Maroc

Maroc: La crainte d’une pénurie de gâteaux s’intensifie

Pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, l’État a imposé un couvre-feu à partir de 20 h, réduisant ainsi les horaires de travail de nombreux professionnels, notamment ceux des métiers de bouche. Une décision qui risque d’engendrer une pénurie de gâteaux en cette période de fêtes de fin d’année.

Le 31 décembre est célébré par tous. L’occasion pour les uns de faire la fête, et l’opportunité pour les autres, boulangers et pâtissiers notamment, de faire de bonnes affaires. Hélas, cette année, la tradition qui voulait qu’on se réunisse entre amis ou en famille autour d’une succulente bûche n’était pas ce qu’elle était.


En cause, non seulement le pouvoir d’achat des Marocains qui a considérablement chuté en 2020 avec la crise économique et sanitaire, mais aussi la crainte d’une pénurie de gâteaux. «D’habitude, on travaille jusqu’à 1 h du matin en période de fête, mais, cette année, l’État nous a imposé un couvre-feu à partir de 20 h. Résultat, nous serons contraints de revoir à la baisse notre capacité de production», martèle Lahoucine Azaz, président de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie du Maroc (FNBPM).

La décision est tombée comme un couperet lundi dernier, avec la fermeture totale des restaurants, commerces et grandes surfaces sur tout le territoire national, tous les jours à 20 h, à compter du mercredi 23 décembre, mais aussi l’interdiction des fêtes et des regroupements. Selon Lahoucine Azaz, le couvre-feu ne sera pas l’unique responsable de cette «rupture» de gâteaux annoncée. On ne compte plus le nombre de fourneaux à l’arrêt depuis le début de la crise.

En effet, beaucoup d’entreprises du secteur ont mis la clé sous la porte. D’ailleurs, avec des pertes d’activité estimées à 50%, voire à 80% au plus fort de la crise, plus de 50% des entreprises ne versent plus les cotisations de leurs employés déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), tandis que plus de 15% ont fermé boutique à cause du confinement ou encore de l’interdiction des cérémonies de mariage, entre autres fêtes traditionnelles.

Survie du gagne-pain des boulangers et pâtissiers parallèlement à cette peur de voir apparaître une pénurie de gâteaux de fête, il faut ajouter qu’avec les nouveaux horaires de travail imposés par l’État, le gagne-pain des boulangers et pâtissiers va prendre un sacré coup.

«On misait beaucoup sur la fin de l’année pour amorcer un nouveau départ. Tous nos plans sont tombés à l’eau», s’apitoie Azaz, rappelant à l’État ses responsabilités vis-à-vis des employeurs que sont les opérateurs des métiers de bouche.

«S’il y a certes une exonération fiscale sur les importations de blé jusqu’au 31 mai, de nombreuses entreprises se sont retrouvées avec des piles de factures d’eau et d’électricité impayées, sans parler du loyer et des salaires», souligne notre interlocuteur, selon qui la baisse du prix de la farine n’est pas la seule préoccupation des boulangers et pâtissiers.

En effet, pour sortir du creux de la vague, les professionnels ont adressé une demande d’aide à la tutelle, début juin, misant ainsi sur le soutien de l’État.

Mise en place d’une caisse de soutien dédiée au financement des entreprises en difficulté, prêts bancaires assortis de taux bas pour permettre aux boulangers de reprendre leur activité, mesures incitatives pour les professionnels souhaitant restructurer et moderniser leur entreprise…

La liste des revendications des professionnels est longue. Dans le cadre de la préparation du projet de loi de Finances 2021, les professionnels avaient même demandé une réduction de la TVA de 20% à 10%, ainsi que la suppression du droit de timbre. «Malheureusement, cette demande n’a pas été prise en compte», martelait, dans un précédent numéro, Azaz qui se disait par ailleurs déçu de la loi de Finances 2021.

«Nous avons récemment tenu une réunion avec des responsables de la Direction des douanes, mais nos interlocuteurs ne nous ont donné, pour l’heure, aucune réponse concrète par rapport à nos revendications», insiste-t-il. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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