Politique

Des défis de taille pour le gouvernement Akhannouch

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Les parlementaires des deux chambres ont passé au peigne fin les engagements du nouveau gouvernement. L’Exécutif est très attendu sur la mise en œuvre de ses engagements. La question du financement des différentes réformes se pose avec insistance. L’opposition n’y est pas allée avec le dos de la cuillère.

Top départ à l’action gouvernementale après le vote de confiance des députés de la majorité et du groupe parlementaire constitutionnel, démocratique et social (UC et MDS). L’Exécutif est désormais investi après un débat parlementaire animé sur la déclaration gouvernementale. Sur le plan politique, les parlementaires des trois partis politiques de la majorité affichent leur optimisme et annoncent leur soutien au gouvernement. Ils insistent aussi sur le renforcement du partenariat entre le pouvoir exécutif et l’institution législative, comme promis par Aziz Akhannouch. Celui-ci est très attendu pour écouter les remarques des parlementaires des trois composantes de la coalition gouvernementale pour accélérer l’implémentation des réformes. Le président du groupe du Parti de l’Istiqlal à la Chambre basse, Noureddine Mediane fait référence notamment à la réforme de la retraite qui accuse un retard abyssal, à la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée et d’instaurer la justice sociale et spatiale, à la révision de la charte de l’investissement…


L’opposition décoche ses flèches
Les défis sont de taille pour le gouvernement qui devra répondre aux nombreuses attentes des Marocains, selon le président du groupe du PAM à la Chambre des représentants, Ahmed Touizi, qui plaide pour l’accélération de la cadence à tous les niveaux. Même son de cloche auprès du Rassemblement national des indépendants dont les parlementaires ont mis le doigt sur plusieurs défis, dont celui ayant trait à la croissance. Le taux annoncé par le gouvernement est jugé réaliste et réalisable par le député du RNI, Yassine Oukacha, qui estime, néanmoins, qu’il s’avère nécessaire d’œuvrer pour augmenter ce taux de deux points. Rappelons à cet égard que le parti de la colombe a promis dans son programme électoral de réaliser un taux de croissance de 4,4 % en 2022, de 4 % en 2023 et 2024 et de 3,5 % en 2025 et 2026. Le Rassemblement national des indépendants estime qu’il ne fait pas «des promesses intenables, à l’inverse de certains de nos concurrents qui annonçaient des taux de croissance à l’emporte-pièce lors des scrutins précédents».

Quant au PAM, il s’est engagé sur un taux de 6 % en 2026 et l’Istiqlal sur un taux de 4 %. À cet égard, le chef de file des héritiers de Allal El Fassi , Nizar Baraka a déjà précisé que la situation dans laquelle se trouve le Maroc est difficile et qu’il n’est pas facile de faire tourner la roue rapidement à cause des répercussions de la pandémie de la Covid-19. Selon lui, «4 % comme croissance potentielle est un objectif ambitieux et qu’il est difficile de faire mieux». L’opposition décoche ses flèches contre l’Exécutif, indiquant que le taux annoncé par le gouvernement est insuffisant pour enclencher la dynamique économique et sociale escomptée. C’est ce que souligne, à titre d’exemple, le président du groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme, Rachid Hamouti. Le député progressiste doute que le pourcentage fixé permettra la création d’un million d’emplois en cinq ans, comme promis par le nouveau gouvernement.

Quid de l’implémentation ?
La question de la mise en œuvre du programme gouvernemental se pose avec insistance pour aussi bien la majorité que l’opposition. Noureddine Mediane espère que l’ensemble des engagements du gouvernement et des trois partis politiques de la majorité gouvernementale seront concrétisés en vue de renforcer la confiance des Marocains dans l’action politique. «Durant les 100 premiers jours, la réalisation d’un certain nombre de ruptures s’impose pour restituer la confiance et opérer le changement tant attendu», précise-t-il. Les députés de l’opposition abondent dans le même sens. Comme prévu, l’USFP et le PJD n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Ils n’ont pas en effet hésité à dégainer et à tirer sur la déclaration gouvernementale. Le Mouvement populaire a aussi inauguré son nouveau positionnement au sein de l’opposition par des remarques acerbes à l’égard du programme gouvernemental.

Le PPS, quant à lui, a critiqué la déclaration gouvernementale, mais a aussi salué quelques mesures proposées. Le souci commun des parlementaires de l’opposition est celui de l’implémentation des engagements gouvernementaux, à commencer par la question épineuse du financement. Comment le gouvernement compte-t-il financer les réformes annoncées ? Comment comptera-t-il procéder pour augmenter les budgets des secteurs de l’enseignement et de la santé? Nombre de députés mettent en garde contre le recours à l’endettement.

Marocains du monde : quid de la participation politique ?

Les Marocains résidant à l’étranger ont été au cœur des interventions des parlementaires aussi bien de la majorité que de l’opposition. Le gouvernement est appelé à accorder un intérêt particulier aux MRE dont le nombre est estimé à plus de six millions citoyens vivant dans les quatre coins du globe. Il s’agit non seulement d’améliorer leur quotidien dans les pays d’accueil et au Maroc, mais aussi de penser à leur participation politique conformément aux dispositions de l’article 17 de la Constitution qui leur garantit le droit d’être «électeurs et éligibles». Si le principe est acquis et fait l’objet de consensus, il n’en demeure pas moins que sa mise en œuvre nécessite une ferme volonté politique pour dépasser les obstacles techniques qui le bloquent.

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

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