Maroc

Trafic de stupéfiants, Menace sur le ciel marocain

Plus rien n’arrête les narcotraficants qui donnent du fil à retordre aux forces de lutte contre le trafic de drogue. De fait, les mafias utilisent de petits avions ou des hélicoptères pour transporter la marchandise du Maroc vers l’Espagne. Si les trafiquants survolent «tranquillement» le territoire marocain, des armes peuvent facilement être introduites, menaçant la sécurité du pays.  


Depuis quelques mois, les agents de la Guardia Civil font face à un fait insolite: des appareils aériens légers, genre avionnettes ou hélicoptères, sont abandonnés dans la nature. Un peu usés certes, mais ces engins valent, au bas mot, 500.00 euros, estiment les services de sécurité espagnols. Leurs soupçons ont été confirmés quand un appareil, suspecté d’opérer dans le trafic de drogue, s’était écrasé au Maroc en 2012. La mafia de la drogue a donc des ailes à présent. Depuis, l’Espagne et le Maroc scrutent le ciel à la recherche des ces engins. La dernière arrestation remonte au 14 janvier : la Guardia Civil a mené une opération d’envergure contre une bande ayant recourt à ce modus operandi pour acheminer la drogue à partir du nord du Maroc jusqu’à Cadix et Malaga. La bande disposait d’un aérodrome privé, où ces appareils atterrissaient en toute discrétion. La cargaison était acheminée, par la suite, via des véhicules tout terrain. Durant cette opération, 240 kilos de hachich ont été saisis et tout un arsenal logistique confisqué: cinq avionnettes, des jet-ski, des embarcations, etc. Les deux avionnettes interceptées sont type Alouette II, un monomoteur de fabrication française, achetés de seconde main à l’étranger. L’appareil peut transporter 4 personnes, mais les bricoleurs des narcotrafiquants suppriment deux sièges pour augmenter la charge de l’engin. Les pilotes sont souvent des ex-militaires de l’Europe de l’est. Dans le cas de la dernière opération, le pilote appréhendé est d’origine ukrainienne. Avant de prêter ses services à la mafia de la drogue, il était expert dans le pilotage d’hélicoptères de lutte contre les incendies. Appréhendé certes, mais toujours vivant. L’année dernière, un pilote albanais et son copilote n’ont pas eu le même sort.

Leur appareil BO-105 s’est écrasé dans les montagnes de Malaga, après avoir heurté une ligne de haute tension. L’appareil transportait environ 900 kilos de hachisch. Depuis 2013, la Guardia Civil a réquisitionné en Andalousie, 12 aéronefs et 30 personnes liées à ce trafic ont été mises sous les verrous. A ce chiffre s’ajoutent les appareils retrouvés, de temps à autre, abandonnés dans la nature. Le cas le plus extravagant fut la découverte, en avril dernier, de cet hélicoptère laissé à l’abandon dans un bon état, dans une zone d’Alméria. Selon le journal El Pais, l’appareil aurait une valeur de 500.000 euros. L’enquête est toujours ouverte, cependant aucun doute ne plane sur l’usage auquel était destiné l’appareil. Selon les déclarations de la Guardia Civil, ce nouveau méthode est plus efficace pour les trafiquants car permet de s’introduire à l’intérieur, contrairement aux embarcations qui doivent accoster sur les plages, avant de transporter la cargaison vers un entrepôt de stockage. Les trafiquants s’appuient sur un performant réseau logistique terrestre pour acheminer les marchandises vers différents points de distribution. La dernière bande de Cadix possédait une société de transport qui assurait la distribution de cette illicite marchandise. Certes, les appareils sont chers mais sont vite rentabilisés vu l’efficacité de ce moyen de transport. De même, ils sont difficiles à dépister. Les avions volent à basse altitude la nuit ou aux aurores pour duper les radars, et naviguent sans activer la géo localisation et sans plan de vol. En une heure, la course est effectuée. Contacté par les Inspirations ECO, Francisco Lopez, du département de communication de la Guardia Civil, estime que l’utilisation des aéronefs par les trafiquants de drogue n’obéit pas à un effet de mode. «C’est un peu farfelue de dire que c’est en vogue. Les narcotrafiquants diversifient leurs méthodes de trafic et nous, en tant qu’agents, nous les dépistons. Hier, c’était un camion de tomate transportant de la drogue, aujourd’hui un hélicoptère et demain un autre moyen de transport». Pour Lopez, dont le département a mené la dernière opération appelé Dobladilla, les agents s’adaptent à ces nouvelles techniques, «mais nous ne négligeons pas les autres méthodes utilisés à savoir les doubles fonds, les caisses des fruits et légumes, etc». Mais ce moyen est un vrai casse-tête pour les agents. Le temps de réaction des équipes d’intervention est limité car, une fois l’appareil détecté par les radars, les agents disposent de peu de temps pour réagir avant que l’engin s’évapore dans la nature. Ce qui explique d’ailleurs la dérisoire quantité interceptée par les agents espagnols. En 2014, les quantités saisies par voie aérienne représentaient à peine 1,79% du total de la drogue interceptée. En plus du trafic de drogue, un autre danger plane sur le pays. En effet, si les trafiquants survolent «tranquillement» le territoire marocain, des armes peuvent facilement être introduites de la même manière et menacer la sécurité du pays. 


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