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Dialogue social : Les syndicats sur des charbons ardents

Les syndicats attendent le chef de l’Exécutif de pied ferme. Les partenaires sociaux prônent une relance rapide du dialogue social dans le contexte actuel marqué par le mouvement de contestation du Rif et la préparation du projet de budget 2018.

Le chef de gouvernement est très attendu pour remettre la machine sociale en marche. Jusque-là, les syndicats restent sceptiques en dépit des engagements de Saâd-Eddine El Othmani à respecter l’institutionnalisation du dialogue social et ses directives de tenir des réunions sectorielles. Depuis l’investiture du gouvernement, le chef de l’Exécutif se veut rassurant quant à sa ferme volonté d’institutionnaliser le dialogue social. Il entend préparer le terrain par des concertations sectorielles. Il reste que  tous les départements doivent être réceptifs à ses orientations. En effet, le gel du dialogue social dans certains secteurs est pointé du doigt. Le parlementaire de la Confédération démocratique du travail (CDT) Abdelhak Hissane cite notamment le département de l’Intérieur, celui de l’Enseignement supérieur et l’ONDA.


Récemment, en séance plénière à la Chambre haute,  la CDT a interpellé à ce sujet le ministre du Travail et de l’insertion professionnelle, Mohamed Yatim. «En l’absence de l’institutionnalisation du dialogue social sectoriel, on ne peut pas réussir le dialogue social national», souligne le parlementaire Mbarek Sadi. Un avis visiblement partagé par le chef du département du Travail qui s’est engagé à transmettre cette doléance au chef de gouvernement pour renouveler sa circulaire incitant les départements ministériels à l’ouverture de dialogues sectoriels dans la perspective de la reprise du dialogue national dans les semaines à venir.

Aujourd’hui, après un quinquennat considéré comme blanc, les centrales syndicales estiment qu’il serait opportun d’initier le dialogue social national avec El Othmani dès maintenant pour, d’une part, s’entretenir sur les voies à même de désamorcer la crise sociale dans le rif et d’autre part, prendre en considération les priorités syndicales dans le projet de budget de 2018 en cours de préparation. C’est ce que tient à souligner aux Inspirations ÉCO la présidente du groupe parlementaire de l’Union marocaine du travail (UMT) à la Chambre des conseillers, Amal Amri, qui appelle à bien préparer la rentrée sociale. Outre ces deux points, le cahier revendicatif demeure le même.

Revendications
On s’attend à un bras de fer serré entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur plusieurs dossiers épineux, à commencer par la réforme du régime de retraite tant décriée par les partenaires sociaux. À ce titre, les syndicalistes plaident pour des concertations approfondies, contrairement à l’approche adoptée par le précédent gouvernement. La réforme paramétrique mise en place au forceps, l’an dernier, s’avère insuffisante, de l’avis même de la Cour des comptes. Le débat devra bientôt être relancé sur la réforme globale des retraites.

Sur le plan législatif, le projet de loi organique relatif à l’exercice du droit de grève ne devra pas passer comme une lettre à la poste. Le gouvernement est appelé à l’amender soit à travers sa majorité dans le Parlement, soit en le retirant et le révisant après des concertations avec les partenaires sociaux et économiques. À cet égard, Amal El Amri est on ne peut plus catégorique : le gouvernement gagnerait à écouter les remarques des syndicats sur ce texte car il est illogique de ligoter le droit de grève des travailleurs. À cela, s’ajoute le projet de loi régissant les syndicats, qui prévoit presque les mêmes modalités que la loi sur les partis politiques. Là encore, difficile de trouver un consensus autour de ce texte malgré la suppression de deux dispositions qui faisaient l’objet de discordes : la limitation d’âge pour les chefs de file des syndicats figurant sur l’ancienne mouture et le contrôle, par la Cour des comptes, des finances des syndicats, limité dans la dernière version aux subventions publiques. Un autre dossier risque d’attiser les tensions : la réforme du Code de travail promise par El Othmani. Une initiative saluée par le patronat et contestée par les syndicats qui refusent de s’aventurer en terrain miné. Le principe même de la réforme de ce texte est rejeté.

Par ailleurs, l’augmentation salariale demeure une doléance éternelle de toutes les centrales syndicales. Cette requête constitue le cœur du cahier revendicatif des partenaires sociaux. El Othmani activera-t-il ce levier, à l’opposé de son prédecesseur? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que l’actuelle équipe gouvernementale semble s’inscrire dans la continuité. En effet, tout porte à croire que la même position sera maintenue concernant cette doléance. 

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