Maroc

Élections : La presse espagnole décortique la performance du PJD

Les titres espagnols ont analysé la victoire du PJD en relevant le pouvoir de ce parti à arracher de nouveaux sièges malgré un mandat dominé par des mesures sociales impopulaires.


Malgré la délicatesse de la situation politique interne, la presse espagnole a suivi avec intérêt les résultats des élections du 7 octobre. Selon l’envoyé spécial du quotidien conservateur Abc, proche du gouvernement, l’Islamisme modéré a amplifié sa majorité au Maroc». Selon ce journal espagnol, le parti Justice et développement (PJD) n’est pas un phénomène éphémère, mais bel et bien une formation qui a élargi sa majorité à l’issue du scrutin législatif. Abc estime que l’obtention par le PJD de 127 sièges démontre que le parti se renforce comme une «force politique de référence, dans le très varié panorama politique marocain». Pour ce quotidien, le succès du parti mené par Abdelilah Benkirane ne réside pas dans sa «religiosité», mais dans les mesures  favorables aux couches sociales démunies, mises en place par son gouvernement, estime l’auteur. Celui-ci relève aussi que Benkirane a dû adopter des mesures impopulaires et douloureuses. Une situation qui n’est pas sans rappeler le cas du gouvernement du PP. La formation menée par Rajoy a recouru à des mesures d’austérité draconiennes, toutefois, elle est arrivée en tête malgré un mandat placé sous le signe des coupes budgétaires.

De son côté, El Pais s’est déplacé à Salé pour «mieux connaître les clés de la réussite du PJD». Dans un bureau de vote, le correspondant du journal madrilène a recueilli le témoignage d’une femme qui a confié que Benkirane a réconcilié les Marocains avec la politique. Pour sa part, le quotidien El Mundo estime que les résultats obtenus par le PAM sont «très satisfaisants». Dans une analyse de Bernabé Lopez, un fin connaisseur du Maroc et observateur aux élections du 7 octobre, «les gens identifient les islamistes comme une opposition au pouvoir occulte qui vient d’en haut et qui l’empêche de faire ce qu’il veut». Lopez a estimé que le pouvoir n’a pas eu raison de la popularité du PJD. Dans un article paru sur le site El Confidencial, le journaliste espagnol spécialiste du Maroc, Ignacio Cembrero, a signé un article au titre accrocheur.

Selon le journaliste, «le parti de dieu a gagné le parti du roi». Pour Cembrero, la victoire du PJD s’est produite dans le «Maroc utile» en référence aux grandes villes du pays. Selon cet observateur de la vie politique marocaine, «Mohammed VI choisira, sans aucun enthousiasme, le prochain premier ministre au sein du PJD comme l’oblige la Constitution, et ce sera probablement Benkirane», croit-il savoir. Les résultats des élections ne sont pas sans rappeler le blocage institutionnel que connaît le voisin ibérique depuis décembre dernier. Le PP est certes arrivé en tête, comme le PJD mais il ne peut gouverner sans alliances, tout comme le parti de Benkirane. De plus, certains titres de presse ont relevé un fait nouveau dans la vie politique nationale : La montée en puissance du PAM et du PJD pointent vers la mise en place du bipartisme au Maroc, s’accorde à dire la presse ibérique.

Rajoy félicite Benkirane
Dans cette foulée, le chef du parti espagnol par intérim n’a pas manqué de féliciter son homologue marocain. «C’est un succès électoral qui ne fait aucun doute, et qui s’est traduit par une augmentation manifeste du nombre des sièges dans la chambre basse», a souligné le président du PP. Dans un communiqué publié dimanche par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération espagnole, le gouvernement ibérique a félicité «le peuple ami du Maroc et ses autorités pour le bon développement des élections législatives». Le communiqué ajoute que le scrutin était une claire preuve de l’engagement des électeurs, des partis politiques et des institutions vers la gouvernance démocratique dans le cadre de la réforme impulsée en 2011 par le roi Mohammed VI. De plus, le gouvernement espagnol a mis l’accent sur l’excellent niveau de coopération ayant marqué la dernière législature marocaine et ceci à tous les niveaux. 

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