Maroc

Reprise économique : une issue de plus en plus visible !

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Le FMI vient de revoir à la hausse ses perspectives de croissance de l’économie mondiale en 2021 et 2022. Selon l’institution financière internationale, une issue à la crise sanitaire et économique est de plus en plus visible, mais les perspectives restent encore très incertaines tant que persiste la pandémie. Voici ses recommandations aux décideurs.

Pour la deuxième fois consécutive, en l’espace de trois mois, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses perspectives de croissance de l’économie mondiale pour 2021 et 2022. Selon l’institution de Bretton Woods, «la croissance mondiale devrait s’établir en définitive à 6% en 2021, puis ralentir à 4,4% en 2022, contre 5,5% en 2021 et 4,2% en 2022 précédemment dans nos prévisions en janvier dernier». L’équipe de Christine Lagarde explique cette révision à la hausse par trois facteurs, à savoir l’adoption de nouvelles mesures de soutien budgétaire dans quelques grands pays, les anticipations de reprise tirée par la vaccination au second semestre de 2021 et l’adaptation continue de l’activité économique à une mobilité réduite. Selon elle, «malgré le niveau sans précédent de la contraction de l’activité économique observée en 2020, les mesures extraordinaires prises par les pouvoirs publics ont permis d’éviter des résultats économiques encore plus désastreux. Du coup, la récession provoquée par la Covid-19 devrait probablement laisser moins de séquelles que la crise financière mondiale de 2008.»


Un an après, on voit le bout du tunnel
En tous cas, un an après le début de la pandémie de la Covid-19, une issue à cette crise sanitaire et économique est de plus en plus visible. Y compris au Maroc où le FMI prévoit une croissance de 4,5% en 2021 et 3,9% en 2022. Une prévision de reprise de 2021 inférieure à celle de 5,2% annoncée par le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration lors du dernier Comité de veille économique du 2 avril 2021, et celle de 5,3% annoncée par le gouverneur de Bank Al-Maghrib lors du dernier conseil de cette institution le 23 mars 2021 (voir encadré). Ceci étant, la banque multilatérale prévient, que «les perspectives restent encore très incertaines», et «c’est la trajectoire de la crise sanitaire qui déterminera l’évolution de la situation». Dès lors, il faut gérer cette incertitude pour réussir au mieux une sortie de la crise.

Pour ce faire, le FMI conseille aux décideurs, entendez les gouvernements, de viser en premier lieu à sortir de la crise tant que la pandémie se poursuit. En clair, il faudra privilégier les dépenses de santé, fournir une aide budgétaire bien ciblée et maintenir une politique monétaire accommodante tout en surveillant les risques qui pèsent sur la stabilité financière. Puis, poursuit le FMI, à mesure que la reprise progressera, les décideurs devront limiter les séquelles économiques à long terme en veillant à stimuler la capacité de production et en incitant davantage à allouer les ressources productives de façon efficiente. L’équilibre à trouver est fragile, en particulier dans le climat d’incertitude actuel.

C’est pourquoi lorsque l’aide sera finalement réduite, il faudra éviter de brusques revirements. Ainsi, on diminuera progressivement la part des salaires prise en charge par l’État dans le cadre de programmes de chômage technique et de chômage temporaire en augmentant les subventions à l’emploi afin d’aider les travailleurs à se reconvertir en fonction des besoins. Ce faisant, il ne faudra pas négliger les défis à long terme, à savoir stimuler la productivité, améliorer les cadres de politique économique et lutter contre les changements climatiques. Le rythme différent de la reprise selon les pays pourrait amener à prendre des orientations divergentes, en particulier si les pays avancés bénéficient avant les autres d’une vaste couverture vaccinale. Il est particulièrement essentiel que les banques centrales des pays avancés adoptent un cadrage prospectif précis et communiquent clairement, sans se contenter de calibrer la politique monétaire accommodante qui convient au niveau national. Cela aura en outre des conséquences vitales sur les conditions de financement extérieur des pays émergents et sur les effets de politiques divergentes sur les flux de capitaux.

Compter sur une forte coopération internationale
Le FMI affirme, par ailleurs, qu’il est essentiel de compter sur une forte coopération internationale pour la reprise économique mondiale. En effet, il faut que les pays émergents et les pays en développement à faible revenu puissent continuer de réduire l’écart entre leur niveau de vie et celui des pays à revenu élevé. Sur le front sanitaire, il s’agit de veiller à ce que la production mondiale de vaccins soit adéquate et que les vaccins soient universellement distribués à des prix abordables, notamment par un financement suffisant du dispositif Covax, de façon à ce que tous les pays puissent rapidement et résolument vaincre la pandémie. En outre, la communauté internationale doit agir de concert pour veiller à ce que les pays en difficulté financière aient un accès suffisant aux liquidités internationales pour maintenir les dépenses consacrées à la santé, à d’autres secteurs sociaux et aux infrastructures, qui sont nécessaires pour qu’ils se développent et convergent vers un revenu par habitant plus élevé. Dans le cas du Maroc, l’élan est bien lancé en ce qui concerne la vaccination, et les prévisions de croissance ont été également revues à la hausse. Reste que le pays a récemment perdu son investment grade, à cause des effets de la crise sanitaire. N’est-ce pas là un handicap pour sa prochaine sortie internationale ? 

Le FMI prévoit 4,5% de croissance en 2021 au Maroc

Dans son dernier rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale publié mardi, le FMI annonce que l’économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance de 4,5% en 2021. Une prévision inférieure à celle de 5,2% annoncée par le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration lors du dernier Comité de veille économique du 2 avril 2021, et celle de 5,3% annoncée par le gouverneur de Bank Al-Maghrib lors du dernier conseil de cette institution le 23 mars 2021. Le FMI prévoit aussi une croissance de 4,4% en 2022 et fournit des détails sur les indicateurs. C’est ainsi que selon l’institution de Bretton Woods, le chômage devrait se situer à 10,5% en 2021 et 9,7% en 2022, l’inflation à 0,8% en 2021 et 1,2% en 2022, et le solde du compte courant à -3,8% en 2021 et -4% en 2022.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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