Maroc

PAM : L’alliance avec le PJD, une piste non exclue

 

Au lendemain de son troisième congrès, le parti Authenticité et modernité érige les défis organisationnels en tête des priorités. Au menu,  la promotion de la structure d’accueil du parti, l’activation de l’institution des élus locaux et régionaux et la création d’une école de formation des cadres du PAM. Les élections passent au second rang, selon le nouveau secrétaire général du parti. 


«Les élections législatives de cette année ne sont pas notre principal souci, bien qu’elles soient importantes». C’est ce que tient d’emblée à souligner le nouveau secrétaire général du parti Authenticité et modernité (PAM), Ilyas El Omari, aux Inspirations ÉCO. Ces propos contrastent avec l’ambition affichée au cours des derniers mois par le nouveau chef de file et les dirigeants du parti. Pour Ilyas El Omari, un parti politique ne doit pas ériger les élections comme une fin en soi, mais il est plutôt appelé à les considérer comme moyen pour «non pas gouverner mais participer à la gestion de la chose publique». Quid des alliances ? Aucune ligne rouge n’est fixée par le parti. Même le Parti de la justice et du développement (PJD) pourrait être l’allié du PAM au prochain gouvernement en dépit des passes d’armes et des prises de bec fréquentes entre les deux formations politiques. «Nous sommes contre les islamistes comme les takfiristes, les organisations intégristes et obscurantistes. Aucun parti politique ou organisation au Maroc ne s’inscrit dans ce cadre-là», précise le patron des Pamistes. Cette position risque de créer, le cas échéant, des dissensions au sein du PAM, qui essaie en ce moment de miser sur l’union.

En effet, plusieurs militants du parti du tracteur ne se voient pas jouer la même partition avec le parti de la lampe, estimant que tout rapprochement avec le PJD serait contre nature, mais l’expérience a démontré que seuls les résultats des élections déterminaient la formation des coalitions tant nationales que locales. Un constat confirmé par le secrétaire général du PAM, qui souligne qu’il ne faut «pas aller plus vite que la musique» en fixant d’emblée les alliances car les résultats des élections sont primordiaux dans la prise de décision. La porte est donc ouverte à tous les scénarios. Les affinités idéologiques permettront au parti de trancher en cas de dilemme. Le PAM se positionne désormais au «centre gauche». En théorie, ce positionnement politique prône les valeurs de la gauche, tout en adhérant aux principes de l’économie de marché. Selon les observateurs, en dépit de cet effort de positionnement idéologique, le PAM est encore appelé à clarifier sa position par rapport aux autres courants politiques marocains, notamment ceux de la gauche.

C’est ce qu’indique le professeur des sciences politiques Ahmed El Bouz : «Le document présenté par le PAM au congrès n’est pas idéologique. Le parti n’a clarifié ni son positionnement par rapport aux autres partis de gauche ni sa propre vision du centre gauche». Un reproche balayé d’un revers de la main par les dirigeants du PAM qui relèvent que le parti adopte une idéologie on ne peut plus claire basée sur l’essence sociale de la pensée socialiste et l’esprit démocratique de la pensée libérale. Pour la nouvelle présidente du Conseil national du PAM, Fatima Zahra El Mansouri, il s’agit d’un projet moderniste qui considère que le Maroc a fortement besoin d’une véritable justice sociale. «L’État doit jouer son rôle pour rétablir les équilibres sociaux et lutter contre les disparités sociales tout en acceptant une économie de marché», précise la présidente du Parlement du PAM. Le plus important, de l’avis d’Ilyas El Omari, est que toutes les composantes de la société marocaine participent ensemble à relever les défis sociaux tels que la lutte contre le chômage et la promotion de l’enseignement.

En tout cas, cet enjeu figure en tête des priorités d’ordre nationale du PAM. Sur le plan interne du parti, l’heure est au renforcement de l’aspect organisationnel qui est érigé en tête des priorités. Ilyass El Omari estime qu’il est primordial pour sa formation, fondée à peine il y a huit ans, de faire face aux défis organisationnels ayant trait à l’augmentation du nombre des adhésions. La structure d’accueil du PAM ne lui permet pas de répondre aux demandes d’adhésion au parti qui compte actuellement quelque 110.000 adhérents. Le PAM tend aussi à activer la nouvelle institution des élus locaux et régionaux qui devra être une plateforme de réflexion aux projets de développement. Fraîchement constituée, cette entité est appelée, selon Ilyas El Omari, à élaborer un plan d’action visant à asseoir un modèle de développement local efficient. La formation des cadres du parti n’est pas en reste. Dans ce cadre, le PAM projette d’ouvrir en 2017 une école de formation et d’encadrement des militants du parti à l’instar de ce qui se fait sous d’autres cieux. L’objectif est de doter les membres du PAM des outils nécessaires pour la mise en œuvre du projet du parti. «La notion de militants-retraités ne doit plus exister. Les élites partisanes doivent participer à la formation de la relève», signale Ilyas El Omari. 


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