Maroc

Khattat Yanja: «Le secteur privé est un acteur important dans la région»

Khattat Yanja, président de la région Dakhla-Oued Eddahab

Pêche maritime, agriculture, tourisme… Dakhla-Oued Eddahab regorge d’opportunités d’investissement qui font d’elle une région très prisée. Khattat Yanja, président de la région, revient sur les atouts de la région, les obstacles à surmonter et les réformes à mettre en place.

Près de cinq mois après la mise en place du conseil de la région, quels sont les chantiers que vous avez ouverts ?
Aussitôt installé, le conseil de la région a pris à bras-le-corps ses fonctions. Nous avons entamé un travail de terrain pour diagnostiquer la situation d’abord: visites des établissements hospitaliers et création d’une commission qui planchera sur tous les problèmes de la santé; accueil de plusieurs investisseurs pour échanger et débattre sur les actions à entreprendre, rencontres avec les jeunes autour de l’emploi et de la création de petites entreprises à même de les intégrer dans le tissu productif, des journées de travail sur la planification et l’aménagement du territoire… Nous planchons également sur le plan de développement régional. D’ailleurs, un appel d’offres a été lancé pour sélectionner un bureau d’études dont la mission est de définir les grandes orientations dudit plan.


Vous êtes tenus d’adopter le Plan de développement régional durant votre première année de mandat, alors que, jusque-là, les décrets d’application qui précisent les prérogatives du conseil n’ont pas encore vu le jour. Dans quelle mesure cela impacte-t-il votre travail ?
Le retard d’adoption de ces textes entrave effectivement le travail du conseil régional. Mais nous sommes conscients que le processus législatif a demandé un travail colossal pour adopter toutes les lois relatives à la régionalisation. Dans tous les cas, d’après nos informations, le ministère de l’Intérieur y travaille d’arrache-pied, et les textes seront publiés très prochainement.

Jusque-là, l’État et les entreprises publiques demeuraient les principaux acteurs du développement de la région. Comment attirer et impliquer le secteur privé dans cette bataille ?
D’abord, il faut préciser que la donne a changé, et que le secteur privé est de plus en plus impliqué dans les régions du Sud. La preuve est que sur les 77 MMDH réservés au plan de développement des provinces du Sud, 42 MMDH proviennent du secteur privé, ce qui représente 54% de l’enveloppe globale. Les investisseurs privés sont conscients que les provinces sahariennes, et particulier la région Dakhla Oued-Eddahab regorge d’opportunités du business et ils viennent pour les saisir.

Quels sont les secteurs qui intéressent le plus les investisseurs ?
Ils sont nombreux. Cependant, le secteur de la pêche maritime demeure le plus prisé et est considéré comme un véritable levier de développement économique. Plusieurs projets sont en cours de réalisation, de même que des usines pour la transformation et le conditionnement des poissons. Ces projets visent à valoriser le produit in situ avant de l’acheminer vers le marché local ou de l’exporter. Il y a ensuite l’agriculture qui monte en puissance dans la région et des produits qui s’exportent à l’étranger. Pour soutenir ce secteur, nous sommes en train de régler le principal problème auquel il fait face, à savoir l’irrigation, en mettant en place une station de dessalement de l’eau de mer. Par ailleurs, la région de Dakhla a des atouts touristiques très importants: position géographique, soleil, mer… les sports nautiques et le tourisme culturel peuvent être développés davantage à ce niveau. Nous sommes aussi en train de prospecter d’autres pistes dans les services, la logistique, la formation… Porte du continent africain, la région peut constituer une plateforme pour ces métiers.

Il va falloir baliser le terrain aux nouveaux investissements. Logistique, main-d’œuvre qualifiée, climat des affaires… Que comptez-vous faire pour accompagner cette dynamique ?
Sur ce registre, la région dispose de plusieurs atouts qui font d’elle une destination très prisée par les investisseurs. Le Centre régional d’investissement (CRI) fait un travail important pour faciliter l’implantation des entreprises qui le souhaitent en leur facilitant les procédures administratives. Il y aussi un facteur important qui joue en faveur de la région, en l’occurrence les infrastructures. La région est bien lotie à ce niveau, et d’autres projets en cours devraient renforcer la position de la région. Néanmoins, nous devrons agir sur plusieurs volets pour stimuler les investissements dans la région. La formation qualifiante pour répondre aux demandes des investisseurs et intégrer les jeunes dans le marché du travail est une priorité. Nous disposons d’une école publique de renom (l’ENCG), et d’autres établissements vont suivre prochainement. Nous restons toutefois à l’écoute des opérateurs privés pour répondre à leurs attentes et améliorer l’attractivité de la région. 


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