Les Cahiers des ÉCO

Tom Odell, rencontre avec le fils spirituel de David Bowie

Tom Odell vient de donner un concert mémorable à Casablanca  mercredi dernier lors de la 13e édition du Jazzablanca. Une voix qui vous prend aux tripes, une musique nuancée et intelligente et des paroles touchantes, le pianiste auteur, compositeur et interprète anglais en a séduit plus d’un. Rencontre avec un écorché vif de la Indie Pop.


Sous ses airs de jeune premier timide et rangé, avec ses chansons d’amour mielleuse, Tom Odell sait révéler la bête de scène qu’il a en lui. Sur scène, il n’est plus le même. «Je me sens bien généralement avant un concert. Je suis effrayé quand je connais les gens dans le public ! J’adore être sur scène», confie-t-il à quelques heures de son concert à Casablanca où il est visiblement ravi d’être là. Il avouera sur scène qu’il s’agit de sa première fois au Maroc et que la ville blanche aura été pour lui une très belle découverte. Chanteur pop à l’âme rockeuse, pianiste passionné et plume romantique, il sort son premier album «Long way down» à l’âge de 21 ans.

À tout juste 18 ans, il est repéré par la chanteuse Lily Allen qui a vu en lui une star dès les premières secondes. «Ça n’a jamais été quelque chose de conscient, je l’ai juste fait comme quelqu’un aurait opté pour le football ou le tennis. J’ai vraiment commencé à faire de la musique à l’âge de 10 ans. J’ai adoré ! Et c’était la seule chose que je savais faire», précise le virtuose qui maîtrise le piano et le chant. Ses performances vocales sont assez incroyables, son jeu tantôt doux tantôt énervé participe à son jeu de scène où il rappelle souvent un certain Bowie dans ce côté viscéral. Ce mercredi soir au Jazzablanca, nul besoin de connaître sa discographie par cœur pour être envoûté dès les premières notes. La formation est efficace : une batterie, une guitare électrique, une basse au service d’un piano et d’une voix. Il est le chef d’orchestre, il crée des moments d’intimité avec l’audience qui n’a plus de yeux et d’oreilles que pour lui. Tom Odell fait voyager ses deux albums, il nous sert une belle version de «Concrète» tout en douceur avant de balancer «I know» ou «Grow hold with me», il surprend avec des morceaux pêchus et habités comme «Magnetised» et «Can’t pretend» entre deux numéros d’acrobatie du haut de son piano. Il se permet des pianos-voix hypnotisants comme cette entrée sur «Heal» qui a laissé la salle dans le silence complet pour profiter du concentré d’émotions que dégage ce musicien de 27 ans. Mais quand il joue la tant attendue «Another Love», la salle en délire se lève et chante avec lui. Des chansons marquantes, touchantes qui ne peuvent que donner la chair de poule. «Écrire une chanson, c’est à chaque fois différent. Des fois la musique vient en premier, des fois les mots viennent en premier mais je dis souvent que c’est mieux quand la musique et les paroles viennent en même temps», souligne Odell. Son deuxième album «Wrong Crowd» sorti en 2016 est plus mature. On le sent grandi. «Le fait d’avoir tourné dans plusieurs pays et après l’expérience studio de mon premier album, j’ai changé et forcément cela s’est ressenti dans mon deuxième album. J’ai beaucoup appris, beaucoup grandi. C’était la première fois que je me sentais à l’aise en studio. Avant j’avais peur», confie l’auteur, composteur et interprète british qui confiera à la salle de la scène Anfa que le public marocain est le meilleur. Véritable tourbillon de talent, le vitaminé Tom Odell met la salle dans sa poche, une salle qui ne souhaite pas le voir partir. «Mes meilleurs concerts sont les concerts où je sens que je voyage avec mes musiciens pendant le show. Je me sens complètement différent une fois sur scène, des fois c’est une bonne chose, des fois ça ne l’ai pas !», note le chanteur. Ce mercredi soir au Jazzablanca, le voyage fut bon.

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