Maroc

Hausse des prix: après l’huile, les oeufs !

Le prix de l’œuf atteint 1,40 DH l’unité contre 70 à 85 centimes à la ferme. Les consommateurs craignent que les prix ne grimpent encore plus à près d’un mois du ramadan.

Nombreux sont les consommateurs à l’avoir certainement constaté: ces derniers jours, le prix de l’œuf de consommation n’a cessé d’augmenter, malgré son abondance sur le marché. Pourtant au niveau de la ferme, les prix sont stables, voire à la baisse, comme nous l’assure Chaouki Jerrari, directeur de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). «D’après les informations qui nous viennent des éleveurs, le prix de l’œuf à la ferme a baissé cette semaine. Durant la semaine précédente, les prix avoisinaient les 90 centimes, mais aujourd’hui ils varient entre 85 et 86 centimes», indique-t-il. Dans les fermes, ces mêmes prix étaient de 85 centimes, la semaine dernière, et de 80 centimes actuellement. Précisons-le, les prix mentionnés concernent les œufs de gros calibre. Pour ce qui est du calibre moyen, détaille le directeur de la FISA, le prix est de 70 centimes en gros. Le petit calibre, lui, oscille entre 60 et 65 centimes. Alors que les consommateurs marocains déboursent jusqu’à 1,40 DH pour un œuf. Pourquoi une grosse différentiel de prix est-elle constaté chez les détaillants? Pour Chaouki Jerrari, l’approche ramadan peut en être la cause: «le marché anticipe probablement». Cette hausse peut aussi s’expliquer par la multiplication des intermédiaires dans le circuit de commercialisation.


L’effet Covid-19
Il faut dire que la filière de l’oeuf a bien pâti des effets de la crise sanitaire. «Les éleveurs ont subi des pertes considérables à cause de la pandémie, notamment liées à la fermeture des points de vente et des restaurants, l’interdiction des grands évènements tels que les mariages, les fêtes…», détaille Jerrari. Sous l’effet de la conjoncture, la demande a drastiquement chuté, alors que l’offre est restée au même niveau. «À cause de ce déséquilibre, l’œuf se vendait à 40 centimes, occasionnant des pertes chez les éleveurs», affirme notre source. Pour ce qui est des défis et problématiques auxquels fait face l’activité, le directeur de la FISA est catégorique : le marché réalise ses meilleures performances grâce à la qualité des investissements et le Maroc n’a, aujourd’hui, rien à envier aux pays développés. Même si, reconnaît-il, les éleveurs dans les pays développés sont mieux équipés sur le plan de la protection, de l’hygiène et de la biosécurité.

Un secteur en crise depuis 2019
Faut-il le rappeler, en juillet dernier déjà, l’Association nationale des producteurs d’œuf tirait la sonnette d’alarme, indiquant que le secteur a perdu près de 3,5 MDH par jour. Ces pertes s’expliquent par une abondance de l’offre et une baisse de la demande qui ont engendré une chute des prix et par conséquent de lourdes pertes. En outre, l’Association rappelait que l’élevage des poules pondeuses et la production d’œufs sont en crise depuis le début de l’année 2019 à cause de la surproduction et la chute des prix. L’arrivée de la pandémie n’a donc fait qu’accentuer la pression avec la suspension de plusieurs activités et la fermeture des restaurants, des hôtels et des souks ruraux. 

Le marché de l’œuf en chiffres

Selon les derniers chiffres du label ‘’L’œuf marocain’’, le marché marocain d’œufs de consommation est en constante évolution depuis 1981. Il a, en effet, enregistré un taux de croissance de 6,2% durant les quatre dernières décennies. Cette évolution, souligne la même source, s’est traduite par une production totale de 6,6 milliards d’œufs de consommation en 2019. Ce chiffre a notamment permis de couvrir 100% des besoins des marocains en œufs et a été réalisé à 85% par le secteur moderne, le reste assuré par le secteur traditionnel. Selon la même source, le Maroc dispose de trois couvoirs de poussins de type ponte qui permettent de reproduire environ 16 millions de poussins de type ponte annuellement, 384 élevages de poules pondeuses autorisés, cinq centre de conditionnement d’œufs de consommation et trois unités de transformation des œufs. Et de relever que l’excédent, entre 3 et 5% de la production totale, est exporté vers l’Afrique.

Par ailleurs, le label indique également que le Maroc dispose, au total, de 500 fermes de production d’œufs comportant près de 252 fermes d’élevages de poules pondeuses. En outre, le Maroc demeure sous la barre de consommation mondiale moyenne des œufs malgré la progression « remarquable » de la consommation moyenne d’œufs par habitant et par an enregistrée durant la dernière décennie. Une consommation, souligne le label, qui a pris un véritable coup dur à cause de la pandémie de la covid-19. Enfin, il est important de souligner que le secteur avicole, représente au Maroc l’une des filières les plus performantes au niveau national avec un chiffre d’affaires annuel de 31 MMDH. Elle génère, à elle seule, 150.000 emplois directs et 450.000 indirects à travers les circuits de transport et de commercialisation.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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