Maroc

La CNSS se porte très bien, on vous explique pourquoi

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a déjà oublié la crise de la Covid-19 et table sur une masse salariale de 167,79 MMDH, suite à une hausse importante du nombre d’assurés, lequel devrait atteindre les 2,6 millions à la fin de l’année.

La reprise économique, avec le rebond de la croissance tirée par la demande intérieure, dans un contexte d’inflation maîtrisée, n’est pas un leurre. Accompagnée d’une baisse silencieuse et progressive du taux de chômage au troisième trimestre de l’année, elle se confirme davantage et promet une belle surprise pour 2022. En tout cas, les indicateurs de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), communiqués en exclusivité aux Inspirations ÉCO en fin de semaine dernière, ont de quoi augurer d’une bonne fin d’année avant l’heure. En effet, après une perte d’emplois de grande ampleur, de près de 900.000 au plus fort de la crise, le nombre de salariés déclarés, qui a chuté de plus de 2,4 millions en janvier 2019 à 1,6 million en avril 2020, devrait se consolider à un volume de l’ordre de 2,5 millions à fin 2021. Fini les mois difficiles plombés par la crise sanitaire et économique qui a vu la fermeture de nombre d’entreprises au Maroc, serait-on tenté de dire.


«Nous avons atteint une meilleure situation qu’avant la pandémie et ce qui va venir est encore plus prometteur», commente une source au sein de l’établissement public.

En effet, en termes d’évolution de la masse salariale, la CNSS table sur une hausse honorable estimée à 167,79 MMDH fin 2021 contre 156,62 MMDH fin 2019, après un 2020 timoré (150,10 MMDH). La progression devrait s’établir à +11,8% fin 2021, contre -4,42% en 2020, confirmant le trend haussier des activités de la Caisse qui renoue avec la croissance après plusieurs mois de vaches maigres, jalonnés par la crise sans précédent de la Covid-19. Fruit des mesures courageuses prises par le gouvernement pour remettre le tissu économique sur les rails de la reprise, cette évolution a été plus prononcée entre mars et juin 2021 où les déclarations ont dépassé les 2,6 millions de salariés déclarés avant de connaître une légère baisse structurelle en août (2,5 millions), laquelle baisse devrait se corriger d’ici la fin de l’année.

En gros, alors que le taux de chômage est en baisse, le nombre de salariés déclarés devrait dépasser 2,6 millions d’affiliés à la fin de l’année, toujours selon les projections, très réalistes, de la CNSS. L’évolution en cours intervient un mois après le début du lancement de la campagne de vaccination. La preuve, semble-t-il, que la vague d’immunisation a du bon.

Pour rappel, depuis le début de cette opération à l’échelle nationale, 24.312.875 personnes ont été vaccinées (dose 1), jusqu’au dimanche 7 novembre 2021, selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé sur la situation de la Covid-19. Pendant ce temps, de plus en plus d’entreprises recrutent, après des vagues de licenciements importantes, comme le remarquait déjà, dans une édition précédente, Naïm Bentaleb, co-fondateur et directeur général de Xpertize Africa.

Si les entreprises ont été durement impactées par la crise sanitaire et économique et qu’elles ont dû licencier une partie de leur personnel, insistait le patron de l’opérateur international dans le domaine des Ressources Humaines, de nombreuses entreprises sont en train de reprendre leurs collaborateurs. Une tendance qui va se poursuivre d’autant plus que les principaux postes de l’économie, à savoir l’automobile, l’agroalimentaire, les IDE, les transferts des MRE et les échanges extérieurs retrouvent progressivement des couleurs, à l’exception, cependant, du tourisme qui peine à redécoller malgré la «volonté politique» affichée par le gouvernement et les efforts des professionnels en termes d’offres promotionnelles et de marketing.

Une lacune que le Maroc, champion de la vaccination en Afrique, gagnerait à corriger en levant les restrictions qui empêchent les déplacements et l’organisation d’évènements, lesquels sont pourtant des pourvoyeurs d’emplois non négligeables, prônent les professionnels de ces secteurs.

Si, jusqu’ici, le gouvernement se veut prudent, en se contentant d’une reprise lente mais sûre, tout en maintenant certains gestes barrières, c’est qu’ailleurs, en Europe notamment, plane la menace d’une quatrième vague qui pourrait anéantir tous les sacrifices consentis par les dirigeants du vieux continent. Aujourd’hui, même si tout semble indiquer que les Marocains peuvent enfin reprendre une vie quasi normale, la prudence reste de mise face au nouveau coronavirus et ses nombreuses variantes. Tel semble être le mot d’ordre qui prévaut.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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