Maroc

Mine d’or de Tiouit : L’affaire prend une dimension inquiétante

L’affaire de la mine d’or de Tiouit, située dans la commune rurale d’Iknioun à Tinghir, est loin d’être bouclée. Après la contamination des sources d’eau potable, plusieurs cas de maladie sont apparus dans la région. Les populations, qui pensent que cela a un rapport avec les matières toxiques déversées dans la rivière jouxtant le site d’exploitation minière, réclament une caravane médicale. Pendant ce temps, la commission provinciale en charge du suivi de la situation continue de mener les investigations sur les circonstances du scandale écologique. Les investigations en seraient au stade final.


Plus d’un mois après le déversement de résidus miniers, suite à l’effondrement partiel d’une digue sur le site d’exploitation de cette mine (www.leseco.ma), située dans la commune rurale d’Iknioun à Tinghir, l’affaire défraie toujours la chronique. En effet, les populations riveraines continuent de manifester leur colère contre la société exploitante. Elles ont, d’ailleurs, tenu à le faire savoir en organisant un mouvement de protestation, jeudi 7 janvier, pour demander le départ définitif de la société exploitante de la mine d’or de Tiouit. Des associatifs de la région tirent la sonnette d’alarme: plusieurs cas de maladie seraient apparus notamment parmi les enfants du village Tighassa, là où la catastrophe s’est produite.

«Au lendemain de l’effondrement d’une digue sur le site d’exploitation, des enfants ont bu de l’eau de la rivière. Des matières toxiques, utilisées par les exploitants pour le traitement de l’or, ont certainement été déversées dans la rivière du village et transportés par les eaux usées de l’usine. Ces eaux contenaient principalement du cyanure. Nous pensons donc que cette nouvelle maladie a un lien avec cette matière dangereuse pour la santé des gens. Aussi avons-nous demandé aux autorités de programmer une caravane médicale à la région», est-il indiqué. Pendant ce temps, la commission provinciale en charge de suivi de la situation continue de mener les investigations sur les circonstances du scandale écologique. À l’heure où nous mettions sous presse, l’on apprenait que les investigations en seraient au stade final. Les derniers rapports auraient d’ailleurs été présentés, mercredi 6 janvier, dans le cadre des travaux de cette commission. Il s’agit notamment du rapport établi par l’agence hydraulique et celui émanant du laboratoire national de l’environnement. Un rapport  sera soumis incessamment au département de Abdelkader Amara pour délibération finale sur le dossier.

Mais à en croire nos sources bien informées, les exploitants de la mine d’or de Tiouit ne seraient pas au bout de leurs peines. Celles-ci se voulaient plus précises. Pour elles, la mine d’or de Tiouit pourrait fermer ses portes définitivement. En clair, la société exploitante Co-Company pourrait tout simplement se voir retirer la licence d’exploitation minière. Et pour cause, l’emplacement du site d’exploitation aurait été très critiqué par les membres de la commission. «L’installation de l’usine d’exploitation minière sur le site actuel était une grande erreur», lance un membre de la commission provinciale. Il ajoutera, catégorique: «Les autorités provinciales n’auraient pas dû autoriser l’exploitation minière sur le site actuel, lequel est situé au-dessus des terres agricoles et de la rivière Tighassa ainsi que des puits appartenant aux riverains. Même si la société procède à l’exécution des recommandations de la commission, il convient de souligner qu’il y aura toujours un risque et une menace sur les riverains, chaque fois qu’il y aura un accident similaire et ce, du fait de l’emplacement».

Cette critique a été soulevée par l’ensemble des membres de la commission, dont les premières investigations menées au lendemain de la catastrophe révèlent que la société exploitante, Co-Company SA, n’aurait pas respecté les cahiers des charges et les mesures sécuritaires. Cela a d’ailleurs poussé le département de tutelle à décider, le 17 décembre dernier, la suspension des travaux d’exploitation sur le site (www.leseco.ma), du moins jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de traces de cyanure dans l’eau de la rivière Tighassa, ni dans celle des puits mitoyens. Un dossier à suivre. 


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