Maroc

Casablanca : thérapie de groupe pour une école de meilleure qualité

Le système éducatif se prévaut d’une certaine qualité mais, en réalité, l’école marocaine n’est pas exempte de reproches. Pour s’attaquer à la complexité de ses maux, la Direction régionale de Casablanca-Anfa a lancé, jeudi 9 juin, des consultations nationales.

Ces dernières années, le gouvernement s’est engagé à mener des réformes ambitieuses afin de permettre aux enfants de bénéficier d’une éducation de qualité. Seulement voila, le Maroc peine à maintenir le cap en direction du 4e Objectif de développement durable (ODD), à savoir assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, comme le constatait déjà, en 2020, la Banque Mondiale.


L’institution estimait que 66 % des enfants marocains âgés de 10 ans n’étaient pas capables de lire et comprendre un texte simple, soit un pourcentage inférieur de 2,5 points à la moyenne régionale du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et de 10,7 points par rapport à la moyenne des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Pour ne rien arranger, la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 est venue fragiliser les avancées du Maroc en matière d’éducation mettant ainsi en difficulté les chantiers de mise en œuvre des réformes engagées dans le cadre de la Vision stratégique pour l’éducation 2015-2030.

Pour s’attaquer à la complexité de tous ces goulots, la Direction régionale de Casablanca-Anfa a lancé, jeudi 9 juin, des consultations nationales.

Susciter et faire émerger diverses idées

Les activités de ces consultations territoriales, de par leur organisation et la composition des participants, ont été des espaces d’échange constructifs et intégrés au niveau local, autour d’une école de qualité pour tous, permettant la mise en lumière de propositions concrètes pour la réalisation de ce projet communautaire.

Afin de susciter et faire émerger diverses idées qui accompagneraient et soutiendraient des écoles de qualité, la Direction régionale de Casablanca-Anfa, en collaboration avec le Conseil provincial de Sidi Belyout, a impliqué tous les acteurs et parties prenantes de “manière coordonnée” aux échanges qui ont eu lieu, hier, à Casablanca. «L’école marocaine est, sans aucun doute, une école de qualité.

La preuve en est que la plupart de nos cadres et responsables, qu’ils soient dans le domaine du public ou du privé, en sont issus.», souligne kenza Chraibi jeudi, en marge du lancement des concertations. Ceci, ajoute la présidente de l’arrondissement de Sidi Belyout-Casablanca, n’empêche que «nous avons l’obligation de continuer à travailler dans le sens de l’amélioration de cette école et d’œuvrer en permanence à une meilleure qualité de l’enseignement».

S’agissant de l’apport concret attendu des différentes institutions pour améliorer la qualité de l’école marocaine, Chraibi est convaincue que tous les acteurs concernés par ce sujet peuvent apporter une plus-value à l’amélioration de la qualité de l’enseignement au Maroc.

C’est l’affaire de tous
«Donc, chacun à son niveau et selon sa compétence, a la responsabilité d’édifier ce projet et de suivre la voie, telle que voulue par sa Majesté, ainsi que le Nouveau modèle de développement de 2021». En attendant les conclusions des concertations, le Maroc devra, selon la Banque mondiale, préserver les dépenses d’éducation pour limiter la transmission de la pauvreté d’une génération à l’autre, notamment dans ce contexte de contraction budgétaire.

Pour ce faire, explique-t-elle, le pays pourrait continuer à mettre l’accent sur les objectifs de sa Vision 2015-2030 et tirer les leçons de la crise du coronavirus pour accélérer les réformes. Dans le détail, il est question, notamment, de lutter contre les risques de décrochage, en menant des campagnes de sensibilisation et en étudiant la possibilité de mettre en place des incitations, notamment d’ordre financier.

L’institution recommande, par ailleurs, le renforcement des capacités des enseignants, un aspect essentiel, à l’heure où ces derniers ne doivent pas seulement faire évoluer leurs pratiques pédagogiques pour sortir de la mémorisation mais aussi perfectionner leurs compétences numériques et s’adapter aux méthodes d’enseignement à distance. Il y a lieu aussi d’encourager le développement de partenariats public-privé (PPP) plus solides afin d’améliorer l’accès à une éducation de qualité pour tous.

À cela s’ajoute la nécessité d’adopter de nouvelles approches pour accélérer les réformes et de s’inscrire dans des alliances internationales stratégiques pour exploiter les possibilités de coopération en matière d’innovation et d’échange de bonnes pratiques.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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