Maroc

Tests sanitaires. La traque des faussaires s’intensifie

Le ministère de la Santé déclare la guerre aux trafiquants de tests sanitaires, et annonce la mise en place d’une nouvelle batterie de mesures.

Dans la nuit du samedi 28 août, cinq touristes britanniques, appartenant à une même famille, ont été arrêtés par des agents de la Sûreté nationale de l’aéroport d’Agadir-Al Massira. Soupçonnés d’avoir présenté de faux tests PCR, les ressortissants britanniques ont été déférés à la brigade de police judiciaire de la ville d’Inezgane, avant d’être soumis à une enquête sous la supervision du ministère public.


À peu près 24h plus tôt, la Sûreté nationale, opérant à l’aéroport d’Oujda-Angad, a interpellé un étudiant marocain âgé de 24 ans, pour son implication présumée dans la falsification et l’utilisation d’un certificat de test de dépistage du coronavirus (Covid-19).

Ce sont là quelques exemples d’arrestations de personnes en lien direct ou indirect avec des réseaux de trafic de tests PCR au Maroc.

Des pratiques qui agacent les autorités, lesquelles ont décidé, récemment, de durcir le contrôle aux frontières pour éviter les voyages avec de faux documents sanitaires.

Aujourd’hui, le gouvernement compte aller plus loin dans la traque des faussaires, et annonce de nouvelles mesures pour faire face aux problèmes relatifs aux résultats discordants des tests de diagnostic de la Covid-19, «causés pour différentes raisons».

Ainsi, pour mettre davantage d’ordre dans la gestion des tests sanitaires, le ministère de la Santé procédera, dans les heures qui viennent, à la mise en œuvre de mesures telles que la vérification «rigoureuse» des réactifs à usage de diagnostic in vitro, des contrôles inopinés et des évaluations externes des laboratoires concernés.

Il sera également question, dans ce nouveau tour de vis, d’exiger un agrément de laboratoires parmi ceux autorisés, pour réaliser les tests de diagnostic pour les personnes voyageant à l’étranger ainsi que l’utilisation exclusive de la plateforme «E-Labs» du ministère, pour la centralisation et la communication des résultats.

La tutelle annonce, par ailleurs, que le téléchargement des résultats des tests de la Covid-19 par les personnes voyageant à l’étranger, via l’option «Pass-sanitaire», sera disponible sur le portail liqahcorona.ma.

Ces nouvelles mesures viennent compléter le dispositif déployé par le ministère de la Santé, depuis le début de la pandémie Covid-19, pour assurer la qualité de la prise en charge des patients depuis la confirmation de la maladie jusqu’à son traitement complet.

Pour rappel, le département ministériel, chargé de veiller au bon fonctionnement du système de la santé publique, a donné son autorisation à un ensemble de laboratoires de biologie médicale du secteur public et privé du Royaume, capables de répondre à la demande des citoyens en ce qui concerne les tests de diagnostic de la Covid-19, conformément aux exigences des cahiers de charges en vigueur.

Ces laboratoires seraient régulièrement soumis aux audits et contrôles réalisés par des commissions spécialisées, dans le but de garantir la fiabilité et la promptitude dans la production des résultats d’analyses effectuées.

A ce propos, toujours selon le département dirigé par le Pr. Khalid Ait Taleb, des laboratoires, jugés non conformes, ont été sanctionnés.

Par ailleurs, il est à rappeler que le ministère de la Santé autorise les réactifs, après validation par la Commission nationale des réactifs de diagnostic in vitro et une évaluation clinique de la performance et de la qualité des tests.

Pour le ministère, ce n’est que le début, car il «continuera à déployer tous les moyens nécessaires pour garantir la fiabilité et la qualité des résultats du réseau des laboratoires Covid-lg pour les citoyens, en coordination avec les autorités compétentes».

L’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures coïncide avec le débat sur les tests de dépistage au Maroc. Après la décision de retrait des tests salivaires rapides anti-Covid-19 «Gigalab» des pharmacies, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) semble bien déterminée à reprendre leur distribution, puisque la décision de retrait ne concernait qu’un seul lot, émanant du laboratoire Gigalab. Entre-temps, le patronat dénonce la cherté des tests.

Dans une lettre adressée au ministère de la Santé, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc demande à la tutelle la mise en place d’une offre unifiée et accessible de tests PCR.

«Cette solution permettrait de promouvoir le dépistage des salariés et leurs familles, assurant, ainsi, la continuité de l’activité dans des conditions saines», a soutenu le président de la CGEM.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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