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Abdou Diop: « Le marché de l’audit évolue pour répondre aux besoins et attentes des clients »

Abdou Diop. Managing Partner de Mazars au Maroc

Comment se porte le secteur de l’audit au Maroc ? Est-ce que ce qui s’y passe va dans le même sens que les résultats de l’étude que vous avez réalisée, c’est-à-dire un besoin de réformes et d’amélioration ?
Compte tenu des mutations que nous vivons, que ce soit au niveau national et international, le marché de l’audit ne peut qu’évoluer pour mieux répondre aux différents besoins et attentes des clients. Nous avons une responsabilité pour l’améliorer. Certes, sur un plan purement législatif, il n’y a pas eu de changements majeurs au Maroc comparativement à des pays européens par exemple où la réforme de l’audit engagée depuis quelques années a apporté son lot de nouveautés. Par contre, notre marché a évolué dans le sens où l’auditeur n’est plus considéré comme une personne certifiant seulement des comptes ; il est bien plus que cela. Il est un partenaire de choix pour l’entreprise, qui l’accompagne pour aller au-delà des chiffres. La transparence financière exigée par les marchés nous conduit également à œuvrer pour l’atteindre tout en donnant des informations justes et fiables et en élaborant des rapports extra-financiers. Nous n’attendons pas qu’il y ait des normes ou des obligations pour le proposer à nos clients. Nous anticipons l’avenir. La technologie n’est pas en reste. Elle apporte une valeur ajoutée aux processus d’audit. Elle modifie le rôle de l’auditeur, crée de nouvelles opportunités et constitue un levier important pour l’évolution de notre métier. Cependant, elle ne nous remplace pas. Les conclusions de l’étude que Mazars a réalisée sur l’avenir de l’audit dans plusieurs pays dont le Maroc nous confortent alors dans tous les changements qui s’opèrent progressivement sur notre marché, à savoir que la technologie est importante, que les compétences des auditeurs vont au-delà de leur expertise (compétences comportementales souhaitées), que l’audit dépasse l’élaboration d’un «simple» reporting financier et que les services sont plus élargis, etc.


À votre avis, qu’elle est l’attente majeure des entreprises marocaines en matière d’audit ?
Les attentes sont les mêmes quel que soit le lieu où les entreprises sont basées. Les entreprises ont besoin d’auditeurs qui les accompagnent, qui développent des services plus étendus que la certification des comptes elle-même, de réactivité et proactivité, de transparence et de communication. Des auditeurs qui apportent des réponses adaptées aux attentes, qui vont au-delà des enjeux de conformité pour contribuer à la maîtrise des risques et éviter les mauvaises surprises.

Les entreprises marocaines sont-elles aujourd’hui prêtes pour le co-commissariat aux comptes pour lequel l’étude affiche un vrai engouement ?
Selon les conclusions de l’étude menée par Mazars, le co-commissariat aux comptes est très bien compris et même demandé. Les sociétés le considèrent comme un moyen d’améliorer les audits, de conforter la confiance dans les rapports financiers et de renforcer l’indépendance de l’auditeur. D’ailleurs, je voudrais préciser que le co-commissariat aux comptes existe déjà au Maroc pour les sociétés cotées ou faisant appel public à l’épargne ainsi que les secteurs régulés (établissements de crédit, assurance, etc). Nous gérons diverses missions dans ce sens avec nos confrères et cela se passe très bien.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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