Culture

Le pass culture : un Visa for the public

La fragilité du milieu culturel engendrée par la pandémie a démontré l’urgente nécessité de renforcer le filet de sécurité économique du secteur. Faut-il dorénavant débourser plus d’argent pour pouvoir assister à un concert ? L’organisation d’un festival requiert-elle plus de fonds ? Comment contribuer au bon fonctionnement des organismes culturels ? Brahim Mazned, le fondateur du festival Visa for music, s’exprime sur le sujet…

La 19e édition du festival Visa For Music, prévue du 16 au 19 novembre, se veut particulière, selon Brahim Mazned, le fondateur. «Cette édition est particulière suite à ces deux années difficiles. Nous avons réussi à nous affranchir des contraintes liées à la pandémie, en proposant des éditions 100% digitales et c’est avec un grand plaisir que nous revenons cette année avec l’objectif de fédérer l’unité culturelle et artistique du monde africain et du Moyen-Orient», nous explique-t-il d’emblée. Dans ce sens, l’acteur aux multiples casquettes encourage les échanges entre les artistes et les professionnels de la musique et rappelle que plus de 1.000 artistes et professionnels sont venus de 60 pays à travers le monde.
Cette édition propose un programme diversifié, comprenant des concerts animés par plusieurs artistes venus des quatre coins du monde, particulièrement d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et du Canada. Parmi les artistes marocains sélectionnés, on trouve Farid Ghannam & the Cosmic Carnival, Stranger Souma, Abir El Abed, Marmoucha Orchestra ft., Mehdi Nassouli, Anass Oublaid, Daox et Raste. D’autres artistes venus d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et du Canada sont invités à se produire.
Heureux de retrouver leur public, les artistes qui participent au festival se disent fiers d’être présents à cette édition, comme l’a témoigné aux Inspirations ÉCO, l’incontournable Dj Daox, qui déclare qu’il a hâte d’y être : «Je suis tout excité à l’idée d’y être, d’autant plus que c’est la première fois que je participe à Visa For Music». C’est également le cas de Raste, à la fois heureux et stressé – un stress sain, le bon trac – d’être face à un public, est prêt à enflammer la scène.
La culture a un coût !
Nul n’est sans savoir que la culture ne se réduit pas qu’au divertissement, car elle représente également un levier économique, social et éducatif. «Aujourd’hui, travailler dans l’espace public et composer dans les règles de l’art demande beaucoup de moyens, notamment pour des raisons techniques, sécuritaires mais aussi artistiques», fait savoir Mazned. Et d’ajouter que «l’engagement des pouvoirs publics, des entreprises citoyennes et de la société civile est toujours nécessaire, d’autant plus que la soif du public est visible».
Brahim Mazned évoque également la nécessité, si ce n’est l’urgence, de sortir de l’informel pour le bon développement des industries culturelles et créatives, notamment dans le secteur du spectacle vivant. C’est à se demander si cela implique une hausse des prix des billets. C’est visiblement le cas, à en croire notre interlocuteur.
«La culture a un coût ! Elle implique l’investissement de chacun. Il ne faut point considérer cela comme une dépense mais plutôt comme une contribution au rayonnement culturel, car c’est aussi ça les industries culturelles et créatives». Sa réflexion porte également sur le fait qu’«à l’avenir, si nous voulons avoir de la qualité, cela requiert un certain budget et il est primordial que chacun y contribue».
Fort heureusement, «nous avons également la chance d’avoir des événements gratuits ou peu coûteux, qui peuvent s’accorder aux moyens de chacun», rassure le fondateur de Visa for Music. Afin de favoriser le bon fonctionnement des organismes culturels, Brahim Mazned juge qu’«il est essentiel de se pencher sur la formation continue et de la renforcer, mais, surtout, que les entreprises et les pouvoirs publics fassent confiance aux entrepreneurs en leur donnant la possibilité de travailler. De plus, la professionnalisation de nos industries est primordiale pour parvenir à un travail de qualité».
Pour rappel, lors de la présentation du bilan de son département, Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, a affirmé que le plan d’action 2023 repose sur l’élaboration d’une stratégie culturelle nationale, l’achèvement des projets culturels figurant dans les accords signés devant le Roi Mohammed VI, la protection et la valorisation du patrimoine culturel national matériel et immatériel, ainsi que le développement et l’accompagnement des industries culturelles et créatives.
Il s’agit aussi du renforcement des infrastructures culturelles dans les différents coins du Royaume, de la digitalisation et la modernisation de l’action culturelle, ainsi que la promotion de la protection sociale des artistes, outre le développement de programmes de partenariat culturel et l’amélioration de l’offre culturelle destinée à l’étranger.
Le ministère s’attèlera à achever les projets royaux qui ont nécessité une enveloppe de 190 MDH, mettre en œuvre les chantiers et projets culturels nouveaux ou en cours, et continuer à soutenir les festivals et manifestations culturelles.
Par ailleurs, le ministère s’emploiera à renforcer la coopération culturelle bilatérale et multilatérale avec diverses organisations régionales et internationales, et à participer à des manifestations axées sur la diversité culturelle africaine et organisées en Afrique, ainsi qu’à mettre sur pied des événements pour célébrer le patrimoine culturel judéo-marocain. Le ministère de tutelle s’est également penché sur le renforcement des infrastructures culturelles, la modernisation de l’administration, la consolidation de la gouvernance et la digitalisation, ainsi que sur la promotion de la diplomatie culturelle.

 

Kenza Aziouzi / Les Inspirations ÉCO

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