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Inflation : les épargnants, les grands perdants

L’inflation s’est stabilisée à 5,9% en mai sur un an. Sa composante sous-jacente qui retrace la tendance réelle des prix ressort à 6,7% contre 5,5% en avril, selon les calculs de Bank Al-Maghrib.

Sur les cinq premiers mois de l’année, la hausse des prix à la consommation a été de 4,8% en moyenne, passant de 4% au premier trimestre à 5,9% les deux mois suivants.


Selon les nouvelles prévisions de Bank Al-Maghrib, la facture devrait continuer à grimper au cours des prochains mois. La Banque centrale table désormais sur une inflation à 5,3% en moyenne contre 4,7% initialement.

Mais elle n’a pas jugé utile de toucher au taux directeur lors de la réunion de politique monétaire de juin. Malgré la poussée de ces derniers mois, la hausse des prix reste relativement maîtrisée comparée à la situation dans d’autres économies.

Par ailleurs, les relèvements de taux d’intérêt opérés par certaines banques centrales pour la juguler n’ont pour l’instant pas permis d’enrayer sa poussée. Tout est dans le timing. Agir trop vite pourrait pénaliser la reprise post-covid et intervenir trop tard risquerait de nourrir davantage la hausse des prix.

Dans une certaine mesure, après le choc provoqué par la pandémie sur la dette, une inflation vigoureuse constitue une solution moins douloureuse pour alléger le fardeau plutôt que la hausse des impôts. En revanche, parmi les grands perdants de l’inflation figurent les épargnants, surtout ceux qui sont peu enclins à prendre du risque. La hausse des prix érode le pouvoir d’achat du capital.

Après prise en compte de l’impôt et de l’inflation, la rémunération des comptes sur carnet, dépôts à terme et bons de caisse dans lesquels sont logés 307 MMDH (fin avril) sera négative en 2022. «Je suis très sensible à la rémunération de l’épargne. Si elle devait être négative durablement, nous pourrions assister à une orientation d’une partie de l’épargne vers le circuit informel.

C’est un sujet de préoccupation qui va peser dans les décisions du conseil sur le taux directeur», a indiqué le wali de Bank Al-Maghrib lors de la conférence post conseil de politique monétaire. Pour l’heure, le contexte est plutôt favorable aux emprunteurs.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO


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