Les Cahiers des ÉCO

Exclusif. 48 heures dans la vie de Wyclef Jean

Il est de ces rencontres aussi imprévisibles que marquantes, aussi passagères que sincères. C’est le récit d’une rencontre avec un artiste d’une générosité rare, invité à la 15e édition du Festival Mawazine et rythmes du monde. C’est aussi une rencontre avec une belle âme, celle de Wyclef Jean, qui a profité d’une date de tournée au Maroc pour rencontrer le Maroc, le vrai. Coulisses...

 l est connu mondialement, a créé The Fugees, un des groupes les plus marquants des années 90, et a à son actif des tubes planétaires. Et pourtant, la notoriété n’a rien changé à sa générosité, à son sens de l’écoute et du partage. Zen et toujours souriant, il déborde d’amour et de respect pour l’Autre. «Je viens à la rencontre du Maroc, des Marocains! Je me sens chez moi ici», confie-t-il. Et c’est vrai. Avant d’arriver au Maroc, j’ai eu la chance de m’entretenir au téléphone avec lui, comme chaque année avec les artistes présents au festival. Mais les années précédentes, avec ceux-ci, tout s’arrêtait à la dernière question de l’interview, au moment où l’on raccroche. Cette année, avec Wyclef Jean, c’était différent. Généreux dans ses réponses, le personnage avait l’air accessible et sincère. En arrivant au Maroc, il a souhaité rencontrer la journaliste qu’il a eue au téléphone quelques jours avant. Un sentiment de confiance mutuelle s’installe tout de suite et il me confie qu’il souhaite filmer une partie de son nouveau clip au Maroc. Il veut également partager la scène avec un jeune groupe marocain. L’aventure commence…


Une arrivée triomphante
Il est 10h, ce vendredi matin, quand Wyclef Jean m’annonce qu’il est arrivé à Rabat. Soucieuse de son confort, je lui propose un rendez-vous l’après-midi quand il se sera reposé, mais le phénomène Wyclef ne se laisse pas impressionner par le décalage horaire ou par les nombreux déplacements. Il souhaite commencer son projet dès maintenant, à la seconde même où il est arrivé. Une condition: il faut que tout soit marocain : l’équipe, les jeunes, l’ambiance du clip et lui-même! «J’aimerais montrer la beauté du Maroc, de Rabat au monde», avoue le musicien multi-instrumentaliste! En effet, après avoir sillonné le monde, il souhaite illustrer son nouveau titre, «Wonderful», d’un «clip patchwork» de toutes ses belles rencontres, des États-Unis à Haïti, en passant par l’Inde, le Costa Rica et bien sûr le Maroc. C’est alors qu’il rencontre son équipe de tournage, la briefe et décide de tourner les scènes juste après sa conférence de presse, le jour même à 16h. Pas de tout repos, le Wyclef! Devant tout cet enthousiasme, l’équipe ne peut qu’acquiescer! Sitôt dit, sitôt fait: il est 18h quand la conférence de presse s’achève. Direction les Oudayas pour capter la magie de la capitale avant que le soleil se couche. Il ne nous reste que quelques heures, et le Maestro rentre chez lui lundi matin après son concert du dimanche soir. Le temps est compté…

Wyclef le Marocain au cœur de la médina
À son aise, dès les premières secondes, Wyclef Jean est impressionné par la beauté et la magie de la médina et des Oudayas de Rabat. «L’air ici est unique», s’enthousiasme-t-il. Il descend les grands escaliers des Oudayas, déambule dans les rues de la médina, s’arrête chez les marchands, fait une pause henné, joue au football avec les enfants avant de s’attarder dans un magasin de vêtements où il s’habille en gandoura-babouches et tarbouche. Un peu cliché, certes, mais on ne peut pas rester de marbre devant cet élan de sincérité. Tout ceci fait partie du clip vidéo qu’il voit plus comme une caméra qui le suit lors d’une expérience de vie. Dans les rues des Oudayas, il sort sa guitare, partage un moment de musique avec la jeunesse marocaine sur un titre fédérateur, «No woman no cry», et tourne de jolies scènes qui montrent Rabat dans toute sa splendeur. Il filme des enfants qui dansent avec lui, escalade même un rocher et se permet toutes les folies avec une équipe de tournage qui lui ressemble, dirigée par Ghouti Lakhdar et Marouane Bahrar, de GM Productions, avec à la photographie Hakim Joundy et Mehdi Triqui, pour ne rater aucun moment important. Il est 21h, la nuit est tombée et Wyclef Jean rentre enfin se reposer après une journée marathon dont il se souviendra longtemps.

Comme un dimanche de concert
Après un samedi à rallonge, rien ne fait peur au musicien qui est debout très tôt. «Je suis fils de militaire. Le réveil chez moi, c’est quand le soleil se lève». En effet, sitôt réveillé, les affaires reprennent. À notre arrivée, il avait déjà appris à jouer du luth, qu’on lui avait mis entre les mains le matin même. 14h, avec son luth entre les bras, il échange avec Slatucada de l’Association OverBoys, de jeunes percussionnistes marocains avec qui il souhaite partager la scène le soir même pour son concert à l’OLM. Après une heure de répétitions, le show est déjà calé et les musiciens se donnent rendez-vous aux balances à 17h. Tout est prêt pour le concert, ou presque. Parce que le musicien ne fait rien à moitié, il souhaite faire une entrée «marocaine». Et avec l’aide de la styliste de talent Yasmine Rmiki, le musicien, qui souhaitait ressembler à un «warrior marocain», ressemble à un véritable prince du Sud. Après quelques heures de concentration et des photos prises avec les fans dans le hall, Wyclef Jean est prêt à monter sur scène, déterminé à transmettre au public marocain toute la belle énergie qu’il a accumulée les deux derniers jours. Le concert est généreux et énergique, à son image. Il commence en 1994 avec The Fugees et finit en 2016 avec «Wonderful», dont la sortie est prévue prochainement. Un concert qui se termine lorsque le son est coupé. 48h exceptionnelles avec un artiste d’exception, un vrai. Lundi matin, à 11h, il quitte son hôtel mais souhaite nous voir tous avant de partir.
En sortant, il salue tout le personnel de l’hôtel, la réception et promet de revenir. Le Maroc l’a marqué autant qu’il a marqué le Maroc. Une chose est sûre: à l’image de sa chanson, Mister Wyclef Jean est «wonderful»…  

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