Opinions

Boucler sans bâcler !

Depuis l’amorce de ce chantier national stratégique, il a fallu, chaque fois, ajouter un maillon et aujourd’hui, l’on peut dire que la chaîne de la déconcentration administrative est pratiquement bouclée.

En termes d’objectifs et d’enjeux, tout est cadré, clair et bien tracé, mais sur le terrain de la concrétisation, les choses sont tout autres. Les trois années fixées par le décret de la charte seront écoulées dans quelques mois, et le volet législatif plane encore. Le chantier était d’abord urgent, puis une autre priorité est arrivée, puis une autre, puis bien d’autres… Trois années ! Les trois années n’ont-elles pas été suffisantes pour trancher ces équations techniques encore en suspens ? Disons plutôt que devant les enjeux qui découleraient d’un nouveau jeter de dés dans l’échiquier de l’administration, la conciliation entre les impératifs de la déconcentration et la préservation des acquis s’avère très périlleuse. Les connexions de certains départements à d’autres, les délimitations des périmètres de compétences et la réduction ainsi que l’optimisation des organismes centraux, sont en effet des questions pointues qu’il faut aborder avec autant de minutie que pertinence. Pourtant, trois années auraient été largement suffisantes pour reconfigurer le patchwork de l’administration publique et confier aux entités régionales leurs nouvelles prérogatives.


Un sérieux coup d’accélérateur est nécessaire dans ce sens afin que ce chantier soit repris là où il a été délaissé. L’on a pu constater avec quelle agilité les textes afférents à la réforme du régime électoral ont pu parvenir au bout du tunnel, quand l’approche des échéances électorales a dicté l’urgence. C’est dire que les jeux sont encore ouverts. Le gouvernement peut encore agir pour débloquer la situation. L’enjeu est de taille, puisque ce chantier est non seulement inscrit parmi ses engagements, mais aussi, il lui permettra de gagner des points au test de l’amélioration de la gouvernance et la gestion de l’administration. Attention, toutefois, à ne pas bâcler pour boucler ! Le chantier ne supporte pas l’approximation.

Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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