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Vaccin AstraZeneca : ce que dit l’étude de l’université d’Oxford

Une étude préliminaire de l’université d’Oxford apporte des résultats encourageants pour le vaccin AstraZeneca. Ainsi, ce dernier réduit de 67% la transmissibilité du virus de la Covid-19, et ce dès la première dose.

Bonne nouvelle, le vaccin AstraZeneca réduit la transmissibilité du coronavirus à 67% dès la prise de la première dose. C’est la conclusion d’une étude réalisée par l’Université d’Oxford. Les essais cliniques ayant abouti à ce résultat ont été réalisés sur 17.177 participants au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud. «L’analyse primaire de l’efficacité globale du vaccin, 14 jours après la deuxième dose, était de 66,7%. Il n’y a eu aucune hospitalisation après la période d’exclusion initiale. L’efficacité du vaccin après une dose standard unique de vaccin après la vaccination était de 76% et une analyse modélisée a indiqué que la protection n’a pas diminué au cours de cette période initiale de trois mois», révèle le document.


La même source souligne que les taux d’anticorps ont été maintenus pendant cette période avec une diminution minimale au 90e jour. Ces observations, note l’étude, sont appuyées par des données d’immunogénicité qui ont donné des réponses d’anticorps de liaison plus de deux fois plus élevées après un intervalle de douze semaines ou plus, contre un intervalle de moins de six semaines chez des personnes âgées de 18 à 55 ans. L’interprétation de ces données, toujours selon l’Université d’Oxford est la suivante : «les programmes de vaccination ChAdOx1 nCoV-19 visant à vacciner une grande partie de la population avec une dose unique, avec une deuxième dose administrée après une période de 3 mois est une stratégie efficace pour réduire la maladie, et peut être la meilleure pour le déploiement d’une campagne de vaccination lorsque les stocks sont limités à court terme». Cette étude, qui doit être examinée par des pairs avant sa publication, affirme que les personnes vaccinées sont non seulement protégées de la maladie mais sont également moins enclins à la transmettre. Pour Andrew Pollard, chef de projet de cette étude, ce vaccin pourrait avoir un impact énorme en termes de transmission, précisant que ces tests avaient été réalisés avant l’apparition des variants.

Toutefois, ce professeur d’Oxford a joué la carte de la pondération quant à la lecture de ces résultats en laissant entendre que l’heure n’est pas encore à l’arrêt des mesures de précaution, notamment la distanciation physique. Rappelons que le vaccin AstraZeneca, encore controversé, a été validé le 29 janvier dernier par la Commission européenne suite au feu vert de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Une autorisation qui faisait suite, selon la Commission européenne, à une recommandation scientifique positive basée sur une évaluation approfondie de la sécurité, de l’efficacité et de la qualité du vaccin par l’EMA et approuvée par les états membres. Toutefois, et c’est là où le bât blesse, l’efficacité du vaccin pour les personnes âgées de plus de 65 ans est remise en question, même si le laboratoire britannique a déjà émis des démentis à ce propos.

Efficace ou non, il est trop tôt pour en juger
Concernant cette étude d’Oxford selon laquelle la première dose d’AstraZeneca permettrait de réduire de 67% la transmissibilité du virus, le virologue, Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II de Casablanca explique que «ce sont des résultats basés sur des études cliniques et de toute façon dans la stratégie vaccinale, la première dose d’un vaccin induit la synthèse des anticorps et la deuxième n’est qu’un boost». Autrement dit, la première dose induit une certaine immunité et c’est la deuxième qui donne le vrai boost. Et comme précisé plus haut concernant le fait que cette étude soit «préliminaire» et qu’elle doit être examinée par des pairs avant publication, Mustapha Ennaji a indiqué qu’il n’est pas exclu qu’une étude similaire vienne contredire ces résultats.

Stratégies diversifiées
Pour ce qui est de l’efficacité ou non du vaccin, notamment pour les personnes de plus de 65 ans, Mustapha Ennaji affirme «qu’il y a plusieurs vaccins sur le marché et tous ces vaccins ont suivi la même réglementation, que ce soit au niveau de leurs pays, ou de l’OMS». Il précise que tous ces vaccins ont suivi des stratégies différentes, donc il est «trop tôt pour se prononcer». Pour lui, on ne pourra déterminer si oui ou non les vaccins ont été efficaces que d’ici au moins une année, non sans rappeler que beaucoup de pays ont choisi le vaccin d’AstraZeneca. Par ailleurs, rappelons que le Maroc, qui a commandé 20 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca, n’a pour le moment, reçu que deux millions de doses. À ce propos, le directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II de Casablanca estime qu’il n’est pas exclu que le royaume commande ailleurs puisqu’il n’est pas du tout évident qu’AstraZeneca soit en mesure de fournir toutes les doses nécessaires au Maroc. La preuve, le Maroc a reçu récemment 500.000 doses du vaccin Sinopharm. 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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