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CESE : les femmes demeurent à la marge du développement

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le CESE appelle à entreprendre des mesures urgentes pour promouvoir l’émancipation et l’épanouissement des femmes marocaines.

Pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le message est clair : un pays ne peut prétendre à un quelconque développement et progrès si la moitié de sa force vive -à savoir les femmes- en est exclue. À l’heure où le Maroc se mobilise pour aller vers un modèle de développement plus inclusif, pour le CESE, il est inconcevable que des femmes subissent des violences et restent en marge des sphères de la vie socio-économique et civique. Le conseil appelle donc à la nécessité d’opérer plusieurs changements pour promouvoir les droits des femmes. Dans cette perspective, le conseil rappelle que trois grands changements, issus des rapports, consacrés à la promotion de l’égalité des sexes et la lutte contre toutes les formes de discrimination, sont à opérer.


Verrouiller les lois
Premièrement, il s’agit de changements dans le cadre institutionnel et juridique à travers, notamment, l’harmonisation de la législation nationale avec les principes et dispositions de la Constitution et des conventions internationales des droits humains, ratifiées par le Maroc et portant sur la prévention et l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Le CESE cite également la nécessité d’ériger la promotion de l’égalité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles en cause nationale prioritaire traduite dans une politique publique globale et transversale, s’appuyant sur un budget clairement identifié et sanctuarisé. Le CESE appelle aussi à conditionner une partie de la subvention publique accordée aux partis politiques, aux syndicats et aux associations à l’atteinte d’un niveau minimum de représentativité de 30% des femmes dans leurs instances dirigeantes.

Enraciner les principes de l’égalité
Des changements opérationnels doivent également s’opérer pour assurer aux femmes les conditions d’accès au travail rémunéré et les sécuriser vers et sur les lieux du travail. Pour ce faire, il faudra, selon le CESE, amorcer un plan national d’ouverture de crèches publiques ou en entreprises dans l’ensemble du territoire, et flexibiliser les horaires de scolarité des enfants. Il faudra aussi mettre en place des mesures actives positives et ciblées pour garantir la parité dans l’accès aux postes de responsabilités dans la fonction publique. Flexibiliser davantage le recours aux nouvelles formes de travail au sein des entreprises (télétravail, travail à mi-temps, flexibilité des horaires…), tout en favorisant l’accès de la femme rural au travail rémunéré, et améliorer son autonomie financière. Le CESE appelle par ailleurs à procéder impérativement à des changements socio-culturels pour enraciner les principes de l’égalité dans la société. Il est urgent donc de promouvoir le débat public pour faire évoluer les mentalités sur les questions liées au mariage des enfants, à l’interruption volontaire de grossesse, et aux procédures successorales… Amorcer l’éducation sexuelle dans les écoles pour inculquer aux enfants les principes de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’émancipation des femmes passe inévitablement par casser le «plafond de verre» que représentent l’ensemble des barrières sociétales et psychologiques et qui tend à favoriser l’immobilisme féminin et renvoyer les femmes systématiquement à une position d’infériorité et de subordination.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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