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Rio 2016 : La fuite en avant du comité olympique

Au lendemain des JO 2016 à Rio, le Comité national olympique marocain (CNOM) choisit l’attaque comme meilleur moyen de défense. Au lieu de présenter un bilan détaillé de la prestation de la délégation marocaine,  le CNOM fustige les fédérations sportives.

L’heure est au bilan. Le Maroc a réalisé sa plus médiocre performance olympique sur les dernières 35 années. Afin de mieux comprendre les causes de cette déconfiture, l’on s’attendait à un bilan détaillé de chacune des 13 disciplines ayant représenté le Maroc à Rio cette année. Il n’en est rien !

Fuite en avant
Avant même la fin de la grand-messe olympique, dimanche 21 août, le secrétaire général du Comité national olympique marocain (CNOM) et chef de la délégation marocaine, Noureddine Benabdenbi, a préféré anticiper la vindicte populaire en attaquant tous azimuts. De prime abord, il a choisi  quelques confrères présents sur place pour véhiculer son message au lieu d’attendre son retour au Maroc et l’organisation d’une conférence de presse ouverte à l’ensemble des médias nationaux. Toujours sur la forme, il ne présente pas un point détaillé par discipline mais lance en vrac des accusations contre tout le monde, notamment les fédérations sportives. Benabdenbi est resté vague sur les véritables prérogatives du CNOM, préférant braquer les projecteurs sur certains responsables de fédérations sans les nommer. In fine, la presse nationale présente à Rio a eu droit à un plaidoyer plutôt qu’à un bilan. Une sorte d’attaque caractérisée au lieu d’un exercice de reddition des comptes, pour annoncer, en fin de séance, qu’il allait quitter ses fonctions à l’issue de la tenue de l’assemblée générale prévue en décembre prochain. Une assemblée qui ne se tient plus (soulignons-le) depuis 2004 !

Et maintenant…
«Le Maroc n’a eu que ce qu’il mérite», lance une ancienne championne marocaine, rappelant que le sport national était jadis au sommet africain et qu’aujourd’hui il s’effrite. Contrairement à cette championne qui a requis l’anonymat, la perle olympique, Saïd Aouita, dit haut et fort tout le mal qu’il pense de l’athlétisme marocain. Se confiant à notre confrère Al-Massae, Aouita confirme que le Maroc dispose de champions pouvant trouver leur place sur les podiums, mais faute d’un management spécialisé et compétent, ces compétences sont marginalisées et donc perdues. La solution passe inéluctablement par une refonte des instances sportives au Maroc.

Le ministère de la Jeunesse et des sports doit être scindé pour ne s’occuper que du sport avec la nomination de ministres jeunes, dynamiques et fortement au fait de la chose sportive. Et cela, c’est la responsabilité des partis. Le CNOM, qui verra le départ de Housni Benslimane en décembre 2016, devrait être confié à une figure disposant d’une grande notoriété à l’échelle nationale et internationale, et justifiant d’une expérience dans le management sportif. Au niveau du sport phare, en l’occurrence l’athlétisme, il est temps que nos champions olympiques ou du monde prennent la responsabilité de la direction technique, avec des formations à l’étranger s’il le faut. À défaut de nommer les compétences qu’il faut, les Marocains auront toujours droit à des participations «folkloriques» où les délégations nationales s’illustrent pendant  quelques secondes de télévision en cérémonies d’ouverture et de clôture, sans plus !


 

Noureddine Benabdenbi
SG du CNOM

Le sport national est très loin du niveau mondial. Les fédérations sportives sont les seules responsables des résultats qui traduisent leur anarchie et la mauvaise gestion. À Tokyo en 2020, les choses seront pires qu’en 2016, si l’hémorragie n’est pas stoppée. Le CNOM a refusé de financer 8 MDH de concentrations jugées inappropriés mais a soutenu des concentrations longues comme celles des lutteurs qui sont restés deux années en Iran, mais n’ont rien gagné à Rio.

Fouad Meskout,
Président de la FRML

Benabdenbi ment. Dire que les lutteurs sont restés deux années en Iran est un pure mensonge. La FRML a organisé un stage de trois mois en partenariat avec la fédération iranienne.
 Noureddine Benabdenbi a déstabilisé nos champions en les privant de vitamines pendant plusieurs jours, et donc de concentration, avec des prétextes farfelus alors que c’est le CNOM qui les achètent pour nos lutteurs.

Saïd Aouita,
 Ex-DTN à la FRMA

Il faut décréter une DTN compétente etindépendante. Il est urgent de   nommer des responsables et encadreurs qui maîtrisent la gestion et l’organisation logistique et financière .
Préparer un champion olympique requiert une planification particulière à long terme. Enfin, Il faut accompagner la régionalisation par la mise en place de structures régionales avec pour vocation de dénicher les futurs champions .

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