un fort ancrage régional qui nous permet de faire partie intégrante du paysage socioéconomique. Notre objectif est de continuer à être un acteur de référence sur l’ensemble des segments.  C’est pourquoi nous avons engagé des investissements massifs notamment dans le réaménagement de nos agences et Centres Entreprises pour rehausser la qualité de service que nous offrons à nos clients. C’est ainsi que nous avons inauguré en octobre dernier à Casablanca le Centre Entreprise Porte d’Anfa qui est le premier du genre au Maroc. De même, nous avons complètement revu le modèle relationnel avec nos clients. Avec la digitalisation soutenue de nos process, nous avons opéré une orientation forte vers des parcours clients plus efficients.
Plus spécifiquement, pour la TPE, nous avons depuis plusieurs années mis en place une stratégie différenciée pour mieux adresser ce segment de clients et les résultats sont très encourageants. Le réseau Dar Al Moukawil offre au quotidien à des milliers de TPE, à travers un dispositif d’accompagnement dédié, des supports intégrés de formations, de conseils et de mises en relations. La région de Casablanca compte aujourd’hui 4 centres Dar Al Moukawil au service de l’entrepreneuriat local. Le groupe Attijariwafa bank met à la disposition des porteurs de projets une large palette de produits et services dont le crédit Intelaka, un des mécanismes clés du programme d’appui au financement de l’entrepreneuriat, né suite aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Plus globalement, nous sommes fortement impliqués dans l’accompagnement financier et non financier des opérateurs économiques, destiné à impulser la transformation de la région en lui permettant de renforcer sa compétitivité et d’investir dans la diversification et l’utilisation efficace et durable de ses ressources. Enfin, je souhaite rappeler que nous sommes également engagés au niveau régional de la même manière que nous le sommes à l’échelle nationale, dans le domaine de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes, mais aussi dans le domaine culturel à travers une approche de mécénat actif.

Quelles actions concrètes en termes d’accompagnement des opérateurs publics et privés dans leur développement dans la région ?
En ce qui concerne les opérateurs publics, l’impératif pour la relance est aujourd’hui d’accélérer les investissements à forte portée socioéconomique (eau, électricité, transports, services aux collectivités locales, santé, éducation) eu égard aux besoins croissants de la population.  Les villes de la région devront s’adapter à des flux massifs de populations, et réaliser des investissements dans les infrastructures de sorte à se doter de moyens de transports efficaces, de services de base efficients en matière de mobilité, de traitement de déchets, de logements, de connectivité digitale sans oublier les impératifs de développement durable et de maîtrise d’énergie. Il y a encore beaucoup de choses à faire puisque plusieurs localités de la région, y compris la périphérie de la ville de Casablanca, enregistrent encore d’importants déficits en termes d’équipements.
Nous avons aussi pris part à plusieurs partenariats publics-privés et nous continuons à regarder avec un grand intérêt les plans directeurs d’infrastructures de la région et leurs planifications.
Pour le secteur privé, nous pensons qu’il sera amené à jouer un rôle croissant dans la relance et le développement de la région. La promotion de l’entrepreneuriat privé et de l’investissement restera l’une de nos premières préoccupations. Il s’agit du principal levier destiné à combattre le chômage des jeunes en particulier. Nous accompagnons les entreprises sur l’ensemble des segments (Grandes Entreprises, PME et TPE) car elles sont représentatives des défis qui accompagnent les ambitions de développement de la région, dans le cadre d’un écosystème entrepreneurial de plus en plus intégré et structuré. Je souhaite insister ici sur la TPE pour rappeler que c’est suite aux Hautes Orientations Royales que l’État marocain a déployé un important dispositif pour soutenir l’édification d’un cadre propice au développement soutenu de l’acte d’entreprendre.

Qu’en est-il de votre accompagnement aux porteurs de projets, surtout après la crise sanitaire et le lancement des initiatives nationales de relance économique ?
Vous avez raison de poser le sujet dans ce sens car l’enjeu pour notre région est la création de l’emploi par la relance de l’investissement. Nous sommes très optimistes sur les perspectives de croissance de la région et sa capacité à s’intégrer de façon vertueuse au Nouveau modèle de développement lancé sous les Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi. Nous avons la chance d’être au contact des entrepreneurs et au cœur de l’ensemble des écosystèmes économiques de la région. Notre dispositif est principalement destiné à soutenir la croissance des entreprises quelles que soient leurs tailles dans tous les secteurs notamment les secteurs stratégiques d’avenir (transition énergétique, numérique etc.). Nos positions sur les différents programmes de soutien déployés par l’État à travers la CCG (nouvellement nommée « Tamwilcom ») témoignent de cet engagement. L’exemple le plus édifiant est celui du programme « Intelaka » dans lequel Attijariwafa bank représente plus de 40% de part de marché. Par ailleurs, nous nous mobilisons pour la relance de l’activité à l’échelle régionale et locale aux cotés de l’ensemble des acteurs de l’écosystème entrepreneurial (ministère du Commerce et de l’industrie, CGEM, Chambres de commerce et d’industrie, CRI, CCG, Associations professionnelles, etc.).
Nous estimons que les entreprises disposent aujourd’hui de plus de visibilité et que le marché offre plus d’opportunités. Il y a de jeunes entrepreneurs qui se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale malgré le contexte difficile. Cela est une très bonne chose, car nous voyons que la crise n’a pas ralenti le mouvement entrepreneurial que nous observons depuis plusieurs années. Le programme «Ana Maâk» d’Attijariwafa bank, adressé exclusivement aux TPE, consiste justement à valoriser et accompagner ces entreprises. Concrètement, nous veillons à ce que les circuits de prises de décision soient fluides en faveur de nos clients entreprises (TPE, PME, et Grandes Entreprises), car la région a besoin d’une forte dose de nouveaux projets, notamment dans le secteur de l’industrie. Notre conviction est de continuer à soutenir le tissu d’opérateurs et d’industriels. Enfin, le développement des collectivités est un levier important de croissance dans la région, et constitue un axe immense d’inclusion au point qu’il doit s’ériger en priorité. La transformation des villes de la région peut en effet se traduire par des impacts forts en termes de développement et devenir un levier d’inclusion envers les femmes et les jeunes qui ont des capacités disruptives qu’il convient de mettre en orbite. Je suis convaincu que notre tissu économique et industriel régional avec les capacités humaines dont il dispose, peut permettre à la région d’accélérer son développement lors des prochaines années.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO Docs

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