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Filière Bio : l’appel à la structuration lancé

Maroc Bio lance un appel aux associations régionales et aux opérateurs bio pour intégrer l’interprofession. L’objectif de créer un environnement adéquat sur l’ensemble de la filière, en partenariat avec le ministère de tutelle.  

Après la tenue de l’assemblée générale constitutive de l’interprofession Maroc Bio, le 16 juin, l’équipe élue s’est mise au travail rapidement, pour assumer les responsabilités de la filière biologique. La légalisation du processus de fondation de l’interprofession a été actée auprès des autorités, posant les bases indispensables d’une organisation forte et dynamique que les opérateurs du bio préparent depuis de longues années.

En effet, suite à des années d’engagement, de préparation, d’assainissement et de correction réglementaire, mais aussi, l’importance de regrouper les opérateurs bio, que l’interprofession de l’agriculture biologique a été créée. Ceci tout en respectant la mise en place de comité de préparation constitué des représentants de l’aval (fédération FAMIBio) et des représentants de l’amont (responsables de régions dynamiques, en termes de surface des terres agricoles bio).

Problème de représentativité
Aujourd’hui des initiatives louables de la part d’opérateurs bio, qui ont été soutenus par les directions régionales, ont été actées. On parle, notamment, de l’engagement des régions de Marrakech, Agadir et Meknès. Justement, dans ce sens un premier événement réussi a été tenu à Meknès le 5 juillet, organisé par l’association régionale des agriculteurs de la région de Fès-Meknès et le pôle de compétitivité Agrinova, soutenu par la Direction Régionale de l’Agriculture.

Obstacles à l’amont
Toutefois, au niveau de l’amont, l’interprofession rencontre encore des freins de structuration. «A un moment donné, nous avions en face des associations régionales où beaucoup d’opérateurs qui s’organisaient n’étaient pas certifiés bio et ne respectaient pas les engagements dictés par la loi 39-12», affirme dans ce sens Slim Kebajj, président de l’interprofession Maroc Bio. Dans cette même loi, il est spécifié que la représentativité des régions dans l’interprofession dépend de la surface agricole qui produit du bio, alors que certains acteurs demandent une égalité de représentativité entre les régions. «Aujourd’hui, il est clair que les collèges de l’amont et de l’aval doivent exister sous la même interprofession et qu’il y ait parité entre les deux», note notre interlocuteur.

Appel aux professionnels
C’est ainsi que l’interprofession lance un appel aux associations régionales de producteurs bio – et qui ont les documents légaux – et qui ne l’ont pas encore rejoint, de le faire dans les délais les plus brefs et de suivre pour cela la loi 39-12 qui réglemente l’appartenance à l’interprofession. «Nous invitons également les opérateurs qui ont besoin de faire partie d’un mouvement régional sérieux et représentatif, et ont hâte de défendre leurs intérêts dans un cadre responsable, de s’organiser en conséquence», assure le président de l’interprofession.

En d’autres termes, Maroc Bio souhaite accueillir tous les professionnels du bio, dans les associations régionales à l’amont, et dans la fédération FAMIBio à l’aval, qui seront ainsi représentés au sein de l’interprofession. Pour les représentants de l’interprofession, «le temps de la maturité et de la sagesse est donc venu, en cohérence avec les valeurs et la déontologie de la philosophie bio». Et ce, dans le but de créer un environnement adéquat sur l’ensemble de la filière, en partenariat avec le ministère de tutelle. Le temps est aussi venu de mettre en place des programmes ambitieux de développement de l’offre et de la demande, et partant de croissance du marché national.

«Il est temps enfin de parler aux consommateurs et aux pouvoirs publics avec crédibilité et unité, en présentant l’image d’une filière attractive et harmonieuse», estime-t-on auprès de Maroc Bio. Aujourd’hui, et bien que la filière du bio assure une croissance continue depuis plusieurs années, des statistiques exactes sur sa représentativité ne sont pas encore disponibles.

Toutefois, Slim Kebbaj assure qu’ils sont entre 350 et 400 opérateurs œuvrant dans le marché. Une situation qui devrait certainement changer dans les mois à venir, avec l’organisation de plus en plus avancée de la filière.

Slim Kabbaj,
Président de l’interprofession Maroc Bio

 

«Le groupe de travail public-privé chargé depuis plusieurs mois d’élaborer le contrat-programme 2022-2030 est en train de boucler la version finale, afin de préparer sa signature puis le démarrage des projets tant attendus par les professionnels du secteur. Tous les aspects relatifs au bio sont intégrés dans ce contrat programme. Il démontre la priorité qui est donnée par le gouvernement à notre filière dans le cadre de la stratégie Génération Green, et ce conformément à ce qui avait été présenté devant Sa Majesté.

La priorité a ainsi été donnée aux investissements dans la filière. Nous avons de quoi travailler pendant les sept années à venir. Le premier axe concerne d’abord l’agriculture, à travers la conversion du conventionnel vers le bio, ceci passera par des subventions importantes qui vont aider les agriculteurs.

Puis viennent la sensibilisation et la formation, car les opérateurs ont besoin de se faire accompagner dans ce métier complexe, pour respecter les cahiers des charges. Plus encore, plusieurs actions sont prévues notamment pour faciliter l’accès aux semences.

Plus encore le contrat programme prône une politique Made in Morocco, notamment en ce qui concerne le volet transformation, la distribution, l’export. Le contrat programme répond à toutes les contraintes que la filière affronte depuis quinze ans».

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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