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Football : un an après, le Mondial au Qatar a laissé son empreinte

Un an après la Coupe du monde de football au Qatar,  événement symbole des ambitions du petit Etat du Golfe, des affiches du Mondial aux couleurs défraîchies sont encore placardées le long des routes à Doha,  où l’épreuve a laissé son empreinte.

La capitale qatarie a depuis retrouvé sa torpeur, tandis que l’euphorie du tournoi, remporté par l’Argentine de Lionel Messi, et la pluie de critiques l’ayant accompagné semblent lointaines. L’organisation du plus grand tournoi sportif au monde – avec les Jeux olympiques – a permis au Qatar d’avancer dans sa volonté d’améliorer son image régionale, mais aussi de soutenir l’essor du sport dans les pays voisins, notamment l’Arabie saoudite, assurée d’abriter l’édition 2034, selon des experts. Il y a un an presque jour pour jour, la journée du match d’ouverture était «très, très tendue», se souvient Jassim Al-Jassim, du comité d’organisation du Qatar. «Dans l’ensemble, nous avons été très heureux et très fiers de ce que nous avons accompli en tant que pays».

Un évènement pas épargné par les controverses
Le Mondial au Qatar, le premier au Moyen-Orient et plus largement dans le monde arabe, a été marqué par de nombreuses polémiques, à commencer par le processus d’attribution, entaché d’accusations de corruption malgré les démentis des responsables qataris. Le riche état gazier a aussi dû faire face à de nombreuses critiques allant des droits des travailleurs migrants à ceux des femmes, en passant par les lois réprimant l’homosexualité ou encore les restrictions imposées à la consommation d’alcool. Mais l’essentiel était ailleurs pour l’émirat, avance Danyel Reiche, chercheur spécialisé dans la politique et le sport basé au Qatar. Alors que les pays de la Péninsule arabique sont engagés dans une course à la notoriété sportive – une stratégie dénoncée comme une volonté de «blanchiment par le sport» par des ONG -, cet expert va jusqu’à affirmer que le Golfe est «devenu le centre du sport mondial».

Important héritage
La réussite de la candidature saoudienne dans sa quête du tournoi planétaire en 2034 «n’aurait peut-être pas été possible si la Coupe du monde de 2022 n’avait pas été un succès», argue-t-il. Avant cela, le Maroc, demi-finaliste et grande sensation de la Coupe du monde 2022, co-organisera l’édition 2030 aux côtés du Portugal et de l’Espagne.

Au Qatar, l’héritage du Mondial est d’abord matériel, visible en termes d’infrastructures : métro, aéroport, routes, hôtels, stades… Les 220 milliards de dollars dépensés par le pays hôte ont valu au tournoi le titre de Coupe du monde la plus chère de l’histoire. Les organisateurs contestent néanmoins cette appellation, affirmant qu’une grande partie des projets étaient planifiés d’avance. Ces investissements valaient «absolument la peine, mais ils n’ont pas été faits uniquement pour la Coupe du monde», dit Jassim Al-Jassim, en soulignant que la construction de sept stades avait coûté sept milliards de dollars.

Parmi eux, l’imposant stade de Lusail, dont la capacité devait être réduite après le tournoi, et le stade 974, d’une capacité de 40.000 places, qui devait être démantelé et installé dans un autre pays. Selon le responsable qatari, le stade Lusail est désormais voué à accueillir la cérémonie d’ouverture et de clôture de la Coupe d’Asie 2024, dont le Qatar a obtenu l’organisation après le retrait de la Chine l’année dernière. Quant aux projets relatifs au stade 974, qui ne sera pas utilisé pour la Coupe d’Asie, ils seront annoncés «très bientôt», assure Jassim Al Jassim, sans entrer dans les détails.

Une cible facile ?
La semaine dernière, l’organisation de défense des droits humains, Amnesty International, a accusé le Qatar d’avoir échoué à améliorer les droits des travailleurs migrants. Les autorités ont répondu en affirmant, par un discours déjà utilisé lors de la compétition l’année dernière, que la Coupe du monde avait au contraire «accéléré» les réformes sociales dans le pays, y laissant un «héritage durable». M. Jassim, lui, présente les critiques liées à la Coupe du monde comme «une attaque contre le Qatar» orchestrée par ceux qui «estimaient que nous n’étions pas dignes d’accueillir un tel tournoi».

En dépeignant ces critiques comme une campagne teintée de racisme, le Qatar s’est rallié le soutien des populations arabes et musulmanes à travers le monde, juge Hisham Hellyer, expert du Moyen-Orient à l’Université de Cambridge. In fine, le Mondial a «renforcé la position et l’image de Doha» dans la région, dit-il encore. Le chercheur Danyel Reiche note que le Mondial a en outre contribué à améliorer ses relations avec ses voisins du Golfe, permettant de surmonter la crise diplomatique avec l’Arabie saoudite notamment. Il rappelle ainsi l’image de l’émir du Qatar portant une écharpe saoudienne après la victoire saoudienne contre l’Argentine.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO
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