Sports

Raja, le film d’une assemblée chaotique

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L’atmosphère était tendue à l’AG du Raja./Karim Mdouari

Le Raja club athlectic (RCA), section football, a tenu son Assemblée générale ordinaire et extraordinaire le 19 juin. Récit d’une soirée chaotique.
 
 
Il est 23h00, une salle exiguë au rez-de-chaussée d’un hôtel casablancais arrive difficilement à contenir les 250 personnes participantes à cette Assemblée générale. 92 adhérents, 93 représentants des médias, les agents de sécurité, l’autorité locale et le staff administratif du Raja ont veillé jusqu’à très tôt le matin pour assister à la désignation du nouveau président des Verts. 
 
Ambiance électrique 
 
Dès le départ, la colère des adhérents gronde. «Cette salle est indigne d’une AG du Raja», proteste un adhérent. «C’est un coup monté du président sortant», accuse un autre. Les demandes de reports de l’AG sont refusées par Mohamed Boudrika, président du Raja. «Je ne peux plus continuer un jour de plus à la tête du club», avoue le jeune président. 
 
Quelques minutes après le démarrage des travaux, les hostilités sont lancées. Les insultes et coups de poing fusent entre adhérents et dirigeants. La distribution du rapport financier hors du délai légal de 10 jours suscite l’ire des adhérents. L’AG s’arrête durant 30 minutes dans une grande cacophonie. Mohammed Naciri, DG du club, est chargé de lire le rapport moral. Un exercice interminable de 45 minutes pour lire les 16 pages de ce document. La salle s’impatiente, des participants préfèrent prendre part aux négociations en coulisses dans le hall et à l’entrée de l’hôtel. La lecture du rapport financier confirmera la banqueroute du club, un endettement de 33 millions DH, dont 11 MDH à payer au président sortant ; un compte bancaire saisi par la CNSS et un ancien entraîneur étranger et des salariés non payés depuis cinq mois.  
 
Le débat sur les rapports moral et financier dure deux heures. Les adhérents expriment leur déception face au bilan sportif et financier de Boudrika durant les quatre ans de sa présidence. «Le club est en faillite sportive, managerielle et financière», s’indigne Jawad Amine, adhérent et ex-secrétaire général du club. Un autre adhérent refuse de discuter ce rapport dans les détails et exige un audit externe et impartial des comptes.
 
Le coup de force de Boudrika 
 
Il est 02h00 du matin, Boudrika tente le coup de force, il veut faire adopter les rapports moral et financier à l’unanimité. Les voix protestataires affichent leur indignation face à cette fuite en avant. Après un moment de flottement, les deux rapports sont adoptés malgré la virulence des critiques. Boudrika réussit son objectif : se retirer de la gestion du club, tout en inscrivant sur les comptes financiers sa dette de 11 MDH.
 
Il est 02h26 minutes, Ahmed Baidi, le représentant de la FRMF, prend la parole et annonce le retrait de Adil Bamarouf de la course à la présidence. «C’est une mascarade», tempête Bamarouf. Said Hasbane est désigné nouveau président du Raja par le représentant de la FRMF. «Ma priorité est de rassembler la famille divisée du Raja», annonce Saïd Hasbane. Tout un programme !


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