Opinions

Au nom de l’équité !

Parce que tout passe par l’impôt et qu’au final, tout s’y retrouve lié, le Fonds monétaire international est venu repasser une autre couche sur la nécessité pour le Maroc d’élargir l’assiette fiscale et d’en accroître la progressivité. Dans les recommandations que l’institution financière a émises à l’adresse du Royaume à l’issue de sa récente mission dans le pays, elle appelle notamment les pouvoirs publics à se doter de marges de manœuvre budgétaires plus étendues en vue de permettre au pays d’être paré contre de futurs chocs économiques.

Avant la pandémie, déjà, cette priorité fiscale, que préconise le FMI, aurait eu de quoi faire tressaillir plus d’un contribuable marocain. Maintenant que la pandémie a assommé l’économie mondiale et érodé le pouvoir d’achat des consommateurs, la probabilité même de voir naître de nouvelles rubriques fiscales plane tel un nuage menaçant sur la tête des particuliers et des entreprises. La donne a totalement changé en effet et les répercussions de la Covid-19 sont lourdes, très lourdes. La grande majorité des citoyens n’ont pas vu leurs revenus bouger d’un iota depuis plus de deux années et les entreprises, elles, se débattent comme elles peuvent pour garder la tête hors de l’eau. Leur combat quotidien consiste à tenter de conserver un minimum d’équilibre entre leurs charges et leurs recettes.


Et c’est loin d’être gagné d’avance, au vu de la flambée des cours et des prix ! Et ce n’est ni en ponctionnant encore une fois les salaires de la classe moyenne, ni en grevant davantage la trésorerie des entreprises que l’on parviendra à élargir l’assiette fiscale tout en préservant la pérennité sociale. Ne l’oublions pas, la réforme fiscale est basée sur des valeurs dont l’équité constitue la pierre angulaire. Et c’est justement, au nom de cette équité, que le défi d’inclusion de l’économie informelle doit être relevé afin que ce manque à gagner n’échappe plus aux caisses publiques. L’on gagnerait aussi à imposer des activités qui demeurent, à ce jour, exemptées du devoir de solidarité nationale… Les pistes ne manquent pas, à condition de prendre le courage politique à deux mains et de foncer.

Meriem Allam / Les Inspirations ÉCO


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