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Droits de l’enfant : quel rôle pour les médias ?

L’Union internationale de la presse francophone s’intéresse, dans le cadre de son cycle «Comprendre pour mieux informer», au rôle des médias dans le traitement des questions liées aux droits de l’enfant. Ce thème était ainsi l’objet d’un atelier animé par le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig.

Dans le cadre de son cycle «Comprendre pour mieux informer», l’Union internationale de la presse francophone Maroc (UPF Maroc) a organisé, ce 22 avril, un atelier en ligne dont le thème central tournait autour des droits des enfants dans les médias. Ainsi, l’UPF a invité Jean-Pierre Rosenczveig, magistrat et ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny d’évoquer, entre autres, le rôle des médias dans le traitement des questions liées aux droits des enfants. Cet atelier a été organisé avec le soutien du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Maroc. Ont également pris part à cet atelier digital, Meriem Oudghiri, et Myriam Ezzakhajy, respectivement présidente et vice-présidente de de l’UPF Maroc, de même que des représentants du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et de l’ambassade de France.


L’enfant, un véritable sujet de préoccupation
Avant d’aborder le sujet, Jean-Pierre Rosenczveig a d’abord défini le concept de l’enfant, notant que le droit de l’enfant est «un réel sujet de préoccupation à travers le monde trop souvent négligé ou maltraité». Parmi les préjudices, il Rosenczveig cite la pauvreté, la précarité, les conflits armés, la traite ainsi que les violences sexuelles. Il souligne aussi que la crise sanitaire actuelle est venue soulever une autre question : celle de l’accès aux soins pour les enfants. Il ajoute, par ailleurs, que la délinquance juvénile, le trafic d’organes, entre autres, sont autant d’autres mots que subissent les enfants à travers le monde. Pour lui, la question de l’enfance nécessite une action sociale effective. «Il faut aller vers ces mineurs et les engager dans un parcours pour les extirper de la délinquance, de l’errance et de la toxicomanie», indique-t-il.

Quel rôle pour les médias
Jean-Pierre Rosenczveig appelle les médias à aborder cette problématique de façon indispensable, mais sous certaines conditions. Il estime que les médias ont le pouvoir de dénoncer les conditions des enfants, d’interpeller les institutions et les pouvoirs publics et de contribuer à la promotion des droits de l’enfant en tant que levier de développement de la société. Mais pour ce faire, souligne le magistrat, cela suppose quelques prérequis pour les journalistes. Ces derniers doivent en effet disposer d’une connaissance de la toile de fond à travers des investigations personnelles ainsi que les rapports nationaux et internationaux sur la question. Ils sont également tenus de veiller au respect des précautions inhérentes à l’éthique personnelle du journaliste et à la déontologie professionnelle afin de servir la cause sans aucun égard pour le sensationnalisme. Les journalistes doivent également œuvrer contre l’impact de la médiatisation, dans le cadre du respect de l’enfant, de son identité et de sa vie privée, en prenant garde de ne pas diffuser d’information relevant du secret d’instruction dans les affaires pénales. Rosenczveig définit ainsi l’action médiatique comme étant un compromis entre les droits des enfants et le droit à l’information sans exposer les enfants.

Par ailleurs, le magistrat estime que les médias devraient se donner la mission de «populariser le droit», autrement dit de l’expliquer aux enfants afin qu’ils en soient conscients, étant les premiers concernés, selon lui. D’ailleurs, il rappellera que l’une des dimensions originales de la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant) «est la considération de l’enfant comme une personne à part entière, un être moral doté de la liberté de conscience et d’expression». Jean-Pierre Rosenczveig a également renvoyé au rapport marocain au comité des droits de l’enfant. Le comité en question a, en effet, examiné en octobre 2014 les troisième et quatrième rapports périodiques du Maroc soumis en un seul document. On peut lire dans ce document, en guise d’introduction : «Le comité se réjouit du dialogue très franc et constructif qu’il a eu avec la délégation multisectorielle de haut niveau envoyée par l’État partie. Il considère comme positives les assurances données par la délégation de l’État partie quant à la volonté des autorités marocaines d’entreprendre les réformes nécessaires, de relever les défis concernant les droits de l’enfant et de renforcer la coopération avec les organes des droits de l’Homme». Le comité, après avoir examiné les rapports du Maroc a également émis un certain nombre de recommandations.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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