Maroc

Développement durable : le département de l’Urbanisme et l’habitat s’aligne

Nezha Bouchareb vient de signer une convention-cadre de partenariat avec son homologue Aziz Rabbah. Plusieurs actions sont prévues pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) des villes qui émettent 70% des GES du royaume.

Du nouveau sur la mise en œuvre de la Contribution déterminée nationale (CDN) du Maroc et du programme 2030 sur les Objectifs de développement durable (ODD) ! La ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Nezha Bouchareb, et le ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, Aziz Rabbah, ont signé, jeudi dernier, une convention-cadre de partenariat pour la promotion du développement durable dans les domaines de l’urbanisme et de l’habitat. La convention vise notamment à renforcer la mise en œuvre des objectifs de développement durable au niveau des stratégies et des politiques publiques, et à mettre en place de nouvelles initiatives nécessitant des outils de financement permettant aux territoires d’être davantage résilients face aux crises.


Mise en œuvre de la CDN du Maroc
En marge de la signature, Nezha Bouchareb a souligné que le Maroc est fortement engagé dans la mise en œuvre des ODD, qui favorise l’équilibre entre les dimensions environnementale, économique et sociale dans une logique d’amélioration du cadre de vie des citoyens, de lutte contre les disparités, de gestion durable des ressources et de promotion des activités économiques respectueuses de l’environnement. Elle a également relevé que l’adoption de l’agenda 2030 des ODD a permis de mettre en place un plan d’action ambitieux, afin de mieux répondre aux défis mondiaux auxquels est confronté le pays. Le Maroc mobilise, en effet, toutes ses forces vives pour concevoir un nouveau modèle de développement à même de lui permettre d’accéder à un nouveau palier de développement soutenu, durable et inclusif profitant à tous. Dans ce cadre, certaines avancées non négligeables sont déjà réalisées par rapport aux cibles de l’ODD11. La ministre a cité notamment l’amélioration des conditions de vie de milliers de familles marocaines, dont plus de 1,5 million ont vu leurs conditions d’habitat s’améliorer dans le cadre du programme «Villes sans bidonvilles. Et ce, sans oublier la réduction du déficit en logements qui est passé de 1 million en 2007 à 385.000 unités en 2020 et l’accroissement du taux d’accès à la propriété qui est actuellement de 65%. Cela étant, le Maroc connaît une forte cadence d’urbanisation, avec un taux qui est passé de 55% en 2004 à 60,3% en 2014, et qui va atteindre 73,6% en 2050. Toutefois, bien que les villes demeurent des pôles de création d’emplois et de richesses, elles constituent la principale source des émissions de gaz à effet de serre (70% du total des GES), des pressions et impacts sur l’environnement. C’est pourquoi, il faut accélérer la cadence dans l’urbanisme et l’habitat, mais également dans le transport et l’industrie pour participer à la diminution de 42% des émissions de GES au Maroc, conformément à l’engagement international du royaume à l’horizon 2030.

Démarrage avec des études d’impact énergétique des villes
Pour commencer, la convention-cadre va d’abord porter sur la réalisation d’études d’impact énergétique des villes nouvelles. Ensuite, des prescriptions techniques énergétiques à respecter au niveau des programmes d’habitat conventionnés entre l’État et les promoteurs privés seront instituées. Il est également prévu de procéder à l’élaboration du plan d’atténuation et d’adaptation de l’habitat aux changements climatiques. Ceci sans oublier l’élaboration d’un guide d’intégration du genre dans les projets d’aménagement urbain, premier à l’échelle internationale, le renouvellement des outils d’analyse et des approches méthodologiques de planification des espaces, et l’intégration du principe de la durabilité dans les nouveaux documents d’urbanisme afin de permettre l’amélioration de l’accès aux espaces verts et aux équipements publics. Enfin, Nezha Bouchareb s’est fixé le défi de pousser les acteurs territoriaux à s’approprier les mécanismes d’intégration des ODD dans leurs plans d’action, à travers la sensibilisation, la communication, le renforcement de capacités et l’accompagnement des acteurs publics et privés. Intervenant à l’occasion de la signature, Aziz Rabbah a, de son côté, rappelé que la ville représente aujourd’hui 70% des défis liés aux changements climatiques et à l’environnement, en raison notamment du transport et de l’industrie qui impactent la diversité biologique et le climat. «Nous sommes en train de transformer les territoires en des villes vertes et durables, où nous pouvons mixer un cadre de vie agréable et une activité rentable», a-t-il lancé.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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