Éco-Business

Dessalement d’eau de mer : après la station de Sidi ifni, l’ONEE envisage celle de Tiznit

Afin d’assurer et de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la ville de Tiznit et des centres relevant d’elle, l’ONEE-Branche Eau a lancé une étude portant sur une unité de dessalement d’eau de mer, à l’instar de celle de Sidi Ifni. À noter que cette dernière, qui utilise les forages côtiers comme technique de captage d’eau de mer, sera mise en exploitation en septembre 2023.

La station de dessalement de Sidi Ifni, qui se base sur les forages côtiers comme technique de captage d’eau de mer, sera mise en exploitation dès septembre 2023. Dans le même sillage, l’ONEE-Branche Eau, à travers sa Direction de la recherche et planification de l’eau, a lancé une étude pour la réalisation d’un autre projet de dessalement à Tiznit. L’étude, dont l’ouverture des plis est prévue le 25 novembre 2022, fera l’objet de deux missions qui nécessiteront un délai global d’exécution de l’ordre de 10 mois.

Dans le détail, il s’agit de l’étude technique et de l’étude d’impact sur l’environnement (EIE). L’étude technique va consister à déterminer tout d’abord les zones qui seront alimentées à partir du projet ainsi que la capacité de production de la station de dessalement de l’eau de mer, en tenant compte de son éventuelle évolution dans le temps, en plus du schéma d’implantation optimal de la station. Quant à la seconde mission, elle prendra en considération la réglementation en vigueur, notamment la loi 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement.

Aujourd’hui, l’alimentation en eau potable des villes de Tiznit et Sidi Ifni, ainsi que des centres ruraux environnants, est assurée à partir des ressources en eaux du sud du bassin hydraulique de Souss-Massa. Cet approvisionnement provient, d’une part des eaux régularisées de l’oued Massa, à travers le barrage Youssef Ibn Tachfine – qui affiche actuellement moins de 13% de taux de remplissage- et d’autre part, des ressources en eau souterraines.

Youssef Ibn Tachfine : alerte sur la sécurisation en eau
Le barrage de Youssef Ibn Tachfine contribue actuellement à l’approvisionnement en eau potable de la ville de Sidi Ifni et de quelques centres ruraux relevant de cette province, en attendant la mise en service de la station de dessalement de Sidi Ifni, en cours de réalisation par l’ONEE-BO.

Cette dernière aura une capacité de 8.640 m3/j avec une extension d’une capacité additionnelle équivalente, dans le cadre du PNAEPI 2027. Selon la dernière réunion de la commission provinciale de l’eau, tenue en août dernier, cette unité a affiché un avancement de l’ordre de de 58%. S’ajoutent à cela les besoins en eau d’irrigation des périmètres modernes du Massa consacrés essentiellement aux primeurs et aux agrumes (qui couvrent une superficie de 18.000 ha), ainsi que des périmètres traditionnels non réhabilités de Tassila Oughzifen (1.200 ha).

Cependant, le bassin de Souss-Massa souffre, selon l’ONEE-Branche Eau, d’un déficit croissant lié au déséquilibre entre l’offre et la demande, suite à la hausse continue des besoins et à la saturation des ressources en eau mobilisées. Etant donné les aléas climatiques et les fluctuations importantes des précipitations sur des périodes et des séquences de plus en plus fréquentes, cette situation ne cessera de s’aggraver, notamment au niveau de la retenue du barrage Youssef Ibn Tachfine. Lequel risque en conséquence de ne plus pouvoir sécuriser les besoins, tant en eau potable que d’irrigation. C’est dans ce contexte que le recours au dessalement d’eau de mer, à travers ces deux stations, s’avère indispensable pour assurer et sécuriser l’approvisionnement en eau potable de Sidi Ifni et Tiznit tout en soulageant la pression sur les ressources du bassin de Massa.

Adduction d’eau : dédoublement en cours des infrastructures
Par ailleurs, l’étude permettra aussi d’analyser l’opportunité d’étendre la station de dessalement de Sidi Ifni afin de couvrir les besoins en eau au niveau de cette zone. Pour rappel, dans le cadre du programme intégré de développement des provinces du Sud, une enveloppe de 380 MDH a été consacrée à la réalisation des projets structurants pour le renforcement et la sécurisation de l’approvisionnement de l’eau de mer de la province de Sidi Ifni.

Parmi ceux-ci, la station de dessalement de l’eau mer de Sidi Ifni de dimension moyenne. S’agissant du dédoublement des infrastructures d’adduction d’eau entre les provinces de Tiznit et Sidi Ifni, les travaux sont avancés à hauteur de 80% alors que ceux entre Tiznit et Lakhassas ne le sont qu’à hauteur de 10%, à fin août 2022, avec une mise en exploitation prévue en décembre 2023.

Ce projet englobe la construction de six forages côtiers pour le pompage de l’eau de mer. Cette eau sera acheminée par la suite vers l’usine par une conduite, sur une distance de 4,4 km. À terme, la station de dessalement de Sidi Ifni disposera d’une capacité globale de production d’eau potable de 17.280 m3 par jour (24 h/24), à atteindre en deux phases. La première porte sur une capacité de 100 litres par seconde (l/s) d’eau potable. La seconde concerne la réalisation d’une extension supplémentaire de 100 l/s également,, portant la capacité globale de traitement à 200 l/s.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

Dossiers d’investissement : réduction de 45% de la paperasse à partir de 2023



Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Bouton retour en haut de la page