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Stratégie digitale : L’e-gov en locomotive

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Les opérateurs du secteur des TIC attendent l’activation des mesures de la Stratégie digitale 2020. Une première étape consiste à opérationnaliser l’Agence du développement du numérique. Les différents programmes liés à l’e-gov devraient donner du grain à moudre aux PME du secteur. Pour les opérateurs, le prochain gouvernement devra ériger ces questions en priorités.


La transformation digitale de l’économie peine à se concrétiser ! «Malgré le lancement en juillet dernier de la vision Maroc Digital 2020, le retard sur la formation du gouvernement entrave l’exécution de cette stratégie», regrette Saloua Karkri-Belqziz, présidente de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI). L’association, qui a tenu son Assemblée générale ordinaire le 31 janvier, a présenté vendredi dernier son rapport moral 2016 ainsi que ses projets dans le cadre de la Vision nationale 2020. Pour l’APEBI, l’activité du secteur a poursuivi sa dégringolade malgré l’optimisme des opérateurs suite au lancement de la nouvelle stratégie. Celle-ci a intégré la logique des écosystèmes au monde des nouvelles technologies, ce qui est de bon augure pour le développement du secteur. L’ambition du plan d’action adopté par le ministère de l’Industrie étant notamment de faire émerger un écosystème numérique national promouvant des locomotives sous-sectorielles et des «rising stars» du secteur des TIC.

Crise
«Malgré un sursaut en fin d’année, l’activité du secteur a finalement connu une baisse importante en 2016. Nous avons touché le fond et nous pouvons dire qu’il y a aujourd’hui une crise dans le secteur», regrette la présidente de l’APEBI. Pourtant, les opérateurs demeurent confiants. «Pour peu que l’on active dans les plus brefs délais l’agence du développement du numérique ainsi que la cellule d’animation pour le secteur de l’offshoring», précise Karkri-Belqziz. L’agence aura d’ailleurs un rôle fondamental à jouer dans la reprise attendue dans le secteur. Elle sera dotée des moyens et pouvoirs nécessaires pour mener à bien sa mission en tant que coordonnateur et force de proposition notamment sur le plan législatif. «Nous savons que le texte de loi a été déposé au Parlement, nous espérons qu’il sera adopté au courant de la session d’avril», exprime la présidente de l’APEBI. Pour la nouvelle équipe de la fédération, la dynamique du secteur sera principalement tirée par le programme e-gov.

La Vision 2020 vise à ce titre un re-engeneering de l’administration ainsi qu’une rationalisation et une modernisation des différentes plateformes de l’État. Il s’agira notamment de réduire la fracture numérique à travers la mise en place de plusieurs plateformes de résorption des inégalités et d’impact citoyen et de s’engager dans une transformation sectorielle intégrée visant notamment la modernisation des PME par le digital. Autrement dit, les professionnels attendent avec impatience le lancement des prochains appels d’offres publics afin d’injecter du dynamisme dans le secteur. Il est à noter que le financement des ambitions de la Stratégie 2020 se fera non seulement via le budget de l’État mais également à travers les financements des bailleurs de fonds étrangers. Et pour cause, les ambitions du royaume sont énormes: le Maroc vise à s’inscrire dans le TOP 3 du classement MEA (Middle East and Africa) à l’horizon 2020 et dématérialiser plus de 50% des démarches administratives. Il s’agit également de réduire le gap d’accès numérique de 50% et d’équiper 20% des PME en outils productifs via Internet.

Ciblage
Pour l’APEBI, le prochain gouvernement devra mettre le digital au cœur de sa politique et l’intégrer dans le cadre de son programme présenté devant le Parlement. «Il ne s’agit pas seulement de développer le tissu économique mais aussi et surtout le secteur public dans des activités comme la santé, le tourisme, la justice, l’éducation, le service aux citoyens ou encore la lutte contre la corruption. L’administration devra jouer un rôle proactif à ce niveau», précise Aziz Daddane, vice-président général de l’APEBI. «L’ensemble des critères utilisés dans les classements internationaux comme le Doing Business peuvent être améliorés par le digital, c’est donc une question qui dépasse le seul cadre des entreprises du secteur». Pour les professionnels du secteur, les solutions IT peuvent répondre à certaines grandes difficultés socio-économiques comme celle du ciblage des citoyens les plus nécessiteux dans le cadre de la réforme de la compensation ou encore les questions de sécurité sociale.  


Délais de paiement, l’asphyxie

Le secteur est particulièrement affecté par les questions de délais de paiement. Certaines activités, comme les services informatiques, sont souvent les dernières à être payées par les entreprises clientes. Les délais de paiement se situent généralement entre 120 et 150 jours, ce qui installe un climat d’asphyxie chez plusieurs PME du secteur. Une situation qui renforce le risque de défaillance d’entreprise. «Certaines PME membres de l’APEBI ne sont même pas capables de payer leur cotisations à temps», relève la présidente de l’APEBI. La fédération a, d’ailleurs, accueilli 50 nouveaux membres entre 2016 et 2017.

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