Éco-Business

Coût de la vie : l’inflation à 5,6% en mai

Selon la dernière note de conjoncture du Haut-Commissariat au plan, les hausses des prix des produits alimentaires et non alimentaires, observées entre avril et mai 2022, ont largement reculé par rapport à ce qui se passe depuis décembre dernier. Toutefois, l’indice des prix à la consommation demeure à la hausse avec 0,3%. Ainsi, l’indicateur d’inflation sous-jacente s’est aussi apprécié de 1,2% sur un mois et de 5,6% sur une année.

Décidément, nous ne sommes pas encore sortis de l’inflation. Plus on avance dans l’année, plus on se rend compte, en effet, que ce que certains experts avaient prédit, à savoir qu’«il va falloir aussi apprendre à vivre avec l’inflation, comme nous l’avons fait avec le Covid-19» se vérifie ! Mais jusqu’à quand cette situation va-t-elle encore durer ? Nul ne le sait.


Pas même Bank Al-Maghrib (BAM), qui vient de braver l’opinion en maintenant son taux directeur inchangé à 1,5%, au moins jusqu’en septembre prochain (voir page  4, 5 et 6). En attendant, la conjoncture donne un peu raison au wali de BAM et à son équipe : les hausses de prix décroissent quelque peu.

Selon la dernière note de conjoncture du Haut-Commissariat au plan (HCP), les augmentations des prix des produits alimentaires et non alimentaires, observées entre avril et mai 2022, ont largement reculé par rapport à ce qui se passe depuis décembre dernier.

L’indice des prix à la consommation (IPC) n’a connu, au mois de mai, qu’une hausse de 0,3% par rapport au mois précédent, alors que ce même indicateur a crû de 1,8% au cours du mois d’avril dernier, par rapport au mois précédent où il avait connu également un renchérissement de même niveau entre les troisième et second mois de l’année. Autrement dit, l’indice a baissé de 1,5 point entre avril et mai, soit à un rythme 6 fois moins élevé qu’auparavant. Ce n’est par rien !

Flambée des prix des «Huiles et graisses»
Selon le HCP, cette variation de l’IPC, par rapport à la surchauffe d’avant, est le résultat de la hausse de 0,6% de l’indice des prix des produits non alimentaires et de la baisse de 0,2% de celui des prix des produits alimentaires. Les baisses de prix de ces derniers, observées entre avril et mai, concernent principalement les «Légumes» (-8%), les «Fruits» (-6%), les «Poissons et fruits de mer» (-5,6%) et le «Lait, fromage et oeufs» (-0,3%).

En revanche, les prix ont augmenté de 8,5% pour les «Huiles et graisses», de 2,3% pour les «Viandes» et de 0,7% pour le «Pain et céréales». Pour les produits non alimentaires, la hausse a principalement concerné les prix des «Carburants» avec 3%. Par contre, entre mars et avril, la hausse de l’IPC résultait de la hausse de 3% de l’indice des produits alimentaires et de 0,9% de celui des produits non alimentaires.

Les hausses des prix des produits alimentaires ont concerné, notamment, les prix des «Fruits» avec 12,3%, ceux des «Poissons et fruits de mer» (+9,8%), les «Huiles et graisses» (+5%), les «Légumes» (+2,9%), les «Viandes» (+1,8%), les «Pain et céréales» (+1,4%) et le «Café, thé et cacao» (+0,3%). En revanche, les prix ont diminué de 0,5% pour les «Lait, fromage et œufs».

Hausse de 16,2% des prix des carburants en deux mois
Autrement dit, sur deux mois, c’est-à-dire entre mars et mai, les indices des produits alimentaires et non alimentaires ont continué à s’inscrire à la hausse, mais à des rythmes beaucoup moins élevés. Par exemple, si l’indice des produits alimentaires a enregistré une hausse de 3% entre mars et avril, son évolution n’a pas dépassé +0,2% entre avril et mai.

Ce qui veut dire que les produits alimentaires, qui composent le gros du panier de la ménagère, sont devenus, en l’espace d’un mois, beaucoup plus accessibles. Sauf les «Huiles et graisses», qui ont cumulé une hausse de 13,5% sur la période, ce qui a poussé les pouvoirs publics à agir en suspendant les droits de douane précédemment appliquées sur les graines oléagineuses (voir Les Inspirations Éco N°3126, page 8) ; mais également les «Viandes» avec une hausse de 4,1% sur deux mois et les «Pain et céréales» (+2,1%).

Si l’on regarde aussi de plus près l’indice des produits non alimentaires, on constate que les «Carburants» ont cumulé sur deux mois une hausse de 16,2%, soit +13,2% entre mars et avril et une autre beaucoup moins forte de +3% entre avril et mai. En tout cas, cela fait que le «Transport » pèse encore lourdement sur les charges. Du coup, cette embellie de l’IPC, entre avril et mai, n’est qu’apparente.

En effet, comparé au même mois de l’année précédente, l’IPC a enregistré une augmentation de 5,9% au cours du mois de mai 2022, conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 8,4% et de celui des produits non alimentaires (+4,1%). Pour les produits non alimentaires, les variations vont de +0,1% pour la «Communication» et la «Santé» à +14,0% pour le «Transport».

Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et ceux à tarifs publics, aurait connu au cours du mois de mai 2022 une hausse de 1,2% par rapport au mois d’avril de la même année et de 5,6% par rapport au mois de mai 2021.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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