Culture

Mehdi Qotbi : “Nous continuerons à faire vivre l’art et la culture”

Mehdi Qotbi. Président de la Fondation nationale des musées

Entre déconfinement, projets de lois et rénovations, le président de la Fondation nationale des musées continue à œuvrer pour la culture, en dépit des temps difficiles. Tête-à-tête avec Mehdi Qotbi durant la semaine qui célèbre l’art contemporain marocain, avec une rétrospective de Fouad Bellamine.


Qu’en est-il du projet de loi concernant les musées, passé le 5 novembre dernier en Conseil de gouvernement ?
Nous sommes heureux que ce projet ait été approuvé en Conseil de gouvernement. Comme vous le savez, il y a une procédure qui doit être respectée. Il va passer, à présent, devant le Parlement pour être définitivement adopté après une publication au Bulletin officiel. Cette loi ouvrira des perspectives extrêmement larges dans divers domaines du patrimoine muséal en particulier, et du patrimoine culturel en général.

Concrètement, que permet ce texte ?
Ce texte qui, je l’espère, sera adopté prochainement, permettra à la Fondation nationale des musées (FNM) d’agir avec plus de liberté dans le développement et l’implantation de musées et, en même temps, de remplir ses missions de démocratiser l’accès à la culture et de doter le Maroc de musées dans chaque ville.

Les arts plastiques semblent être les seuls à se relever de la pandémie.
Nous sommes très optimistes. Nous avons profité de cette période de confinement pour nous préparer à l’ouverture de nos musées et, ainsi, donner de l’espoir en cette période compliquée pour toute l’humanité. Nous avons décidé de faire preuve d’imagination et de nous préparer dès qu’il nous a été permis d’accueillir le public dans le respect des règles sanitaires. Nous devons avancer, ne jamais baisser les bras devant ce virus et miser sur le partage, l’intelligence et l’échange. Nous sommes aujourd’hui heureux de vous dire que les musées commencent à enregistrer une fréquentation satisfaisante. Nous continuerons à faire vivre l’art et la culture.

Vous avez dû relever de nombreux défis durant cette période difficile…
C’était une expérience très enrichissante. Nous avons innové afin d’aller vers le public, nous avons misé sur le numérique en lançant des initiatives complètement digitales, à travers le Musée à la maison. Une plateforme virtuelle à travers laquelle nous avons mis à la portée de tout un chacun nos expositions, et ce, à n’importe quel moment et n’importe où à travers le monde. Le musée virtuel a aussi été vu en dehors du Maroc, une crédibilité de plus pour nos musées et nos actions. Je peux vous assurer que le développement en si peu de temps des musées marocains est, aujourd’hui, cité en exemple pour le professionnalisme et le sérieux du travail accompli. Un défi relevé grâce à l’engagement d’une équipe de qualité. Je profite de cet entretien pour remercier chaque membre de la Fondation nationale des musées car, malgré le confinement, ils ont toujours été présents au quotidien.

Dans un contexte compliqué, la fondation prône l’amour et la paix. Votre visite à Fès, jeudi dernier, traduit-elle une volonté politique ?
L’essence même de l’art est de prôner l’amour, d’aider à la construction de passerelles et de ponts pour abattre les murs de l’incompréhension et de participer à une meilleure connaissance de l’autre. À cet autre qui est différent de soi par la culture, la religion, l’ethnie. C’est par l’échange que nous nous enrichissons mutuellement. C’est dans cette optique que le roi Mohammed VI avait donné le coup d’envoi, le 15 avril 2019, des travaux de rénovation et de restauration du Palais Al Batha qui sera un grand musée de l’Art de l’islam – nous avons pu nous rendre compte des trésors que recèle ce musée lors de l’exposition «Le Maroc médiéval» au Louvre en 2014 -, ainsi que de la construction du Musée du judaïsme. Un message fort envoyé par le Maroc, terre de tolérance et du vivre ensemble, depuis la ville de Fès, capitale spirituelle du royaume. Le monde a besoin de messages de fraternité, particulièrement en ce moment.

Comment avez-vous pensé la programmation culturelle pendant et post-confinement ?
Comme souligné au début de notre entretien, grâce à la magie de la digitalisation et des nouvelles technologies, nous avons pu poursuivre notre mission et préparer les expositions qui sont présentées à travers nos musées. Nous avons décidé que toutes les expositions seraient consacrées à notre patrimoine ancien, moderne et contemporain.

Quels sont les projets, les nouveautés ?
La FNM poursuit son ancrage dans les villes du royaume afin de doter chaque ville d’un musée. Tanger accueillera un nouveau musée d’art. Dans la foulée, deux musées seront inaugurés après restauration : il s’agit du Musée de de la musique à Meknès et du Musée du patrimoine à Tétouan. Une exposition au Musée des confluences Dar El Bacha à Marrakech viendra enrichir la collection muséale actuelle. En avril 2021, nous lancerons l’exposition événement «Delacroix, souvenirs d’un voyage au Maroc». 

Jihane Bougrine / Les Inspirations Éco

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