Monde

Matières premières : le cuivre entraîné par les craintes de récession économique

Comme la plupart des métaux industriels, le cuivre a plongé depuis un mois. Le spectre d’une récession économique n’y est pas pour rien.

Le contexte économique morose pèse lourd sur le marché des métaux. Car la hausse des taux, telle qu’elle se précise en Europe et aux États-Unis, pèse sur la croissance et n’est donc pas favorable à la demande. Après l’audition du directeur de la Banque centrale américaine (FED) devant le Sénat mercredi dernier, le spectre d’une récession est devenu un peu plus probable dans les esprits.


Et les cours du cuivre, le métal réputé pour refléter l’état de l’économie mondiale, ont sans surprise poursuivi leur baisse, entamée début juin, pour redescendre à leur niveau d’il y a 16 mois. En trois mois, la tonne de cuivre a perdu 20%.

La baisse des cours n’impacte pas la production
Cette baisse est cependant contrebalancée par la fermeté du dollar. Pour les pays exportateurs de cuivre, l’impact est limité : leurs recettes sont en dollars et leurs dépenses en monnaie locale, le change leur est favorable. Les miniers sont plus directement touchés car l’essentiel de leurs coûts sont en dollars.

Leur profit à la tonne est donc en train de diminuer. Mais aux prix actuels du cuivre qui restent très hauts, «tout le monde gagne beaucoup d’argent», explique un expert de la filière.

Les stocks chinois, la grande inconnue
La demande en cuivre ne s’est pas effondrée mais la grande inconnue chinoise plane sur les marchés. Il est impossible en effet de savoir quel est le stock de cuivre réel du pays, ni quelle sera la demande à moyen terme. Après l’euphorie d’une forte reprise chinoise qui n’a pas eu lieu, les craintes d’un ralentissement mondial gagnent du terrain.

«On est actuellement sur des marchés «ultra-attentistes» qui essaient de comprendre l’équation économique mondiale», résume Yves Jegourel, professeur au conservatoire national des arts et métiers, titulaire de la chaire Économie des matières premières. Il est donc peu probable que les cours des métaux industriels repartent rapidement à la hausse.

Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ÉCO


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