Maroc

Covid-19 : ce que l’on sait sur le vaccin au Maroc

Le Maroc est à fond dans la course au vaccin contre la Covid-19. Le royaume ambitionne de se positionner en figure de proue sur le continent et promet la fabrication d’un vaccin «made in Morocco» exempt de tout risque infectieux. Indiscrétions.

Fabriquer des vaccins de bonne qualité au Maroc, voici un nouveau projet pour lequel le royaume nourrit actuellement de grandes ambitions. Le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, y croit fermement. Dans un entretien accordé à l’agence de presse russe Sputnik, Ait Taleb a en effet affirmé que des vaccins seraient produits depuis une plateforme de production vaccinale de haute technologie dans la ville technologique Mohammed VI de Tanger. Et tout semble indiquer que les choses vont aller très vite. Un produit est annoncé sur le marché local prochainement. Et il s’agirait d’un vaccin de bonne qualité.


«Le vaccin est passé par tous les processus et il a déjà été validé par la tutelle», explique aux Inspirations ÉCO Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II de Casablanca, expliquant qu’il y a trois phases pour produire un vaccin. Le vaccin est de type inactivé. Par conséquent, poursuit notre interlocuteur, il est exempt de tout risque infectieux dans la mesure où il est dépourvu de tout pouvoir infectant par procédé physico-chimique. En revanche, selon les experts, plusieurs injections, par voie intramusculaire ou sous-cutanée, sont souvent nécessaires pour obtenir une immunisation suffisante. Non seulement le Maroc veut son propre vaccin de bonne qualité, mais également et surtout, il se donne les moyens pour se le procurer dans les délais. «Ces projets vont prendre quelques mois pour voir le jour, mais il se peut qu’en fin d’année prochaine, nous commençons déjà la production de nos vaccins», a ajouté le ministre.

S’agissant de la campagne de vaccination anti-covid-19, Ait Taleb a affirmé que «nous faisons de notre mieux pour qu’elle débute à la mi-décembre».

Dans tous les cas, et c’est le plus important, «notre souhait est qu’elle soit très courte – ne dépassant pas les trois mois –, qu’elle touche 80% des plus de 18 ans – la population à risque en premier –, et qu’elle offre une vaccination large pour un retour à la normalité le plus tôt possible, soit l’année prochaine», a souligné le ministre. «Si l’on arrive à atteindre ce seuil (de 80%), même s’il y a des cas de contamination, le virus disparaîtra automatiquement de manière spontanée. Ainsi, on va pouvoir se libérer de cette crise qui impacte fortement l’économie et tous les autres secteurs qui sont en souffrance actuellement», a assuré le ministre. Il a par ailleurs indiqué que pour la première fois de son histoire, le Maroc participe à des essais vaccinaux multicentriques, affirmant que c’est surtout un transfert d’expertise et un acquis pour le pays.

Ait Taleb a en outre indiqué qu’au Maroc, «nous sommes dans une gestion proactive et anticipative et donc nous avons diversifié les sources d’approvisionnement».

Le vaccin aujourd’hui est une denrée rare et la capacité de production est limitée pour satisfaire les besoins du monde entier, a-t-il ajouté, notant qu’il ne faut pas non plus se cantonner seulement à un type de vaccin, parce que chaque sérum offre un type d’immunité particulière et le mélange des immunités permet d’atteindre une immunité de groupe assez rapidement. Pendant les négociations, a poursuivi le ministre, nous avons ciblé plusieurs firmes et avons, à la fin, opté pour le laboratoire chinois Sinopharm et le groupe britannico-suédois Astrazeneca. «Les essais cliniques de leurs vaccins sont très probants. Si tout va bien, on aura les premiers arrivages d’ici décembre. Pour les autres laboratoires, les négociations sont toujours en cours», a indiqué Ait Taleb. Pour le vaccin russe Spoutnik-V, il a indiqué qu’il compte discuter de cette question avec son homologue russe la semaine prochaine. Ainsi, le Maroc va non seulement se procurer des vaccins de qualité à temps, mais également assurer l’approvisionnement de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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