Les Cahiers des ÉCO

Intelligence économique : L’Afrique y prend goût

La rencontre organisée ce week-end à Dakhla est un pas de plus dans la vulgarisation de la pratique de l’intelligence économique par les pays africains.

Dakhla a été la capitale africaine le temps d’un week-end. Les 4 et 5 mai courant, la perle du sud marocain a accueilli une rencontre africaine autour du thème : «L’intelligence économique en Afrique, expériences nationales et partenariats africains». Cet événement est un pas de plus vers la vulgarisation de la pratique des activités liées à l’intelligence économique sur le continent. Il faut même dire que celles-ci s’y pratiquent mais moins par les Africains eux-mêmes. C’est ainsi que l’une des principales recommandations de cette rencontre porte sur la nécessité de «promouvoir des partenariats innovants en matière d’intelligence économique». Pour ce faire, les pays africains sont appelés à coopérer davantage dans ce domaine ô combien sensible et stratégique ! À ce jour, un manque de coopération inter-africaine fait défaut, en plus de l’absence d’un modèle unifiant les pays africains autour d’une vision commune.

Unir les efforts
Dans leurs recommandations, les participants issus d’une vingtaine de pays ont insisté sur le fait que «l’adoption des pratiques de l’intelligence économique est devenue pour l’Afrique une condition incontournable pour accompagner son projet ambitieux de construction d’un continent uni et fort». Ce choix impose une politique de veille stratégique collective portée par la promotion des bonnes pratiques pour assurer la sécurité économique globale, ajoutent les participants. De même, ils ont rappelé que ce forum organisé à Dakhla est de nature à promouvoir les pratiques de l’intelligence économique en Afrique. C’est en effet une véritable opportunité que de diffuser la connaissance scientifique relative à l’intelligence économique et à la veille stratégique en Afrique auprès des entreprises, des administrations, des universités et des centres de recherches, laquelle permet en outre de développer les échanges et partager les savoirs et les savoir-faire entre les associations membres du forum. Organisé par l’Association d’études et de recherches pour le développement en partenariat avec l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et le Groupe OCP, la rencontre africaine de Dakhla est présentée comme une opportunité pour créer des synergies à l’échelle africaine. Elle constitue le point de départ pour une nouvelle économie de l’Afrique favorisant la création d’une élite africaine capable de jeter les bases d’un développement durable et inclusif de leur continent.


Mohamed Hajoui
Secrétaire général du gouvernement

L’intelligence économique revêt aujourd’hui une nécessité absolue devenue stratégique. Le continent africain est plus que jamais appelé à adopter une politique volontariste commune en matière d’intelligence économique étant donné que l’Afrique fait face à de multiples défis liés à la compétitivité économique et à la complexité des marchés».

Othman El Ferdaous
Secrétaire d’État chargé de l’investissement

La stratégie économique du Maroc consiste à construire un corridor économique du nord jusqu’au sud en vue de connecter l’Europe occidentale avec le Golfe de Guinée à travers le Maroc et un gazoduc reliant le Maroc et le Nigeria».

Driss Guerraoui
Président de l’Université ouverte de Dakhla

L’intelligence économique est devenue pour l’Afrique une condition incontournable pour accompagner son projet ambitieux portant sur la construction d’une nouvelle Afrique unie et forte. Le continent africain doit disposer d’un système de veille stratégique collectif porté par la promotion de bonnes pratiques en la matière afin d’assurer sa sécurité économique globale».


Création d’un Forum des associations africaines d’intelligence économique

Une convention de partenariat instituant la création du Forum des associations africaines d’intelligence économique (FAAIE) a été signée à Dakhla en marge de la rencontre sur l’intelligence économique. Elle vise à développer des partenariats entre les pays du continent en matière d’intelligence économique et de veille stratégique. En vertu de cet accord, les parties signataires envisagent de favoriser le transfert de bonnes pratiques entre les pays africains dans le domaine de l’intelligence économique et de la veille stratégique. Cette convention a été signée par le Think tank Vigilances, intelligence et prospective (Côte d’Ivoire), le Centre africain de veille stratégique (République du Congo), l’Association marocaine d’intelligence économique, le Réseau nigérien d’intelligence économique, l’association SOPEL International (Sénégal), l’Association tchadienne d’intelligence économique, l’Association tunisienne d’intelligence économique et l’Association d’études et de recherches pour le développement (Maroc).

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