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Automobile : le « Profil de l’acheteur » au Maroc (étude)

Selon l’étude «Profil de l’acheteur» de véhicule neuf en 2020, l’emprunt moyen en 2020 s’est étalé sur 52 mois contre 48 mois en 2019. Un record. Décryptage.

Les Marocains s’endettent davantage pour acheter leur nouveau véhicule. C’est ce qui se dégage du «profil de l’acheteur» de véhicules neufs en 2020. Le portrait présenté lors de la conférence-bilan de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) se base sur les chiffres remontés par les organismes de financement. En 2020, l’acquéreur de voitures neuves (VN) garde globalement les mêmes caractéristiques qu’en 2019, excepté l’apport personnel qui baisse du fait du recul du crédit gratuit et un allongement de la durée. Le prix moyen des voitures achetées en 2020 est de 244.000 DH contre 235.000 DH une année auparavant. Le financement se fait à 34% par fonds propres (contre 35% en 2019), le reste par emprunt (ou formule de location) sur une durée moyenne de 52 mois. Un record. Comparé aux trois dernières années, en 2020, l’acheteur a rallongé de quatre à cinq mois la durée de l’emprunt ou des formules de location. Vu l’incertitude causée par la pandémie et la baisse du pouvoir d’achat, beaucoup ont préféré réduire leur mensualité pour augmenter leur reste à vivre ou étaler le remboursement dans le temps.


Au passage, Bank Al-Maghrib a alerté dans sa dernière publication sur la hausse des crédits bancaires et les impayés des ménages. Selon les chiffres de l’AIVAM, les ventes de voitures neuves se sont situées à 133.308 unités à fin décembre 2020, en régression de 19,7% par rapport à l’année précédente. Un peu mieux que ce que prévoyaient des experts du cabinet Frost & Sullivan, lors du webinaire organisé le 17 juin dernier par l’AIVAM en partenariat avec le cabinet de conseil américain. Deux scénarios étaient sur la table des analystes à ce moment-là : un rebond des ventes qui terminerait 2020 avec une baisse de 23,1% par rapport à 2019 et un autre scénario beaucoup plus pessimiste, avec une «deuxième vague», où les ventes annuelles devraient baisser de 43,5%. Soulignons que le marché a déjà connu une baisse de 6,5% en 2019, pour un total de 165.918 immatriculations enregistrées. L’âge moyen de l’acheteur de VN est de 44 ans, inchangé par rapport à 2019. 16% des acheteurs ont moins de 30 ans et 65% sont des hommes contre 63% en 2020.

Faiblesse des taux
Les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib auprès des banques relatifs au troisième trimestre 2020 indiquent la poursuite de la baisse des taux. Ainsi, le taux moyen global est revenu à 4,30%, en recul de 28 points de base par rapport au trimestre précédent. Portée par des taux débiteurs en baisse, la durée moyenne d’emprunt pour l’achat d’un véhicule neuf s’est allongée en 2020. En 2017 et 2018, la durée moyenne des prêts était de 47 mois. En 2019, elle est passée à 48 mois, pour dépasser les 50 mois en 2020.

Perspectives 2021
S’agissant des perspectives, l’AIVAM prévoit un retour à la croissance pour le marché de l’automobile en 2021, tablant sur 145.000 à 150.000 ventes. Pour les taxis, le maintien de subvention devrait garder la tendance actuelle au même niveau (7.000 véhicules courant 2021 dans ce segment). Enfin, 2021 sera marquée par plus d’écologie et, par la force des choses, par la digitalisation de la relation client et de l’administration.

Le SUV, premier segment du marché
Dominant le marché automobile, le segment SUV s’en sort plutôt bien et décroît moins que la moyenne. Tanger n’a pas trop à se plaindre avec -2% et Agadir se positionne comme 3e pôle du pays. Marrakech connaît la baisse la plus importante avec -31%. Pour ce qui est du premium, il sous-performe le marché général. Le marché des énergies alternatives reste marginal vu «l’absence de subventions franches et une feuille de route claire pour la mobilité durable». Le véhicule d’occasion n’est pas en reste avec un recul de 30% des mutations et de 60% d’importations VO dénotant une consommation en retrait. Le profil client, lui, gardera les mêmes caractéristiques, excepté l’apport qui baisse légèrement du fait du recul du crédit gratuit et un rallongement de la durée du financement. 

Modeste Kouame / Les Inspirations Éco

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