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Abdelkrim Ait Lhaj : “La représentation des agriculteurs est la mission phare de la Chambre”

Abdelkrim Ait Lhaj
Président de la Chambre régionale d’Agriculture de Drâa-Tafilalet

Le président de la Chambre agricole régionale de Drâa-Tafilalet expose, dans cet entretien, l’apport de l’établissement qu’il dirige, en matière de développement agricole, mais aussi en tant que fédérateur et défenseur des intérêts des agriculteurs et éleveurs de la région. 

Au-delà de sa mission consultative et représentative, comment la Chambre régionale d’agriculture de Drâa-Tafilalet compte renforcer son rôle dans le cadre du Nouveau modèle de développement et de la régionalisation avancée ?
Le rapport de la Commission spéciale sur le Nouveau modèle de développement trace clairement le chemin à emprunter pour atteindre les objectifs escomptés de développement au niveau régional. Ce Nouveau modèle de développement se veut être un appel général à la mobilisation pour construire, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc des Régions conformément aux aspirations de ses citoyens. En tenant compte des atouts de la région Drâa-Tafilalet, notamment sa position géographique et son histoire séculaire, en tant que berceau de la dynastie alaouite, la Chambre agricole régionale a déjà renforcé son rôle à travers tout d’abord sa mission de plaidoyer et force de proposition. En effet, la Chambre joue le rôle de défenseur des intérêts des agriculteurs et éleveurs. En second lieu, elle a renforcé ses actions de développement agricole en faveur des différents maillons de son secteur d’activité, notamment le renforcement des programmes de formation et de sensibilisation. De surcroît, la Chambre prête aussi une importance cruciale à la question de l’environnement, de l’écologie et la biodiversité, en l’occurrence le système oasien.

Il s’agit aussi de la valorisation du savoir-faire local. En outre, un intérêt particulier a été donné au sein de la Chambre à la question des partenariats. Dans ce sens, la Chambre d’agriculture de la Région Drâa-Tafilalet a signé, à Errachidia, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche scientifique et de l’innovation, du wali de la Région Drâa-Tafilalet, et du président du Conseil régional, vendredi 27 mai 2022, une convention de partenariat visant la promotion de la recherche-développement.

Plusieurs conventions de coopération sont également programmées lors de cette mandature, notamment avec le Centre régional d’investissement (CRI) de Drâa-Tafilalet qui demeure un partenaire stratégique. Il s’agit aussi des Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) de Tafilalet et d’Ouarzazate ainsi que la Direction régionale de l’Office national du conseil agricole (ONCA) et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). La Chambre prévoit également la signature d’une convention de partenariat avec l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II et l’École nationale d’agriculture de Meknès.

Cette saison agricole a été marquée par un grand déficit pluviométrique. Face aux répercussions de cette conjoncture, quelles sont les mesures prises pour soutenir les professionnels ?
En effet, la saison agricole a été marquée par un grand déficit pluviométrique. Dans ce sens, le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a lancé, en mars dernier, à Midelt, le programme d’atténuation du déficit pluviométrique sur le secteur en menant des actions concrètes au profit des agriculteurs. Face aux répercussions de cette conjoncture, la Chambre régionale a pris plusieurs mesures, notamment la mise en œuvre de la distribution de l’orge subventionnée et des aliments de bétail au niveau des communes relevant de la région.

Ce sont les membres de la Chambre qui contribuent à la mise en œuvre de ce programme. Deuxièmement, nous avons lancé des campagnes de sensibilisation sur la gestion rationnelle de l’eau à travers l’usage des techniques d’économie d’eau, notamment le goutte à goutte, et bien d’autres, compte tenu du déficit pluviométrique enregistré dans la région. Il s’agit aussi de l’organisation des campagnes de sensibilisation contre les incendies des oasis.

Récemment, ce phénomène a pris de l’ampleur à cause notamment de la récurrence des années de sécheresse, d’où la prise de mesures préventives contre les incendies de palmeraies pour contrer ce problème. Dernier point et non des moindres : la mobilisation des eaux souterraines.

Dans ce sens, la Chambre agricole régionale prévoit le lancement des appels d’offres de l’ordre de 10 MDH pour le creusement et l’équipement des puits avec l’installation des plaques solaires pour le pompage d’eau en faveur des coopératives agricoles, mais aussi au profit des éleveurs et des nomades pour assurer l’abreuvement des cheptels. Dans le cadre d’une convention de partenariat avec le Conseil régional de Drâa-Tafilalet, ce dernier a contribué à hauteur de 5 MDH pour aider la Chambre régionale à la réalisation de ce programme.

L’Agence nationale des zones oasiennes et de l’arganier contribue aussi à hauteur de 1,6 MDH à ce programme. Je voudrais à cette occasion remercier le président du Conseil régional ainsi que le directeur général de l’ANDZOA pour leur soutien habituel à notre institution.

La Chambre joue un rôle fédérateur. De quelle façon contribue-t-elle à la représentation et à la défense des agriculteurs et des éleveurs auprès des pouvoirs publics ?
La représentation des agriculteurs est la mission phare de la Chambre auprès des pouvoirs publics. Nous avons aussi un rôle de plaidoyer en défendant les intérêts des agriculteurs et des éleveurs. La Chambre reçoit beaucoup de doléances émanant de ses membres qui sont éparpillés sur le territoire de la région. Notre rôle est de remonter ces sollicitations et assurer leur suivi avec les différentes parties prenantes en vue de trouver des solutions appropriées. En se référant au statut de la Chambre, elle fait partie également des établissements consultés pour l’élaboration des différentes stratégies et visions publiques.

Elle est aussi membre du Conseil d’administration des Offices régionaux de mise en valeur agricole de Tafilalet et d’Ouarzazate et elle participe également aux réunions du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Rhéris, de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation, en plus des réunions de planification stratégiques de l’ANDZOA. Par ailleurs, la Chambre organise aussi des campagnes de vulgarisation et de sensibilisation tout en participant et en organisant des foires et des salons agricoles. Elle contribue aussi au renforcement des capacités des organisations professionnelles.

Quel regard portez-vous sur le nouveau Plan agricole régional (PAR) et comment comptez-vous accompagner sa mise en œuvre ?
Le PAR revêt une extrême importance pour la région puisqu’il a été élaboré conformément aux orientations de la stratégie Génération Green 2020-2030. Cette dernière place l’humain au cœur de ses préoccupations. Il vise, en vertu de son premier fondement, à contribuer à l’émergence d’une classe moyenne agricole, à dynamiser la jeunesse rurale tout en développant le capital humain et structurer davantage les agriculteurs autour des organisations professionnelles. La pérennité de développement agricole constitue le second axe de cette stratégie. En tant que Chambre agricole régionale, nous accompagnons la mise en œuvre de ce plan à travers le renforcement des actions en matière d’accompagnement de la classe moyenne pour l’élément humain.

Il s’agit aussi de mener des interventions et des programmes de terrain portant sur l’accompagnement des jeunes entrepreneurs agricoles et d’encourager la nouvelle génération, notamment les coopératives, les groupements d’intérêt économique ainsi que la valorisation et la commercialisation des produits de terroir qui restent un frein à nos produits.

Pour le volet afférent à la pérennité de cette stratégie, il s’agit de consolider les filières agricoles, notamment les dattes, la pomme, la rose et le safran en plus des plantes aromatiques et médicinales ainsi que l’apiculture. Parmi les actions initiées par la chambre figure l’organisation chaque année d’un Salon régional des produits de terroir et sa participation active aux différents salons et foires agricoles, ainsi que l’organisation de voyages d’études à l’échelle nationale et à l’étranger.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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