Maroc

Provinces du Sud : les indicateurs des trois régions rassurent

Que ce soit en matière d’état d’avancement des projets d’infrastructures ou pour les indicateurs du développement humain, les principaux indicateurs des trois régions laissent dégager des résultats encourageants.

Le rythme de développement des provinces du Sud traduit la très forte cadence de la conception des programmes de développement depuis le déclenchement de la crise sanitaire. La plupart des investissements engagés concernent les services de base, essentiellement dans la continuité du programme d’approvisionnement en eau potable des populations rurales, et son corollaire, les programmes conçus dans le cadre du renforcement du réseau de l’électricité et les projets destinés à la construction des routes rurales et de lutte contre le désenclavement. L’un des principaux constats qui peut être dressé, la forte moyenne annuelle de la croissance dans les trois régions, en dépit de leur faible contribution au PIB national.


Ainsi, les deux régions, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab, réalisent un taux de croissance nettement supérieur à la moyenne nationale, avec respectivement 10,9% et 10,5%. Dans le même registre, les trois régions du Sud ont un PIB nominal par habitant également supérieur à la moyenne nationale. Toujours dans ce même registre, les seuils du développement humain et de l’impact des projets sur le niveau de vie des populations du Sud ont été aussi prometteurs. C’est dans cette optique que Dakhla vient en tête du classement avec une moyenne de l’ordre de 52.301 DH/habitant, suivie de Laâyoune qui enregistre une moyenne de 27.442 DH/habitant et Guelmim avec 25.136 DH/habitant, selon les dernières évaluations qui ont été menées. La liste des indicateurs prometteurs inclut aussi les variables qui reflètent la dynamique des territoires. Les données montrent que la région de Laâyoune, depuis deux années, réalise la croissance la plus soutenue du PIB par habitant avec un taux annuel de 8,4%. L’évolution reste aussi remarquable pour la région de Guelmim, avec un taux de 4%.

Par contre, pour le taux de chômage, qui reste relativement élevé par rapport à moyenne nationale, les problématiques à résoudre consistent à accélérer les projets liés aux activités génératrices des revenus (AGR). En effet, les régions du Sud connaissent le taux régional le plus élevé en matière de non-employabilité, et forment avec la région de l’Oriental les quatre régions les plus touchées par la baisse des activités économiques.

Les effets de la baisse des dépenses budgétaires
D’importants efforts budgétaires sont déployés, cette année, en dépit de la revue à la baisse des dépenses publiques engendrée par la crise sanitaire, avec la mise en œuvre de 267 projets répartis sur les trois régions pour une enveloppe budgétaire de 33 MMDH. La liste des projets indique qu’il s’agit, notamment, de projets portant sur la construction du Port atlantique de Dakhla, le dessalement et l’adduction d’eau pour l’irrigation de 5.000 hectares au nord de Dakhla, et de nouveaux parcs éoliens qui devront coûter plus de 5,4 MMDH. C’est pour dire que les projets jugés structurants pour l’économie régionale des provinces du Sud ont pu être maintenus.

Après une année 2020 particulièrement difficile, l’économie des trois régions du Sud devait surmonter le handicap de la fragilisation des ressources budgétaires pour pouvoir procéder à une réorientation des priorités en matière de dépenses, en vue de dégager les marges nécessaires au financement des projets d’investissement dont les études ont été déjà finalisées et qui auront un impact avéré sur l’emploi et le tissu productif. A souligner que l’ensemble des programmes conçus au cours de cette année ont pris en compte l’instauration de la couverture sociale pour les couches ciblées, l’opérationnalisation du pacte de relance économique et de l’emploi, ainsi que l’assistance aux entreprises touchées par la crise et les ménages vulnérables. Il s’agit de rattraper le retard en matière de conventions d’équipement, essentiellement dans les projets créateurs de l’emploi régional, mais aussi de renforcer les infrastructures de base via la hausse des dotations de l’INDH.

Plusieurs enjeux
C’est principalement le souci de la réduction des inégalités spatiales qui est fort présent dans la feuille de route tracée pour les provinces du Sud, avec des dotations qui leurs seront réservées jusqu’à fin 2023. Il s’agit des 439 MDH qui seront affectés à la Région de Dakhla-Oued Eddahab, et des 872 MDH réservés aux projets lancés dans la Région Guelmim-Oued Noun. Parmi les actions primordiales réalisées figure la participation des entreprises de l’État à l’effort d’investissement des provinces du Sud, avec une enveloppe de 4,5 MMDH allouée, cette année, aux projets en cours d’achèvement.

Des efforts supplémentaires seront aussi déployés par les finances publiques et régionales, en 2022, en vue de parachever les projets, dont le réseau routier. Lequel représente, actuellement, dans les trois régions, près de 9.300 km, dont 4.400 km de routes nationales. Concernant la voie expresse Tiznit-Dakhla, plusieurs tronçons devront être achevés, notamment à Tarfaya et Guelmim.

À souligner que les trois régions ont une grande visibilité sur les projets urgents qui seront lancés en 2022 avec le concours du Budget de l’État. Dans les domaines des Eaux et forêts, une dotation de plus de 75 MDH a été mobilisée afin de sécuriser davantage le domaine forestier et d’aider à la lutte contre la désertification. Pour ce qui est du Port de Sidi Ifni, les travaux lancés, cette année, concernent la pose de quais flottants dans l’enceinte portuaire, ainsi que l’entretien de la principale route nationale avoisinante. À noter que la consolidation des grands barrages a également focalisé l’attention des pouvoirs publics, en 2021, avec une enveloppe de 241 MDH pour ce segment.

Le modèle de développement, la feuille de route pour les prochaines années

Dans son discours à la Nation le 20 Août 2021, le roi a mis en relief l’apport du Nouveau modèle de développement en matière d’orientation des politiques publiques pour les prochaines années. Il s’agit surtout d’un document qui devra ouvrir la voie à une nouvelle étape pour la politique économique et le renforcement des bases du projet de société national, selon les constats dressés par le souverain à propos des conclusions de la Commission spéciale du modèle de développement.

«La Commission a réalisé un travail louable et mené un processus national auquel se sont associées les forces vives du pays. A l’instar de la phase de conception de ce modèle, Nous estimons que celle de sa mise en œuvre relève d’une responsabilité nationale nécessitant la mobilisation des potentialités de la Nation et l’implication de toutes ses compétences, notamment celles qui, au cours des prochaines années, seront appelées à exercer des responsabilités gouvernementales et des mandats publics», a annoncé le roi dans son discours à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple. L’objectif primordial est d’élaborer le Pacte national pour le développement, qui devra réserver une place prépondérante aux provinces du Sud, et qui aura à définir, de manière précise, les priorités du pays en matière de développement pour les trois régions.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO Docs

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