Maroc

Covid-19 : les traiteurs crient famine

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Après les producteurs, distributeurs et exploitants de salles de cinéma, considérés comme les grands oubliés des mesures d’assouplissement des restrictions anti-coronavirus, c’est au tour des traiteurs de monter au créneau pour se faire entendre.

«Nous voulons une date précise pour la reprise de nos activités », clame d’emblée Saad Jawhari. Dans un entretien téléphonique avec Les Inspirations ÉCO, le vice-secrétaire général de la Fédération marocaine des traiteurs (FMT) expose ainsi le sentiment général qui anime les opérateurs. Un sentiment d’injustice pour lequel certains opérateurs seraient sacrifiés sur l’autel de la Covid-19 au profit d’autres professionnels. Celui-ci reprend d’ailleurs, mot pour mot, le communiqué final du bureau exécutif de la FMT, lequel s’est réuni récemment pour statuer sur la mise en place d’un protocole sanitaire permettant la reprise de l’activité du secteur.


« Nous sommes durement impactés par les mesures anti-Covid », souligne Jawhari pour qui beaucoup d’entreprises du secteur sont aujourd’hui en difficulté du fait qu’elles n’ont plus de recettes. Mais, ce n’est pas tout.

Alors que les critères d’emprunt au niveau des banques se durcissent, les opérateurs du secteur de la restauration qui travaillent pour l’essentiel dans le secteur informel, ont de plus en plus du mal à accéder au crédit. «On nous fait de moins en moins confiance», renchérit avec amertume notre interlocuteur. Et au vu de tous ces problèmes, les traiteurs demandent au gouvernement de leur venir en aide en urgence. Plusieurs doléances sont sur la table de la FMT qui demande, par exemple, à la Direction des impôts d’être plus indulgente à l’égard des traiteurs. «

Nous devons être considérées comme des entreprises qui viennent de démarrer leurs activités », explique Jawhari faisant allusion à la demande de la fédération relative à l’exonération et la remise fiscales concernant notamment la taxe professionnelle et les services communaux.

Dans la même foulée, la FMT, qui salue le prolongement par le Comité de veille économique, du soutien au personnel ayant perdu son emploi à cause de la pandémie, appelle le gouvernement à accélérer l’application de ces mesures pour les mois de janvier, février, mars et avril 2021. Ceci devrait, en principe, permettre aux traiteurs de reprendre du poil de la bête. Or, pour le moment, «aucune des propositions transmises aux différents ministères concernés n’a été validée», ajoutent les traiteurs qui demeurent cependant optimistes.

«Nous sommes en face d’interlocuteurs qui nous écoutent et c’est déjà quelque chose, même si ce que nous voulons vraiment c’est que nos doléances soient prises en compte », poursuivent les traiteurs qui se disent prêts à se plier à certaines règles allant dans le sens de trouver des solutions efficaces pour atténuer les effets de la pandémie et reprendre l’activité professionnelle dans les plus brefs délais.

«Nous sommes prêts à mettre en place des mesures strictes de distanciation sociale. Nous nous engageons également à limiter le nombre de personnes qui travailleront dans nos établissements afin de limiter la propagation du virus», promet le vice-secrétaire général de la Fédération marocaine des traiteurs. La sortie des professionnels des métiers de bouche intervient dans un contexte de « relâchement » après de longs mois de « privation » de liberté.

Pour rappel, le gouvernement a annoncé, jeudi 20 mai, l’assouplissement, des restrictions liées à la pandémie, dont le couvre-feu nocturne. Une décision qui fait suite à la baisse des cas de contamination. En effet, l’épidémie est en net recul dans le royaume où plus de 516.000 cas ont été officiellement enregistrés.

Concrètent, le couvre-feu nocturne, imposé depuis fin décembre et renforcé durant le mois de ramadan, est désormais de 23h00 et 4h30 contre de 20h00 à 6h00 auparavant. Les commerces, restaurants et cafés respirent à nouveau. Cependant, à l’image des propriétaires de salle de cinéma, les traiteurs n’ont pas bénéficié de cette aubaine. En réalité, les autorités se veulent toujours prudentes.

Ainsi, les fêtes, rassemblements, manifestations et funérailles demeurent interdites et les salles de cinéma restent fermées. Une prudence qui n’a pas manqué de faire grincer des dents les grands oubliés de cet allègement, lequel intervient alors que l’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis plus d’un an, a été prolongé il y a quelques jours jusqu’au 10 juin. « Nous sommes morts et ils vont nous enterrer… », ont réagi récemment les professionnels du cinéma qui ne cachent pas leur colère. En effet, les producteurs, distributeurs et exploitants de salles de cinéma qui crient à l’asphyxie ont le sentiment d’être les « agneaux du sacrifice » de la Covid-19.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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