Politique

Télécommunications : El Otmani dresse un tableau honorable

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Le Maroc «navigue à très haut débit» en matière de généralisation des technologies des médias, de communication et de numérique. C’est du moins le satisfecit que veut s’attribuer le gouvernement.

Le chef de gouvernement, Saâd Dine El Otmani, s’est félicité lundi des avancées dans le chantier de la généralisation des technologies des médias, de communication et de numérique au Maroc. El Otmani, qui s’exprimait à l’occasion de la 12e réunion du Comité de gestion du service universel des télécommunications (CGSUT), consacrée à l’examen de l’état d’avancement des projets et programmes approuvés par le comité, a salué le bilan de l’ensemble des projets structurants visant à réduire la fracture numérique et à développer les usages au Maroc. Il a cité, à titre d’exemple, le programme d’accès généralisé des télécommunications (PACTE) qui couvre 99,6% de la population en termes de réseaux de communication mobile des opérateurs nationaux, ainsi que l’ambitieux projet de couverture de 10.740 zones rurales d’ici 2022 en technologies  4G, dont le taux d’avancement se situe à 40%.


Des avancées majeures
Dans le même registre, le chef de gouvernement a évoqué le programme de généralisation des technologies d’information et de communication dans l’enseignement (GENIE), ainsi que le programme INJAZ qui a permis de doter près de 138.000 élèves et étudiants d’ordinateurs et d’abonnements Internet 3G. S’y ajoute le programme NAFIDA qui a permis à près de 150.000 enseignants de disposer d’un abonnement Internet. Sauf que pour de nombreux experts, le tableau est moins reluisant que ce que veut bien laisser penser le gouvernement. «Le Maroc est certes dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire», estime Chakib Achour, directeur marketing stratégique Huawei Maroc. Il faut accélérer le plan de développement national du très haut débit au Maroc, ajoute l’ambassadeur du géant chinois dans le royaume chérifien, soulignant que c’est une «obligation» au vu de l’utilité de la connectivité et de la digitalisation, lesquelles deviendront un enjeu majeur dans les échanges post-Covid-19. «Le haut débit est une composante fondamentale pour l’État, aussi bien pour faire face à la fracture numérique que dans les offres de service aux citoyens, notamment dans les zones enclavées du pays», soutient Achour qui a rejoint Huawei en 2015. Il faut noter qu’outre l’accroissement de la généralisation et l’élargissement de la couverture et l’accès des habitants aux réseaux sociaux, à travers le haut et très haut débit, le Maroc ambitionne de mettre en place un portail national de l’administration qui contribuera grandement à la simplification des procédures administratives, au rapprochement des services aux citoyens et à leur accélération, en plus de la facilitation du travail des entreprises et des investisseurs. Il est également prévu de mettre en place un mécanisme d’appui à l’enseignement supérieur pour faire face aux défis imposés par l’enseignement à distance, en raison du coronavirus et de ses répercussions, à travers notamment le portail de l’étudiant qui offre des services éducatifs et d’autres concernant la vie estudiantine.

D’autres réformes sont nécessaires
Mais d’autres défis demeurent. Si l’année 2019 a été marquée par l’amélioration du cadre législatif du secteur des télécommunications avec la promulgation d’un nouveau texte régissant le secteur, notamment la loi n°121-12 modifiant et complétant la loi n°24-96 relative à la poste et aux télécommunications, clarifiant les missions de l’ANRT et renforçant les pouvoirs du régulateur national, de nombreuses réformes sont nécessaires en vue d’une connectivité plus inclusive et démocratique au Maroc, dira-t-on. «Il faut mettre en place des lois pour faciliter le travail de génie civil. Pourquoi ne pas responsabiliser les régions ? Il y a, en somme, tout un travail à faire du point de vue politique, mais aussi du régulateur et des acteurs télécoms», recommande le spécialiste qui plaide pour le renforcement du partenariat public-privé en associant tout le monde à ce grand chantier du développement de la connectivité au Maroc, y compris les acteurs qui sont en dehors des télécoms. Les acteurs de l’eau et de l’électricité par exemple, insiste notre interlocuteur, sont convaincus de la pertinence de «ce business model qui a déjà montré son efficacité ailleurs». Et ce n’est pas tout. D’autres lacunes doivent être corrigées, à savoir la présence de l’État dans le capital de certains opérateurs. «Cela peut affecter la volonté politique de mettre en place des réformes visant à poursuivre davantage l’ouverture du secteur des télécommunications à la concurrence», regrette la Banque mondiale dans une étude consacrée au secteurs des télécoms au Maroc. L’institution du Bretton Woods pointe également du doigt le quasi-monopole de l’opérateur historique Maroc Telecom dans le marché du haut débit fixe (i.e. ADSL). «Cette structure de marché, qui n’a enregistré aucune évolution significative depuis plusieurs années, reflète non seulement le faible intérêt des opérateurs alternatifs qui ont peu investi dans l’infrastructure fixe, mais aussi le fait que les politiques de dégroupage de la boucle locale cuivre, introduites par l’ANRT depuis 2008, n’ont pas été mises en œuvre et n’ont pas généré de résultats permettant d’accroître le niveau de concurrence, à la différence des pays européens tels que la France notamment», constate la Banque mondiale.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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